Mrs Hemingway de Naomi Wood

Résumé de l’éditeur : Ernest Hemingway était un homme à femmes. Mais il ne se contentait pas d’enchaîner les histoires. Ses maîtresses, il en a fait des Mrs Hemingway. Ainsi la généreuse Hadley Richardson a-t-elle été remplacée par la très mondaine Pauline Pfeiffer, et l’intrépide Martha Gellhorn par la dévouée Mary Welsh, au fil d’un scénario qui ne variait que de quelques lignes : la passion initiale, les fêtes, l’orgueil de hisser son couple sur le devant de la scène, puis les démons, les noires pensées dont chacune de ses femmes espérait le sauver. Naomi Wood se penche sur la figure d’un colosse aux pieds d’argile, et redonne la voix à celles qui ont sacrifié un peu d’elles-mêmes pour en ériger le mythe.

Est-il encore utile de présenter Ernest Hemingway ? Cet auteur mythique est une figure incontournable lorsqu’on parle de littérature américaine, de journalisme et de reportage. Naomi Wood s’attache à dévoiler les portraits des quatre femmes liées à Ernest par le mariage. Grâce à des va et vient entre passé et présent, chacune se souvient de sa première rencontre avec Ernest, de sa relation fusionnelle et des premiers signes d’une défaillance affective. Hadley, Pauline, Martha et Mary sont donc bien les héroïnes de ce roman. Force de caractère, passion et indépendance les animent. Le portrait d’Ernest Hemingway finit par se dessiner en filigrane. Le lecteur découvre un homme rongé par des accès de dépression, par l’alcoolisme et par un traumatisme lié à son père.

Ernest Hemingway ne cesse de vouloir se marier avec chacune des femmes rencontrées pour finir par les abonner pour une autre. Ce fait est à l’image de l’ambiguïté et des failles psychologiques du personnage. Le roman se déroule entre l’Europe et les États Unis. Les événements qui secouent le vieux continent pendant la première moitié du XIXe siècle sont d’ailleurs explicités. C’est également l’occasion de rencontrer des personnalités hautes en couleur faisant les choux gras des tabloïds à commencer par Zelda et Francis Scott Fitzgerald ou encore Sara et Gerald Murphy. Mrs Hemingway est un roman plutôt bien écrit et construit qu’on prend plaisir à parcourir. C’est autant l’histoire de toutes ces femmes, d’Ernest Hemingway que d’une époque bien particulière.

Mrs Hemingway est un roman intéressant et bien vu. En effet, la romancière réussit à faire apparaitre Ernest Hemingway à travers les témoignages des quatre épouses de l’écrivain. Entre l’Europe et les États-Unis, les états d’âme des personnages nous sont dévoilés tout comme tout un pan de l’histoire contemporaine. De plus, cet ouvrage a le mérité de m’avoir donné envie d’aller plus loin dans ma découverte de Hadley, Pauline, Martha et Mary avec notamment Madame Hemingway et La troisième Hemingway de Paula McLain.

11694975_1578774289054555_2528089989659185866_nVous aimerez aussi découvrir :

  • Paris est une fête d’Ernest Hemingway
  • Z, Le roman de Zelda de Thérèse Ann Fowler
  • Zelda de Jacques Tournier

Fanny

La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt

Résumé de l’éditeur : S’il y a un élève du collège que Mme Baker, la prof d’anglais, ne peut pas voir en peinture, c’est bien lui, Holling Hoodhood. Chaque mercredi, alors que la moitié de la classe de cinquième est dispensée de cours pour se rendre à la synagogue, et que l’autre moitié va au cathéchisme à l’église de la paroisse, Holling Hoodhood, qui n’est ni juif ni catholique, est le seul et unique élève à rester en cours avec Mme Baker. Elle le lui fait payer. Cela fait plusieurs mercredis qu’il nettoie les tableaux, dépoussière les effaceurs, retire les toiles d’araignée, décrasse les fenêtres. Et voilà que Mme Baker s’est mis en tête de lui faire lire du Shakespeare ! Encore un stratagème pour le faire périr d’ennui.

En ce moment, je ressens comme une fringale de lecture jeunesse. J’ai besoin de retrouver des sensations d’enfance et des personnages aussi candides que clairvoyants. La guerre des mercredis est un roman américain publié pour la première fois en France en 2016. Nous rencontrons Holling, un jeune garçon énergique, réfléchi et observateur. Son année scolaire 1967-1968 se déroule sous nos yeux pendant un peu moins de 450 pages. Le récit est construit grâce à des rebondissements, des réflexions sur le monde qui entoure notre héros et un patronage éclatant en la personne de William Shakespeare (rien que ça!). L’humour n’est pas en reste et est très présent. Entre bons mots et situations cocasses, Gary D. Schmidt nous entraîne sans aucune difficulté avec lui.

A travers le regard de Holling se dévoile des thématiques pour le moins fortes et d’actualité. La différence, les variétés de confessions, le harcèlement scolaire sont autant de sujets abordés au cours du roman. C’est aussi un pan de l’histoire des États-Unis qui nous est donné à voir, celui de la guerre du Vietnam, du Flower Power ou encore de la candidature de Robert Kennedy à la présidence des États-Unis avant son assassinat. L’auteur démontre également le pouvoir de l’art, du théâtre et de la littérature comme méthode d’échappatoire et d’épanouissement malgré des préjugés tenaces. Notre jeune héros se forge une véritable famille au sein de son collège, ses parents étant pour le moins attentistes et obnubilés par leur carrière.

La guerre des mercredis est un roman jeunesse assez méconnu et peu mis en avant. Il vaut pourtant son pesant d’or. En effet, il s’agit d’un récit rafraîchissant mais non dénué de sens et d’une certaine profondeur. Je n’en ai pas encore fini avec les romans pour la jeunesse puisque Tobie Lolness de Timothée de Fombelle et le premier opus de Lady Helen d’Alison Goodman vont bientôt passer entre mes mains.

  • Broadway Limited, Tome 1 : Un dîner avec Cary Grant de Malika Ferdjoukh
  • How to stop time de Matt Haig
  • Vango, Tome 1 : Entre ciel et terre de Timothée de Fombelle

Fanny

Vanessa et Virginia de Susan Sellers

Résumé de l’éditeur : Dans la douceur d’un jardin anglais, deux jeunes filles s’éveillent au monde. Elles sont sœurs, fusionnelles mais rivales, toutes deux animées par l’art et le goût de la liberté. Vanessa veut être peintre, tandis que la fragile Virginia se destine à l’écriture. Virginia deviendra Virginia Woolf, une des plus grandes romancières du XXe siècle. Elle et Vanessa ne se quitteront jamais.

Depuis quelques années, je m’intéresse à la vie de Virginia Woolf et par extension à celle de son entourage. Objet de fascination et de supposition, elle ne cesse d’intéresser et d’intriguer. Susan Sullers nous propose une biographique romancée revêtue d’une vision singulière. En effet, Vanessa Stephen (future Vanessa Bell) en est la narratrice. Le lecteur  comprend très vite qu’elle s’adresse directement à sa sœur Virginia par le biais du tutoiement. L’ensemble prend finalement la forme d’une longue lettre où les souvenirs refont surface par petites touches à l’image d’une toile à recouvrir de peinture. La romancière développe ainsi un roman sensible, à fleur de peau et parfois mélancolique.

Se déroule sous nos yeux une enfance et une adolescence ponctuées par les disparitions (une mère, un père, une sœur, un frère). C’est également une compétition qui s’engage entre les deux sœurs à l’âge adulte. L’une peint tandis que l’autre écrit et connait très vite le succès. Elles entretiennent une relation complexe faite de connivence mais aussi de rivalité. Vanessa n’échappe pas à l’abattement et à la rancœur. Elle est d’ailleurs aussi passionnée que fragile. Fragilité qu’elle partage avec Virginia. La création, les moments de doutes et d’obsession nous sont donnés à voir. Susan Sellers ne contextualise pas. N’hésitez donc pas à vous renseigner sur le sujet avant de commencer votre lecture.

Susan Sellers donne la parole à Vanessa Bell, peintre anglaise et sœur de Virginia Woolf. Par petites touches et évocation d’anecdotes, le récit finit par former toute une vie. La romancière développe un roman sensible, à fleur de peau et parfois mélancolique. Les lecteurs n’étant pas au fait de la vie et de l’entourage des deux sœurs seront peut-être un peu perdus car aucune contextualisation n’est présente. Commençant à assez bien connaitre la vie de Vanessa, de Virginia et du Bloomsbury Group, je n’ai pas forcément appris beaucoup d’élément. Par contre, j’ai passé un joli moment de lecture.

  • Croquis d’une vie de bohème de Lesley Blanch
  • Je te dois tout le bonheur du monde de Carole d’Yvoire
  • Rebelles honorables de Jessica Mitford

Fanny

Bilan de mes lectures : MAI 2019 ~ Lectures à venir : JUIN 2019

Le joli mois de mai est déjà derrière nous. La nature se réveille tout comme les envies de lecture au jardin. L’aventure du Grand prix des lectrices Elle 2019 est terminée. Je suis ravie de retrouver mon rythme de lecture, mes livres et mes balades en librairie pour dénicher de futures pépites. Le mois dernier j’ai rencontré des personnages hors du commun et hors du temps, j’ai redécouvert l’effet salvateur de la nature, j’ai assisté à la folie d’un homme face à la mort, j’ai assisté aux dégâts de l’esclavage, j’ai suivi Vanessa et Virginia sur un bout de chemin, je me suis retrouvée sous le patronage de Shakespeare et j’ai passé un très beau moment aux cotés de Ruriko.

Nombre de livres lus : 7

Nombre de pages lues : 3060


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, éd. Folio, 600 p.

Je suis ravie d’avoir découvert ce roman malgré les circonstances et quelques longueurs. Petit à petit, je me suis passionnée pour l’histoire, les personnages et la plume impressionnante de Victor Hugo. Notre-Dame de Paris est un récit dense et sombre qu’il serait sûrement impossible d’écrire aujourd’hui.

4,5/5

Le bruissement des feuilles de Keren Viggers, éd. Les Escales, 432 p.

Ce nouveau roman possède une sensibilité à fleur de peau qui a su me toucher et m’émouvoir. Les personnages principaux m’ont tout de suite été sympathiques. Karen Viggers est une femme d’engagement. L’écologie, si chère à son cœur, est toujours au centre de l’intrigue de ses romans. Le bruissement des feuilles ne fait pas exception.

4,5/5

Simetièrre de Stephen King, éd. Le livre de poche, 636 p.

Simetièrre est le tout premier roman de Stephen King que je découvre. Ma lecture est une agréable surprise. La première partie nous intègre à la vie quotidienne des Creed et aux croyances indiennes. Le romancier prend son temps, détaille chaque évènement et discoure sur la mort. Ensuite, le ton change complètement vers plus de noirceur.

4,5/5

Les confessions de Frannie Langton de Sara Collins, éd. Belfond, 408 p.

Les confessions de Frannie Langton recèle des thématiques fortes, des sujets complexes et une plume agréable. Je me dois de mitiger quelque peu mon avis. En effet, Frannie doit faire face à une succession de drames assez impressionnante et peu crédible. Cependant, pour son premier roman, Sara Collins n’a pas choisi la facilité.

3/5

Vanessa et Virginia de Susan Sellers, éd. Autrement, 296 p.

Par petites touches, Susan Sellers donne la parole à Vanessa Bell. Cette dernière s’adresse à sa soeur, Virginia Woolf. La romancière développe un roman sensible, à fleur de peau et parfois mélancolique. Les lecteurs n’étant pas au fait de la vie et de l’entourage des deux sœurs seront peut-être un peu perdus car aucune contextualisation n’est présente.

4/5

La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt, éd. L’École des loisirs, 448 p.

J’ai beaucoup aimé ce roman jeunesse rafraichissant et parfois drôle. Les réflexions et observations du personnage principal sont pleines de sens. Pour ne rien gâcher, l’ensemble est placé sous le patronage de Shakespeare. Le contexte de l’année scolaire 1967-1968 en pleine guerre du Vietnam est également à noter.

4/5

Les tendres plaintes de Yôko Ogawa, éd. Babel, 240 p.

Je souhaitais découvrir un roman de littérature japonaise depuis quelque temps. J’ai croisé la route de ce livre totalement par hasard. J’ai eu la main heureuse car j’ai été charmée de bout en bout. Une plume douce et sensible, des personnages plus vrais que nature, une ambiance générale originale, de quoi passer un bon moment.

5/5

Lectures EN COURS

   

LECTURES PRÉVUES EN JUIN

       

   

Très bon mois de JUIN à tous!

Fanny

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Résumé de l’éditeur : « Il était là, grave, immobile, absorbé dans un regard et dans une pensée. Tout Paris était sous ses pieds, avec les mille flèches de ses édifices et son circulaire horizon de molles collines, avec son fleuve qui serpente sous ses ponts et son peuple qui ondule dans ses rues, avec le nuage de ses fumées, avec la chaîne montueuse de ses toits qui presse Notre-Dame de ses mailles redoublées. Mais dans toute cette ville, l’archidiacre ne regardait qu’un point du pavé :la place du Parvis ; dans toute cette foule, qu’une figure : la bohémienne. Il eût été difficile de dire de quelle nature était ce regard, et d’où venait la flamme qui en jaillissait. C’était un regard fixe, et pourtant plein de trouble et de tumulte. Et à l’immobilité profonde de tout son corps, à peine agité par intervalles d’un frisson machinal, comme un arbre au vent, à la roideur de ses coudes plus marbre que la rampe où ils s’appuyaient, à voir le sourire pétrifié qui contractait son visage, on eût dit qu’il n’y avait plus dans Claude Frollo que les yeux du vivant. »

Le terrible incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris m’a beaucoup remuée, autant par le fait lui-même que par la fracture qu’il a provoqué. J’ai souhaité proposer une lecture commune sur le forum Whoopsy Daisy, un hommage à l’échelle des amoureux de lecture et de littérature. Je n’avais jamais lu Victor Hugo avant d’ouvrir les pages de ce roman. Il s’agit donc d’une grande première. Malgré des débuts laborieux, je ressors finalement enthousiasmée de mes heures passées en compagnie de ce grand classique de la littérature française. L’auteur digresse énormément dans le premier tiers de son récit, une impression de longueur s’est imposée à moi. Ensuite, l’histoire se met parfaitement en place et ce ne fut que régal et plaisir.

Victor Hugo nous offre une vision du Moyen-Âge par un homme du début du XIXe. C’est assez fascinant mais aussi très intéressant à découvrir. Se déploie sous nos yeux un Paris à la fois violent, mystérieux, gothique et romantique. Une population hétéroclite grouille.  Le romancier dessine des personnages écorchés par la vie et aux sentiments contrariés de manière très expressive ainsi que détaillée. En effet, les portraits sont plus vrais que nature et pour le moins hors du commun. Sans surprise, l’écriture de Victor Hugo est exceptionnelle. J’aime particulièrement cette sensation de lire un roman qu’il serait impossible d’écrire aujourd’hui. La force des sentiments, de l’instinct, de l’humain, des lieux et des mots est très prégnante.

Je suis ravie d’avoir découvert ce roman malgré les circonstances. Petit à petit, je me suis passionnée pour l’histoire, les personnages et la plume impressionnante de Victor Hugo. Notre-Dame de Paris est un récit dense et sombre qu’il serait sûrement impossible d’écrire aujourd’hui. J’aimerai maintenant continuer mon incursion dans l’œuvre de Victor Hugo avec Les misérables ou encore L’homme qui rit

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Frenchman’s creek de Daphne du Maurier
  • La déchéance de Mrs Robinson de Kate Summerscale
  • La guerre et la paix de Léon Tolstoï

Fanny

Les confessions de Frannie Langton de Sara Collins

Résumé de l’éditeur : Esclave. Frannie Langton grandit à Paradise, dans une plantation de canne à sucre, où elle est le jouet de chacun : de sa maîtresse, qui se pique de lui apprendre à lire tout en la martyrisant, puis de son maître, qui la contraint à prendre part aux plus atroces expériences scientifiques… Domestique. À son arrivée à Londres, la jeune femme est offerte comme un vulgaire accessoire à George et Marguerite Benham, l’un des couples les plus raffinés d’Angleterre. Séductrice. Seule contre tous, Frannie trouve une alliée en Marguerite. Entre ces deux lectrices invétérées se noue un lien indéfectible. Une foudroyante passion. Une sulfureuse liaison. Meurtrière. Aujourd’hui, Frannie est accusée du double-meurtre des Benham. La foule se presse aux portes de la cour d’assises pour assister à son procès. Pourtant, de cette nuit tragique, elle ne garde aucun souvenir. Pour tenter de recouverer la mémoire, Frannie prend la plume… Victime ? Qui est vraiment Frannie Langton ?

Sara Collins signe un premier roman pour le moins audacieux et sombre. L’héroïne, Frannie Langton, nous conte son parcours entre la Jamaïque et Londres, entre l’esclavage et son jugement pour un double meurtre. Ses statuts successifs d’esclave, de domestique et de prostituée ne lui permettent jamais de gagner son affranchissement. Sa couleur de peau la condamne d’emblée à tous les maux. Pour preuve, son procès et sa conclusion semblent écrits d’avance. La romancière développe son roman autour de la suprématie blanche, de l’esclavagisme mais aussi des expériences réalisées sur des esclaves morts ou vifs.

Ce récit m’a agréablement surprise sur un point en particulier. En effet, j’ai été étonnée d’y trouver une relation lesbienne. Ce fut donc assez rafraichissant pour moi qui lis peu de roman mettant en scène ce type de personnage. Les protagonistes sont tous plus ambigus les uns que les autres, à commencer par notre héroïne Frannie. Une grande barrière nous empêche parfois de faire preuve de compréhension et d’attachement. La succession de drames, parfois un peu too much, n’est pas toujours très subtile. Finalement, beaucoup de questions restent en suspens. Sans être exceptionnelle, l’écriture de Sara Collins est agréable à parcourir.

Les confessions de Frannie Langton recèle des thématiques fortes, des sujets complexes et une plume agréable. Je me dois de mitiger quelque peu mon avis. En effet, Frannie doit faire face à une succession de drames assez impressionnante et peu crédible. Cependant, pour son premier roman, Sara Collins n’a pas choisi la facilité et reste une romancière à surveiller à l’avenir.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Belfond.

babelioVous aimerez aussi découvrir :

  • Alex, fils d’esclave de Christel Mouchard
  • La déchéance de Mrs Robinson de Kate Summerscale
  • Paradigma de Pia Petersen

Fanny

Alex, fils d’esclave de Christel Mouchard

Résumé de l’éditeur : Le jeune Alex a une vie trépidante. Ses exploits en escrime et ses succès à la cour font de lui un des nobles les plus admirés de Paris. Mais ses origines le rattrapent lorsqu’il retrouve sa sœur, esclave comme leur mère, qui s’apprête à rejoindre une révolte en Haïti. Alex décide de prendre lui aussi son destin en main, car partout se murmure un mot… Révolution!

Cette biographie romancée pour la jeunesse nous emmène sur les traces du père d’Alexandre Dumas. Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie est né à Saint-Domingue en 1762. Son destin hors du commun se déroule devant le lecteur depuis une colonie française jusqu’à Paris, d’une condition d’esclave jusqu’à l’affranchissement et une carrière militaire. Christel Mouchard développe un roman au rythme soutenu. Aucun temps mort n’est à souligner. Nous sommes les témoins d’une véritable aventure agréable à suivre dans plusieurs ambiances bien distinctes et aux rebondissements bien présents. L’ensemble est doublé d’une véritable portée pédagogique.

Une part d’identification est possible pour les plus jeunes grâce à la part de récit d’apprentissage de ce roman. Christel Mouchard démontre qu’il est toujours possible de sortir de sa condition pour évoluer. C’est aussi le récit d’une filiation pas toujours évidente à assumer et dont les rouages sont parfois flous. Je regrette simplement un manque de détails. C’est clairement mon coté amatrice de descriptions qui parle. Je suis donc bien consciente que cet ouvrage conviendra parfaitement à un public plus jeune. Une part de fantaisie est présente et permet de contrecarrer les  sujets difficiles abordés comme l’esclavage. Mention spéciale au perroquet vraiment cocasse.

Alex, fils d’esclave est une biographie romancée jeunesse plutôt réussie avec un véritable sens pédagogique. Je reste un peu sur ma faim concernant le manque de détails. Cependant, j’ai apprécié découvrir le destin hors du commun et méconnu de Thomas Alexandre Dumas. Le public jeunesse ciblé y trouvera de toute façon son compte. La très belle couverture de François Roca est à signaler.

logo-litVous aimerez aussi découvrir :

  • L’extraordinaire voyage de Sabrina de P. L. Travers
  • The making of Mollie d’Anna Carey
  • Un assassin de première classe de Robin Stevens

Fanny

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Résumé de l’éditeur : Miki, dix-sept ans, vit coupée du monde depuis l’incendie qui a coûté la vie à ses parents. Sous le joug de son frère Kurt, un chrétien fondamentaliste, elle travaille comme serveuse dans leur restaurant et le soir, se rêve en héroïne de romans. Lors d’une escapade secrète en forêt, elle fait la rencontre de Leon, un garde forestier tout juste installé en Tasmanie. Les deux jeunes gens se donnent alors une mission extraordinaire : sauver les diables de Tasmanie de l’extinction. Au cœur de paysages somptueux, le combat inoubliable d’une jeune fille pour protéger la nature et se sauver elle-même.

Je garde un très bon souvenir de La maison des hautes falaises de Karen Viggers. Je suis donc ravie d’avoir découvert son tout nouveau titre. Cette fois, la romancière nous emmène en Tasmanie. Cette île et État d’Australie renferme des forêts majestueuses mais aussi une faune faite de diables de Tasmanie, d’opossums, de kangourous et de dasyures tachetés. La fibre écologiste de Karen Viggers vibre dans chaque page, tout comme son amour de la nature. Le lecteur apprend autant qu’il se sensibilise aux questions de déforestation, de l’utilisation raisonnée des ressources ou encore de cancer chez les diables de Tasmanie. Entre roman d’écologie et récit d’apprentissage, la romancière tisse un récit complexe sur des sujets sociétaux actuels.

Le bruissement des feuilles est un roman intergénérationnel. En effet, tous les âges sont représentés. Nous suivons principalement Max, Miki et Léon. Ils possèdent tous un bagage de vie difficile mais vont savoir faire de l’adversité et de leurs erreurs une force. La romancière a su trouver les mots pour m’émouvoir et me faire parcourir un bout de chemin en compagnie de ses personnages. Il s’agit aussi du portrait d’une petite ville où les habitants se battent pour conserver leur travail lié au bois et boucler les fins de mois. Le footy est la distraction principale de tous et rythme les weekends. La passivité de la population face aux femmes battues, aux enfants rackettés ou à l’écologie est malheureusement une réalité bien retranscrite.

Ce nouveau roman de la romancière australienne possède une sensibilité à fleur de peau qui a su me toucher et m’émouvoir. Les personnages principaux m’ont tout de suite été sympathiques. Karen Viggers est une femme d’engagement. L’écologie, si chère à son cœur, est toujours au centre de l’intrigue de ses romans. Le bruissement des feuilles ne fait pas exception. Les grands espaces de la Tasmanie, sa faune et sa flore sont un enchantement à découvrir.

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Vous aimerez aussi découvrir :

  • Cartes postales de Grèce de Victoria Hislop
  • La maison des hautes falaises de Karen Viggers
  • Soudain, seuls d’Isabelle Autissier

    Fanny

Chroniques japonaises #2 : Kiki la petite sorcière et Le voyage de Chihiro

Je découvre sur le tard (est-il jamais trop tard?) les films d’animation japonais. Ils ont le don de réveiller notre âme d’enfant qui relève presque de la magie. Les dessins à l’ancienne, les couleurs, les traditions et la nature omniprésentes ont de quoi vous apporter de jolis moments hors du temps et dépaysants. Je vous présente aujourd’hui mes deux dernières découvertes.

Kiki la petite sorcière (Hayao Miyazaki, 1989)

A 13 ans, toute sorcière qui se respecte doit quitter son foyer et ses parents pour prendre son envol. C’est à l’aide de son balais volant que Kiki choisit son point de chute dans une grande ville. Les premiers pas sont difficiles mais très vite notre jeune héroïne va se trouver une véritable famille d’adoption. Hayao Miyazaki nous propose une intrigue entre émancipation et récit initiatique. En effet, la petite sorcière doit faire ses preuves malgré les embuches régulières. Elle doit également composer avec des préoccupations plus terre à terre d’habitude dévolues aux adultes. Kiki est l’étrangère qu’on regarde de loin. La nécessité de se faire accepter est donc très forte porte elle. La nature est souvent présente dans les films d’animation japonais. Ici, elle est salvatrice. Elle est surtout un refuge idéal lorsque les idées se mélangent et que le chemin à suivre se fait plus flou.

Le voyage de Chihiro (Hayao Miyazaki, 2001)

Sur la route de son déménagement, Chihiro est loin d’imaginer toutes les aventures qui l’attendent. Il s’agit d’une jeune fille peu aventureuse et quelque peu peureuse. Cependant, elle va devoir affronter ses craintes pour retrouver ses parents. L’intrigue prend place dans un univers hors du commun fait d’esprits, les fameux yōkai japonais. Les mythes, les légendes et le folklore du pays du Soleil-Levant sont réunis ici et même mis à l’honneur. Ces traditions (cachées du monde normal dans le film) sont opposées au monde contemporain de surconsommation (la nourriture par exemple). Chihiro laisse derrière elle jusqu’à son identité par amour, amitié, loyauté et courage. Comme dans le film d’animation précédent, nous sommes ici sur un récit initiatique. Chihiro va se découvrir et se trouver grâce aux multiples étapes à franchir.

Deux très belles surprises! Avez-vous vu ces films d’animation japonais?

Fanny

Bilan de mes lectures : AVRIL 2019 ~ Lectures à venir : MAI 2019

Le mois d’avril a sonné la fin de ma participation au Grand prix des lectrices Elle 2019. En effet, le dernier livre de la sélection est passé entre mes mains. Ne reste plus qu’à attendre les résultats de nos notes de lecture! J’ai pu reprendre un rythme de lecture tout à fait normal et sortir quelques livres de ma pile à lire. J’ai d’abord lu avec une certaine fascination les mots d’Alexandria Marzano-Lesnevich, j’ai découvert le destin pour le moins énigmatique de sept femmes sous l’Occupation, j’ai suivi l’évolution de la jeune Judith dans une Angleterre aujourd’hui disparue, j’ai retrouvé avec un grand bonheur Lenu et Lila, je me suis faufilée dans la haute société new-yorkaise si corsetée et j’ai fait la connaissance du déterminé Thomas Alexandre Dumas.

Nombre de livres lus : 6

Nombre de pages lues : 2510


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

L’empreinte d’Alexandria Marzano-Lesnevich, éd. Sonatine, 480 p.

Ce livre m’a subjuguée de bout en bout. L’écrivaine fait preuve de talent aussi bien dans son écriture que dans son travail de recherche et sa capacité de recul. Rien n’est tout blanc ni tout noir, la complexité des personnalités présentes dans ce livre est flagrante. Ici pas de pathos mais une vraie réflexion et une quête d’explication.

5/5

Diaboliques de Cédric Meletta, éd. Robert Laffont, 240 p.

La Seconde Guerre mondiale semble être un sujet inépuisable mais toujours intéressant. Grâce à un travail de recherches poussé, Cédric Meletta nous dépeint sept portraits de femmes ayant participé à des manœuvres aux conséquences plus ou moins graves. Trop de noms de personnes et trop de digressions m’ont empêchée de profiter de ma lecture.

3/5

Poussière de Rosamond Lehmann, éd. Libretto, 374 p.

Poussière possède un charme particulier et suranné. D’une écriture fine et ciselée, Rosamond Lehmann nous dépeint tout un monde perdu. Le rythme est lui aussi assez singulier. Le lecteur suit une héroïne solitaire et observatrice à travers les saisons et les années. Les relations entre les différents protagonistes sont complexes.

4,5/5

L’amie prodigieuse, Tome 2 : Le nouveau nom d’Elena Ferrante, éd. Folio, 640 p.

Je n’ai pas tardé à continuer l’aventure auprès de Lenu et Lila après ma très belle découverte du premier tome. Cette fois, nous suivons nos deux héroïnes à la fin de leur adolescence. La construction est assez déséquilibrée entre une première partie plutôt longue et une seconde pleine de rebondissements. Affaire à suivre!

4/5

L’âge de l’innocence d’Edith Wharton, éd. Les Belles Lettres, 456 p.

L’âge de l’innocence se démarque par bien des aspects des deux précédents titres que j’ai pu lire d’Edith Wharton. Les carcans de la société new-yorkaise frappe de plein fouet un jeune homme à la veille de son mariage dans les années 1870. La chute pleine de mélancolie et de prise de conscience m’a particulièrement plu.

4/5

Alex, fils d’esclave de Christel Mouchard, éd. Flammarion jeunesse, 320 p.

Sans être un coup de cœur, cette biographie romancée destinée à la jeunesse m’a fait passer un bon moment de lecture. J’ai appris beaucoup à propos du destin hors du commun du père d’Alexandre Dumas père. Christel Mouchard met au service de son roman une plume dynamique et imagée. Le rythme soutenu n’est pas en reste.

4/5

Lectures EN COURS

LECTURES PRÉVUES EN MAI

Très bon mois de mai à tous!

Fanny