Une maison parmi les arbres de Julia Glass / Rentrée littéraire 2018

Résumé de l’éditeur : Le jour où l’auteur vénéré de livres pour enfants Morty Lear meurt accidentellement dans sa maison du Connecticut, il lègue à Tomasina Daulair sa propriété et la gestion de son patrimoine artistique. Au fil des années, Tommy était devenue à la fois son assistante, sa confidente et le témoin de sa routine quotidienne, mais aussi des conséquences émotionnelles de son étrange jeunesse et de sa relation passionnelle avec un amant emporté par le sida. Lorsqu’un célèbre acteur engagé pour incarner Morty à l’écran se présente pour une visite prévue peu de temps avant la mort de l’écrivain, Tommy et lui sont amenés à fouiller le passé de Morty. Tommy s’interroge alors : connaissait-elle vraiment cet homme dont elle a partagé la vie durant plus de quarante ans ?

La maison d’édition Gallmeister m’a toujours beaucoup attirée. Jusqu’à maintenant, je n’avais découvert qu’un seul titre de leur catalogue. Je me souviens très bien avoir apprécié Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler. Grâce au Grand prix des lectrices Elle 2019, j’ai pu lire Une maison parmi les arbres. Malheureusement, je dois vous avouer que mon avis est assez mitigé. Commençons par les points positifs. Julia Glass nous propose un récit entrecoupé de flashbacks teintés d’une certaine profondeur et de sens. Ils permettent de comprendre les personnages et d’entrevoir les évènements qui les ont forgés. Les nombreuses thématiques développées sont, elles aussi, intéressantes.

Passons maintenant aux élèments fâcheux ayant nourri mon opinion mitigée. La mise en place est poussive, relayée par quelques longueurs ensuite. Un ennui s’est donc rapidement installé pour finir par me suivre tout au long de ma lecture. J’ai, la plupart du temps, eu l’impression de ne faire que survoler les pages sans jamais vraiment entrer dans l’histoire ni ressentir les émotions qu’a voulu faire passer la romancière. Je suis également restée assez en retrait face aux personnages comme si une barrière m’empêchait de m’approcher et de m’attacher à eux. C’est ce qu’on appelle un rendez-vous raté. C’est bien dommage mais cela arrive.

J’ai malheureusement refermé ce livre en ayant l’impression d’être complétement passée à coté. Malgré des flashbacks prenants et des thématiques intéressantes, je suis restée en dehors de ce récit. D’autres lecteurs l’ont beaucoup aimé, peut-être que ce n’était simplement pas le bon moment pour moi. En tout cas, je ne peux que vous encourager à découvrir ce roman et vous faire votre propre opinion.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Animarex de Jean-François Kervéan
  • L’œuf de Lennon de Kevin Barry
  • Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler

Fanny

Rituels d’Ellison Cooper

Résumé de l’éditeur : Spécialiste des neurosciences, Sayer Altair étudie pour le FBI les profils psychologiques de tueurs en série. Déroutée par une scène de crime très particulière, sa hiérarchie fait appel à elle. On vient de trouver, dans une maison abandonnée de Washington, le corps d’une jeune fille à qui l’on a injecté une drogue hallucinogène utilisée par les shamans d’Amazonie durant les cérémonies rituelles. Lorsque l’on découvre d’étranges symboles mayas sur les lieux, l’enquête se dirige vers un tueur aussi passionnant qu’insaisissable.

Je me régale en découvrant un peu plus de thriller grâce au Grand prix des lectrices Elle 2019. Je dois dire que l’équipe nous a concocté une jolie sélection avec des romans très réussis. Rituels d’Ellison Cooper ne déroge pas à la règle et a su me tenir en haleine jusqu’au point final. En effet, il s’agit d’un véritable page-turner. J’avoue avoir eu bien du mal à lâcher ce livre avant de connaitre enfin le fin mot de l’histoire. A la manière de grands films comme Seven de David Fincher, Le silence des agneaux de Jonathan Demme ou de séries bien connues, la romancière mélange sciences, profilage et croyances tout en maintenant une bonne dose de réalisme.

Ellison Cooper nous propose un découpage simple mais efficace : un lieu, un chapitre. Ces derniers sont courts et maintiennent un rythme soutenu. L’héroïne m’a beaucoup plu, elle est aussi déterminée dans sa traque du tueur en série qu’humaine. Ses failles et ses réactions sont intéressantes à observer. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et bénéficient de belles descriptions. Il est vrai que l’ensemble reste très américain et très ancré dans la tradition du thriller où le FBI porte l’enquête, mais j’avoue n’avoir pas boudé mon plaisir et m’être laissé embarquer dans la poursuite pleine de rebondissements d’un véritable psychopathe.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome des enquêtes de Sayer Altair. Nous faisons la rencontre d’une héroïne que la ténacité et les failles rendent humaine, attachante et intéressante. L’enquête n’est pas en reste, aussi flippante que fascinante. J’espère aller plus loin et découvrir une nouvelle intrigue avec le tome 2, Sacrifices, qui devrait sortir en France en 2019.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Dura lex de Bruce DeSilva 
  • Présumée disparue de Susie Steiner
  • Rivière tremblante d’Andrée A. Michaud

Fanny

Suzanne de Frédéric Pommier

Résumé de l’éditeur : Dans ce récit poignant, Frédéric Pommier explore la mémoire d’une femme lucide et battante, emblématique de sa génération. Il interroge la manière dont sont traités nos aînés, mais aussi les soignants. Avec humour et tendresse, il nous plonge dans une histoire d’amour et de transmission où, en dépit des drames et de la violence, triomphent le rire et la passion.

Ces derniers temps, je découvre beaucoup d’ouvrages de non-fiction. Celui-ci est surement l’un des plus forts. Frédéric Pommier, journaliste à France Inter, nous raconte la vie pour le moins mouvementée de sa grand-mère, Suzanne. C’est aussi le récit de l’entrée de cette dernière en EHPAD, sigle barbare désignant les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Pour marquer l’avant et l’après, l’auteur construit son livre entre flashbacks et vie dans la maison de retraite. Le lecteur comprend très vite que rien ne sera plus jamais pareil pour Suzanne. Nous sommes témoin d’une certaine maltraitance ordinaire qu’après une vie bien remplie les personnes âgées ne devraient jamais subir. Et tout cela au nom de la rapidité, du manque d’effectif, de locaux inadéquats ou encore de l’économie.

Malgré tout, ce livre possède une grande part de lumière personnifiée par Suzanne. C’est une femme extraordinaire, pleine d’esprit et de ressources. Le lecteur découvre ses petites excentricités mais aussi son sens de la tradition. Les hauts et les bas l’ont forgée. Elle a su devenir une femme indépendante et autonome à une époque où ce n’était pas si évident. Petites et grandes anecdotes sont racontées avec beaucoup de bienveillance et d’humour. C’est ainsi que nous découvrons la famille soudée de Frédéric Pommier. Les souvenirs qui le lie à sa grand-mère dont il semble très proche sont également très émouvants à lire. Respectant sa devise, « sourire quand même », Suzanne garde la tête haute dans sa petite chambre et récompense la gentillesse de certains soignants par une œillade ou une parole réconfortante.

Le récit de Frédéric Pommier est fort et provoque la réflexion. C’est un manifeste contre la maltraitance ordinaire de nos seniors au sein des structures spécialisées mais aussi contre l’inadéquation de certaines prises en charge. Ces questions sont à solutionner d’urgence à l’heure où la population ne cesse de vieillir, phénomène qui n’est pas près de s’inverser. C’est aussi le récit d’une vie, celle de Suzanne. Elle a quelque chose d’universel et fait donc écho en chacun de nous.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Croquis d’une vie de bohème de Lesley Blanch
  • Ici les femmes ne rêvent pas de Rana Ahmad
  • Rebelles honorables de Jessica Mitford

Fanny

Le cercle de Caïn de Sophia Raymond

Résumé de l’éditeur : Une journaliste baroudeuse en pleine débâcle professionnelle et affective. Un corps qui réapparaît, miraculeusement conservé, 5 000 ans après une mort peu naturelle. Et L’Enfer de Dante… Clara Fischer, en flairant le scoop qui doit relancer sa carrière de grand reporter, n’a-t-elle pas sous-estimé le danger menaçant ceux qui approchent de trop près la momie des glaces ?

Après un premier roman plutôt prometteur, Sophia Raymond revient avec une nouvelle histoire parue en octobre. La romancière nous propose une intrigue entre enquête journalistique et archéologique. Elle s’inspire d’un fait réel, la découverte de la momie Otzï en 1991 dont les circonstances de la mort sont toujours aussi floues aujourd’hui. Sophia Raymond s’empare donc de cet évènement pour imaginer son histoire. Outre les multiples lieux que le lecteur parcourt, la montagne est clairement mise en lumière. Elle en devient presque un personnage à part entière. Elle est aussi majestueuse que cruelle, aussi ancrée dans le réel qu’enveloppée d’une indéniable aura.

Clara, mère-célibataire, tente tant bien que mal de concilier vie personnelle et vie professionnelle alors que sa carrière de journaliste est au point mort. Cette affaire est la chance qu’elle attendait pour redorer son blason mais elle devra faire attention à ne pas se laisser griser par un enthousiasme mal placé. La romancière développe son roman autour de civilisations anciennes, s’amuse à brouiller les pistes pour finir par dévoiler la vérité dans d’intenses dernières pages (un peu comme notre chère Agatha Christie finalement). J’ai pu ressentir une certaine prise de confiance dans l’écriture de Sophia Raymond. Cela fait plaisir d’être témoin de l’épanouissement d’une jeune écrivaine.

Sans être un coup de cœur pour moi, Sophia Raymond signe un nouveau roman prenant et intéressant. Elle embarque son lecteur sur les traces du destin bien mystérieux de la momie des glaces. Entre flashbacks, recueil de témoignages et enquête journalistique, la romancière tient en haleine son lecteur. Une chose est certaine, je surveillerais les prochaines parutions de Sophia Raymond. Je remercie d’ailleurs cette dernière pour l’envoi de son roman.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Le Cercle de Dinas Bran de Sophia Raymond
  • Soudain, seuls d’Isabelle Autissier
  • Venez, vous dont l’œil étincelle de Jean-Christophe Duchon-Doris

Fanny

Tops / flops – Bilan de l’année 2018

Je suis ravie de vous retrouver avec ce top-flop de l’année 2018. J’espère ainsi vous faire découvrir quelques titres. N’hésitez d’ailleurs pas à me dire ceux qui vous tentent le plus. Cette année, j’ai vécu de jolis moments mais aussi quelques coups durs. La vie est comme ça, elle vous donne autant qu’elle vous prend. En 2019, j’espère découvrir de nouveaux auteurs, continuer des sagas, faire un bilan de ma participation au Grand prix des lectrices Elle 2019, voyager un peu, reprendre la marche et profiter davantage des petites bonheurs de la vie.

C’est donc parti pour le fameux bilan!

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Voici les cinq romans qui ont fait mon année 2018. Sans surprise, Paul Auster est présent dans ce top. 4 3 2 1 est en récit ambitieux et très réussi. Après avoir passée plusieurs semaines avec les différentes versions d’Archibald Ferguson, la chute m’a laissée orpheline. Call me by your name d’André Aciman est une histoire d’amour hors du commun. Nous assistons à la naissance du sentiment amoureux entre Elio et Oliver, le tout enveloppé de sensualité et de la touffeur de l’été italien. C’est également un bel hommage à la musique et à la littérature. Un souvenir de lecture inoubliable! Le sujet de départ d’On Chesil beach de Ian McEwan ne fait pas forcémment rêver. Pourtant, l’auteur surprend en réussissant à porter un roman intense, réaliste et prenant, le tout en très peu de pages. Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie est LE coup de cœur parmi les coups de cœur. Quel livre et quelle entrée en littérature! Ce témoignage m’a brisé le cœur autant qu’il m’a fait espérer. J’ai l’impression d’avoir compris beaucoup de choses avec ces quelques 250 pages. La révolte de Clara Dupont-Monod m’a complétement embarquée aux côtés d’Aliénor d’Aquitaine pendant la seconde partie de sa vie. La romancière dépoussière le Moyen-Âge et le rend passionnant.

flops littérature              

Quelques petites déceptions sont venues agrémentées mon année 2018. Heureusement, elles sont peu nombreuses. J’étais vraiment ravie de découvrir un peu de littérature allemande avec Le goût sucré des souvenirs de Beate Teresa Hanika. Malheureusement, j’ai eu beaucoup de mal à suivre le récit qui m’a paru assez obscur et décousu. Castle Dor a la particularité d’avoir été commencé par Sir Arthur Quiller-Couch puis terminé par Daphne du Maurier. Le résultat est très inégal. C’est une première déception avec la romancière anglaise. Chien-Loup de Serge Joncour m’a laissée assez indifférence malgré les thématiques d’actualité. Les multiples répétitions ont fini de forger mon avis. Une maison parmi les arbres de Julia Glass est un roman au rythme assez particulier. Certains passages m’ont plutôt plu mais pas suffisamment pour totalement emporter mon adhésion. Je dois dire que je me suis pas mal ennuyée.

BD                        

Contrairement aux années précédentes, j’ai fait le plein de lectures graphiques notamment grâce aux mangas que je lis assidument depuis le milieu de l’année. Monet d’Efa et Rubio est une superbe bande dessinée sur l’existence mouvementée du maître de l’impressionnisme. Les couleurs sont superbes et rendent un bel hommage à ce mouvement pictural. Opération Copperhead m’a permis de découvrir un fait assez méconnu de la Seconde Guerre mondiale. Avec humour et talent, Jean Harambat nous propose un ouvrage graphique instructif et bien pensé. Le roman Quatre soeurs de Malika Ferjoukh fut une merveilleuse lecture. Quoi de mieux pour prolonger la magie que de plonger dans l’adaptation toute aussi merveilleuse en bande dessinée par Cati Baur. J’ai lu cinq tomes d’Isabella Bird de Taiga Sassa cette année. J’adore suivre cette aventurière anglaise dans le Japon reculé du XIXe siècle. J’espère que 2019 nous réservera la suite. Ma vie dans les bois de Shin Morimura est également une série de mangas que j’aime beaucoup. Cette fois, nous suivons le mangaka dans son retour à la nature et à une vie plus saine. C’est parfois technique mais toujours drôle et intéressant. Enfin, j’ai souhaité vous présenter un carnet de voyage avec Tokyo Sanpo de Florent Chavouet. L’angle pris par le dessinateur est très sympa et les dessins sont réussis. De quoi réaliser une belle balade dans Tokyo.

period drama                   

         

Je suis ravie d’avoir une fois de plus remplie mon année de period drama. C’est une excellente façon de se dépayser et se détendre. 2018 fut un bon cru avec pas mal de jolies surprises. Ordeal by innocence m’a beaucoup plu. Cette nouvelle adaptation d’un roman d’Agatha Christie par la BBC nous tient en haleine et nous intrigue jusqu’à la dernière minute. Little women (Les quatre filles du docteur March) est une très belle surprise. Mention spéciale à Maya Hawke qui crève l’écran et fait une Jo parfaite. Une nouvelle fois, j’ai retrouvé mon chouchou parmi les enquêteurs britanniques. Endeavour Morse est toujours aussi brillant et intéressant à suivre. La saison 3 des Durrells tient toutes ses promesses. Cette famille anglaise exilée à Corfou est une vraie bouffée d’air frais. A very english scandal est surement l’une des plus belle surprises de l’année 2018. Le casting réunit Ben Whishaw et Hugh Grant, le duo est d’ailleurs excellent. Tirée d’une histoire vraie, cette mini-série est aussi engagée que passionnante. Rien n’était gagné et pourtant Vanity fair a fini par me convaincre. Becky est prête à tout pour arriver à ses fins, même le pire. Mrs Wilson fait partie du haut du panier. Les trois épisodes dévoilent la vie de la grand-mère de l’actrice Ruth Wilson, entre espionnage et secret de famille. Enfin et sans surprise, la saison 2 de The marvelous Mrs Maisel est tout aussi réussie que la première.

Très belle année 2019 à tous! Qu’elle soit épanouissante et pleine de jolies découvertes. N’oubliez surtout pas de profiter des petits bonheurs du quotidien.

Fanny

Une vie de lectrice #6 : Noël et top 5

 

Cadeaux reçus à noël

Noël, son réveillon et son jour J ont toujours eu une importance particulière pour moi. Entre fébrilité et joie de retrouver ma famille, ce sont toujours des moments que je chéris particulièrement et que j’aime me remémorer. Je m’étais promis de ne mettre que très peu de livres sur ma liste au Père-Noël. Comme chaque année, ma tentative fut vaine. Pour preuve, voici les cinq titres déposés sous le sapin. Onibi, carnet du Japon invisible de l’Atelier Sento est une belle bande dessinée promettant de m’embarquer sur les traces de certaines croyances japonaises. Pour continuer avec la thématique japonisante, j’ai également reçu Au cœur du Japon, visages et paysages du Japon de Laurent Martein, Maaserhit Honda et Xavier Lefebvre. Il s’agit d’un beau livre sur le Japon contemporain rural et sur les personnes qui le font vivre. Cet ouvrage est tiré du documentaire Le Japon vu du ciel d’Arte. Edmond de Léonard Chemineau est une adaptation de la pièce de théâtre d’Alexis Michalik que je n’avais pas eu l’occasion de voir. Cela fait des année que je souhaitais découvrir Rosalie Blum (l’intégrale) de Camille Jourdy. La photo ne rend pas du tout hommage aux couleurs et au grain de la couverture. Pour finir, ma famille m’a offert un roman : Les chroniques de St Mary, Tome 1 : Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Ce récit d’historiens voyageurs dans le temps me tentait depuis sa sortie. Je l’ai terminé et j’ai plutôt apprécié ma lecture.

Top 5 du second semestre 2018

Le début d’année est toujours l’occasion de faire divers bilans. Avant de vous proposer mon top/flop de l’année passée, je vous propose de découvrir les cinq titres que j’ai le plus apprécié lors du seconde semestre 2018. Le moins que l’on puisse dire est que cette sélection est sacrément éclectique : roman historique, témoignage et littérature jeunesse. Les déracinés de Catherine Bardon m’a fait découvrir un pan de la Seconde Guerre mondiale assez méconnu. C’est un exploit vu le nombre important de romans, films, séries et documentaires sur le sujet. Expiation de Ian McEwan est une pépite. Cet auteur a un don particulier pour la description, la psychologie de ses personnages et la chute de ses histoires. J’espère avoir l’occasion de découvrir bientôt d’autres romans de cet auteur britannique. Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie est LA révélation de mon année 2018. Quel talent, quelle spontanéité et quelle leçon de vie. La révolte de Clara Dupont-Monod est une lecture assez éloignée de mes habitudes. La romancière dépoussière le Moyen-Âge et nous fait redécouvrir la seconde partie de l’existence d’Aliénor d’Aquitaine sous un angle différent. Décoiffant et passionnant! Enfin et pour finir sur une note pleine de rythme et d’entrain, le second tome de Broadway Limited de Malika Ferdjoukh. C’est un vrai plaisir de retrouver ces personnages, cette fantaisie et le New-York artistique de la fin des années 40.

        

    

Et vous, quels livres avez-vous reçus à Noël? Quels sont vos romans favoris du second semestre 2018?

Fanny

Bilan de mes lectures : DÉCEMBRE 2018 ~ Lectures à venir : JANVIER 2019

Et voilà, nous y sommes! L’année 2018 va bientôt tirer sa révérence. Contrairement à Noël, je reste assez indifférente face aux célébrations de passage vers une nouvelle année. Je suis heureuse de ce dernier mois de lectures pour 2018, éclectiques et enrichissantes comme je les aime. J’ai d’abord suivi les incroyables aventures d’une garenne de lapins, j’ai retrouvé les héros de Bradway Limited à la manière de vieux amis, je suis partie sur les traces d’une jeune femme disparue, j’ai pris conscience des drames de Lampedusa, j’ai apprécié l’histoire de Tommy et j’ai grimpé dans une capsule direction le passé.

Nombre de livres lus : 6

Nombre de pages lues : 2574

         

         


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Watership Down de Richard Adams, éd. Monsieur Toussaint Louverture, 505 p.

Watership Down m’a permis de vivre une aventure épique hors du commun auprès d’une troupe de lapins tous plus valeureux et courageux les uns que les autres. Richard Adams nous offre aussi une leçon de vie et d’écologie puisqu’il positionne son lecteur à hauteur de ces petits animaux sans cesse menacés, notamment par l’activité humaine.

4,5/5

Broadway Limited, Tome 2 : Un shim sham avec Fred Astaire de Malika Ferdjoukh, éd. L’École des loisirs, 480 p.

Après trois années d’attente et d’impatience, je n’en pouvais plus de guetter ce second tome. Sans surprise, je l’ai adoré. Malika Ferdjoukh nous offre un roman au rythme endiablé. Pas de temps mort pour nos héros, l’avenir n’attend qu’eux. C’est une nouvelle fois un régal de découvrir jeux de mots, répartie et fantaisie.

5/5

Présumée disparue de Susie Steiner, éd. Les Arènes, 540 p.

Malgré une intrigue prévisible, j’ai fini par apprécier ce premier tome des enquêtes de Manon Bradshaw. Les personnages, les dialogues, les thématiques fortes sont les grands points forts de ce roman. J’espère avoir l’occasion de découvrir la suite prochainement afin d’en apprendre encore un peu plus à propos de notre inspectrice hors du commun.

3,5/5

La loi de la mer de Davide Enia, éd. Albin Michel, 240 p.

Ce livre ne m’a pas laissée insensible. Les témoignages recueillis par Davide Enia concernant les drames de Lampedusa devraient passer entre les mains du plus grand nombre. Je retiendrai également tous les très beaux passages autobiographiques. L’auteur nous offre un peu de lui et nous interroge.

5/5

Une maison parmi les arbres de Julia Glass, éd. Gallmeister, 459 p.

Malheureusement, j’ai l’impression d’être complétement passée à côté de cette lecture et d’être restée en surface. Je n’ai jamais réussi à entrer totalement dans l’histoire ni à m’attacher aux personnages. Certains passages m’ont tout de même beaucoup plu, principalement les flashbacks. Dommage!

2/5

Les chroniques de St Mary, Tome 1 : Un monde après l’autre de Jodi Taylor, éd. Hervé Chopin, 350 p.

Ce premier tome n’est pas dénué de défaut. En effet le manque de détails et de descriptions techniques m’a parfois gênée. Cependant, je n’ai pas boudé mon plaisir et me suis laissée embarquer dans les folles aventures de l’institut historique St Mary. Un rythme effréné, de l’humour et des personnages hauts en couleur sont au rendez-vous.

4/5

Et… Des mangas en pagaille!

         

         

             

LECTURE EN COURS

LECTURES PRÉVUES EN Janvier

         

    

A très bientôt. en attendant, je vous souhaite un très bon début d’année!

Fanny

Présumée disparue de Susie Steiner

Résumé de l’éditeur : Une nuit, après une énième rencontre Internet ratée, Manon Bradshaw est envoyée sur une scène de crime. Edith Hind, étudiante à Cambridge, belle, brillante et bien née, a disparu. Peu d’indices, des traces de sang… Chaque heure compte pour la retrouver vivante. Les secrets que l’inspectrice Bradshaw s’apprête à découvrir auront des conséquences irréversibles, non seulement pour la famille d’Edith mais pour Manon elle-même.

Ce n’est pas un scoop si je vous dis que je suis assez friande de romans policiers britanniques. Présumée disparue est le premier tome d’une série mettant en scène une inspectrice de police au caractère bien trempé. Cette dernière est clairement le point fort de ce roman. En effet, nous la suivons entre son travail et sa vie privée. 39 ans, célibataire, sans enfant, quelle alternative lui reste-t-il dans une société où l’inverse de sa situation est portée aux nues? Désespoir et remise en question sont balayés par de petites étincelles qui viennent changer son existence. Susie Steiner développe des thématiques fortes dans l’air du temps.

L’enquête policière est plutôt intéressante mais assez prévisible. J’avoue avoir très rapidement deviné le dénouement de l’histoire. Malgré tout, les chapitres courts permettent à la romancière de maintenir un rythme soutenu. Nous alternons plusieurs points de vue entre Manon, l’un de ses collègues et quelques membres de l’entourage de la victime. Nous avons ainsi une bonne vue d’ensemble, mais nous avons surtout les révélations avant même la police. Les dialogues sont très bons, vifs et bien menés. Sans être d’une grande originalité, la forme est donc plutôt agréable à lire. De quoi passer quelques belles heures de lecture.

Sans être un coup de cœur et malgré une intrigue prévisible, j’ai fini par apprécier ce premier tome des enquêtes de Manon Bradshaw. Les personnages, les dialogues, les thématiques fortes sont les grands points forts de ce roman. J’espère avoir l’occasion de découvrir la suite prochainement afin d’en apprendre encore un peu plus à propos de notre inspectrice hors du commun et ses collègues.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Black-out de John Lawton
  • Les détectives du Yorkshire, Tome 1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman
  • Resurrection Row de Anne Perry

Fanny

La loi de la mer de Davide Enia / Rentrée littéraire 2018

 

Résumé de l’éditeur : Un père et un fils regardent l’Histoire se dérouler sous leurs yeux, dans l’immensité de la Méditerranée, à Lampedusa. La loi de la mer est le récit de la fragilité de la vie et des choses, où l’expérience de la douleur collective rencontre celle, intime, du rapprochement entre deux êtres. Pendant plus de trois ans, sur cette île entre Afrique et Europe, l’écrivain et dramaturge Davide Enia a rencontré habitants, secouristes, exilés, survivants. En se mesurant à l’urgence de la réalité, il donne aux témoignages recueillis la forme d’un récit inédit, littéraire et poétique, déjà couronné par le prestigieux prix Mondello en Italie. Après Sur cette terre comme au ciel, récompensé par le prix du Premier roman étranger, Davide Enia confirme son talent singulier et puissant.

Premier auteur italien à figurer sur le blog, Davide Enia nous propose ici un récit entre témoignage et autobiographie. Affranchi du filtre des médias, il donne d’abord la parole aux habitants, aux soignants, ou encore aux marins sans cesse confrontés au drame des migrants échoués sur l’île italienne de Lampedusa. Ils sont souvent oubliés malgré leur aide si précieuse. L’auteur leur permet d’épancher leur désarroi, leur impuissance mais aussi les quelques joies vécues pendant les sauvetages. C’est aussi le récit des fantômes qui vont et viennent comme le ressac incessant de la mer.

Cette expérience plus que marquante à Lampedusa a profondément changé Davide Enia. Cela se ressent fortement au fil des pages où la vie en général est remise en perspective. Ainsi l’auteur nous parle de son enfance, de sa famille mais aussi de l’Italie. Il est souvent question de son père et de son oncle. Ils forment un trio taiseux mais émouvant et attachant. L’amitié, les liens, la maladie, la perte, la parole, le déracinement forment les grandes lignes de ce livre. Les interrogations et les états d’âme de l’écrivain questionnent également les lecteurs que nous sommes.

Ce livre ne m’a pas laissée insensible. Pour le moment, le sujet des migrants semble relégué au second plan des médias mais divise toujours autant. Pourtant, ces drames quotidiens sont bel et bien une réalité pour des milliers de personnes. Les témoignages recueillis par Davide Enia devraient passer entre les mains du plus grand nombre. Je retiendrai également tous les très beaux passages autobiographiques.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Ici les femmes ne rêvent pas de Rana Ahmad
  • L’archipel d’une autre vie d’Andreï Makine
  • Le prince à la petite tasse d’Emilie de Turckheim

Fanny

Watership Down de Richard Adams

Résumé de l’éditeur : C’est dans les fourrés de collines verdoyantes que se terrent parfois les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante odyssée de courage, de loyauté et de survie. Menés par le valeureux Hazel et le surprenant Fyveer, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, malices et légendes vont guider ces héros face aux mille ennemis qui les guettent, et leur permettront peut-être de franchir les épreuves qui les séparent de leur terre promise, Watership Down. Mais l’aventure s’achèvera-t-elle vraiment là? Vous sentirez le sang versé. Vous tremblerez face aux dangers. Vous craindrez la mort. Et, par-dessus tout, vous éprouverez l’irrépressible désir de lutter à leurs côtés.

Aurais-je imaginé un jour suivre les folles aventures d’un groupe de lapins ? Je ne crois pas. Et pourtant, la littérature permet toutes les possibilités. Suite au succès de cette histoire auprès de ses filles, Richard Adams décide de la mettre par écrit. Dès sa parution en 1972, ce livre connait un grand succès et je comprends tout à fait pourquoi. J’ai donc foncé tête baissée dans ce roman hors du commun. Ce dernier nous propose une véritable aventure épique. Hazel et ses compagnons doivent affronter les dangers les plus sérieux à la recherche d’une certaine liberté et du bonheur. Le romancier dépeint la campagne du Hampshire grâce à de belles descriptions détaillées.

Richard Adams s’est beaucoup renseigné à propos de ses petits héros. Nous découvrons ainsi leur organisation, leur habitat, leur moyen de communication, leur reproduction, leur peur et leur défense. C’est passionnant! Ce roman est aussi une expérience puisqu’il permet au lecteur de se mettre à hauteur de lapin et de voir le monde à travers leurs yeux. Il possède donc une vraie portée écologique. C’est tout simplement terrorisant puisque le danger est partout présent, une existence sur le fil et sur un qui-vive permanent. A part quelques rares longueurs, j’avoue m’être facilement laissée porter par les mots de l’auteur. Mention spéciale au travail d’édition et aux illustrations de Mélanie Amaral.

Watership Down m’a permis de vivre une aventure épique hors du commun. La littérature repousse toutes les barrières et fait passer des messages. Richard Adams nous offre ici une leçon de vie et d’écologie. Quel crève-cœur de laisser derrière moi la garenne de Hazel et ses compagnons… Je suis impatiente de retrouver tous ces lapins dans la prochaine adaptation par la BBC.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

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Fanny