Pirate n° 7 d’Élise Arfi

Résumé de l’éditeur : Un soir, au Palais, Elise ARFI, jeune avocate commise d’office, voit arriver sept Somaliens hagards et menottés. Ils sont accusés de piraterie, du meurtre d’un navigateur français et de la prise en otage de sa femme. Le sort attribue à l’avocate la défense de Fahran, le pirate n°7. La gravité des faits est indiscutable. Mais tout, dans cet acte de justice, prend une tournure dérangeante. Bien que mineur, Fahran est jugé comme un adulte. Il ne comprend pas un mot de français et ne peur pas se faire aux règles et aux codes de la prison. Bientôt, au déracinement culturel et affectif s’ajoutent de graves maltraitances qui font sombrer l’adolescent de la folie. Jusqu’au procès aux assises, quatre ans plus tard, l’avocate s’efforce de garde Fahran en vie. L’objectif tourne à l’obsession, l’obligeant à affronter les autorités en charge du dossier. Défendre le pirate n°7 va changer la vision de son métier, la conduisant à interroger sa vocation.

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un petit livre renfermant un grand engagement. Avec Pirate n° 7, Élise Arfi livre un récit sans concession sur le métier d’avocat commis d’office mais aussi sur le monde carcéral. L’image véhiculée d’une justice impartiale et égalitaire est mise à mal. Ainsi, l’écrivaine nous décrit sa propre réalité peu reluisante où l’individu est complètement oublié. Il est également question des conditions dégradées et dégradantes des procédures judiciaires ainsi que du parcours du combattant qu’est devenu le fait de faire valoir ses droits. Élise Arfi avoue ses faiblesses. Ce livre est donc en partie le réceptacle d’une remise en question profonde de sa profession.

Fahran, le mis en cause, tient une grande place dans ce témoignage. Ce jeune somalien a participé à une action de piraterie mortelle contre un couple de français au large de la Somalie. Il n’est pas responsable de la mort de l’un des plaisanciers mais doit tout de même être jugé pour sa participation. Jusque là, rien d’inhabituel. Cependant et très vite, le lecteur doit se rendre à l’évidence. Le jeune homme va voir sa vie broyée par notre système judiciaire. Impartialité, décisions inadaptées, surveillants de prison peu amènes, troubles psychiatriques, rien ne lui est épargné. Les limites de la justice française sont flagrantes et révoltantes.

Élise Arfi signe un livre fort et engagé. Il ne peut laisser indifférent. En effet, il ouvre les yeux des profanes que nous sommes (pour la plupart) en matière de système judiciaire et carcéral. Le destin de Fahran fait partie intégrante de ce témoignage. Une certaine colère transparait d’ailleurs à travers chaque page de ce court récit d’une humanité hors du commun.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

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Fanny

6 commentaires sur « Pirate n° 7 d’Élise Arfi »

    1. Pirate n° 7 n’a pas reçu le prix, pour l’instant il se trouve dans la sélection pour le Grand prix des lectrices Elle 2019. Verdict début juin!

        1. Je crois aussi que les résultats risquent d’être serré. Je viendrai présenter ici mon top 3! L’aventure est terminée, j’ai fait de belles découverte.

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