Les tendres plaintes de Yōko Ogawa

Résumé de l’éditeur : Ruriko est calligraphe. Fuyant la brûlure des infidélités de son mari, elle part s’installer seule en pleine montagne, dans le chalet de ses parents. Elle rencontre Nitta, pianiste reconverti dans la fabrication de clavecins. L’histoire simple, intense et profonde d’une femme en crise entre deux amours, entre deux vies. Sur l’indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives, un roman riche en mystère où s’épanouit tout l’art d’Ogawa.

Depuis quelques mois, je cherche à découvrir la culture japonaise. Beaux livres, mangas, documentaires, films d’animation, tout y passe. Tout, sauf le roman que je n’avais encore jamais tenté. Lors d’une visite impromptue en librairie, je suis tombée complétement par hasard sur ce livre. Après lecture de la quatrième de couverture, je n’ai pas réfléchi longtemps avant de le glisser dans mon panier. Grand bien m’en a pris puisque je me suis régalée de bout en bout. Les tendres plaintes est un livre sur la remise en question et sur la façon de rebondir dans une vie parfois décevante. Yōko Ogawa nous propose une histoire tout en nuance, subtile et à fleur de peau.

La romancière possède une plume d’une grande sensibilité faite de phrases brèves. Les personnages franchement amochés par la vie nous apparaissent auréolés d’une certaine sérénité et d’une résilience à toute épreuve. La nature, le silence, l’éloignement de la civilisation est au centre de l’intrigue. Cette atmosphère montagneuse salvatrice répare les corps et les esprits malmenés. C’est aussi un Japon traditionnel qui nous est donné à voir. En effet, l’héroïne est calligraphie et ses voisins confectionnent des clavecins à l’effet étonant. La déférence et le respect à la japonaise sont également palpables. Autant d’élèments qui permettent un dépaysement littéraire.

Vous l’aurez compris, c’est un joli coup de cœur pour cette première incursion en littérature japonaise. L’atmosphère, les personnages, la culture japonaise m’ont fascinée. J’aime cette idée de la nature réparatrice et de l’isolement pour mieux se retrouver et rebondir. Je suis preneuse de tous vos conseils de romans japonais. J’espère réitérer l’expérience bientôt.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Cartes postales de Grèce de Victoria Hislop
  • La révolte de Clara Dupont-Monod
  • Summer de Monica Sabolo

Fanny

Et c’est comme ça qu’on a décidé de tuer mon oncle de Rohan O’Grady

Résumé de l’éditeur : Barnaby Gaunt, orphelin turbulent et héritier d’une immense fortune, est envoyé pour les vacances d’été sur une île à la nature luxuriante et aux habitants vieillissants au large de la Colombie Britannique. Vitres cassées, animaux effrayés, très vite, il bouleverse la routine des insulaires, avant de découvrir la véritable raison de sa venue : son oncle diabolique veut l’assassiner. Décidé à ne pas se laisser faire, Barnaby, aidé de Christie, la seule petite fille de l’île, comprend qu’il n’y a qu’un moyen d’en réchapper, éliminer l’oncle en premier.

Et c’est comme ça qu’on a décidé de tuer mon oncle inaugure la nouvelle collection jeunesse, Monsieur Toussaint Laventure, des éditions Monsieur Toussaint Louverture. Pour une première, c’est une réussite! Rohan O’Grady est une romancière canadienne ayant publié ce roman dans les années 60. C’est seulement maintenant qu’il apparait sur les tables de nos librairies françaises. L’écrivaine développe un univers délicieusement désuet. Nos deux têtes blondes, Barnaby et Christie, viennent perturber la vie paisible des habitants d’une île morne et sauvage. C’est peu dire puisqu’ils s’entendent comme chien et chat et font les quatre cent coups ensemble.

Plus les pages défilent et plus l’atmosphère devient pesante et inquiétante. D’abord bon enfant, le roman se fait rapidement plus sombre. A plusieurs reprises, le lecteur ressent un malaise, comprenant sans vraiment le vouloir certains sous-entendus grâce à une double lecture. La mort est omniprésente et plane sur tout ce petit monde tout comme la guerre dont le souvenir semble impérissable. La sauvegarde des animaux est chère aux yeux de Rohan O’Grady. En effet, elle introduit un cougar malmené et chassé par l’homme du nom révélateur d’Une Oreille. Des personnages hauts en couleur, de l’humour noir et des rebondissements sont au rendez-vous pour cette aventure jeunesse hors du commun.

J’ai beaucoup aimé ce roman jeunesse qui plaira également aux adultes. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont bien fait de proposer ce récit tellement méconnu aux lecteurs français. Je ne peux d’ailleurs que vous encourager à découvrir cette histoire sombre et lumineuse à la fois. Tout comme Watership Down parut chez le même éditeur, je ne suis pas prête d’oublier cette intrigue pour le moins étonnante et singulière.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • L’attrape-coeurs de J. D. Salinger
  • L’extraordinaire voyage de Sabrina de P. L. Travers
  • Watership Down de Richard Adams

Fanny

Bilan de mes lectures : JUIN 2019 ~ Lectures à venir : JUILLET 2019

L’été n’est pas forcémment la saison que je préfère mais j’avoue que la lecture au jardin me fait un bien fou. C’est aussi le moment de débuter une réflexion sur les bouquins à glisser dans sa valise pour les futures vacances. Plusieurs idées me traversent déjà l’esprit. En attendant, voici un beau bilan de lectures. J’ai fait de belles découvertes en juin. J’ai fait la connaissance des quatre épouses d’Ernest Hemingway, j’ai retrouvé de vieux amis dans la demeure de Sauveur, j’ai participé à une tentative d’élimination d’un oncle pour le moins horrible, j’ai été témoin de faits bien étranges à Bruncliffe et j’ai beaucoup appris sur Rosa Bonheur et les prémices du féminisme au XIXe siècle.

Nombre de livres lus : 5

Nombre de pages lues : 1906

       

   


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Mrs Hemingway de Naomi Wood, éd. Folio, 352 p.

Mrs Hemingway est un roman intéressant et bien vu. En effet, la romancière réussit à faire apparaitre Ernest Hemingway à travers les témoignages des quatre épouses de l’écrivain. Entre l’Europe et les États-Unis, les états d’âme des personnages nous sont dévoilés tout comme tout un pan de l’histoire contemporaine.

4/5

Sauveur & fils, Saison 2 de Marie-Aude Murail, éd. L’École des loisirs, 400 p.

Sauveur & fils est certes bourré d’humour, de bons mots, d’humanité et de compréhension mais il est aussi très réel. Les personnalités sont multiples tout comme les maux psychologiques. Le mal-être des petits mais aussi des grands est à la fois touchant et révoltant. Pas de coup de cœur mais une très bonne lecture.

4/5

Et c’est comme ça qu’on a décidé de tuer mon oncle de Rohan O’Grady, éd. Monsieur Toussaint Louverture, 304 p.

Ce roman canadien a tenu toutes ses promesses. L’ambiance est d’abord bon enfant pour s’assombrir petit à petit grâce à une double lecture, une intrigue pour le moins inquiétante et un méchant oncle calculateur. Une véritable aventure jeunesse mais pas que!

4,5/5

Les détectives du Yorkshire, Tome 2 : Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman, éd. Robert Laffont, 408 p.

Ce second tome est assez lent à démarrer, ce qui a provoqué un petit blocage. Après plusieurs mois, j’ai fini par reprendre ma lecture. L’atmosphère générale de cette petite ville d’Angleterre est agréable à retrouver. Je ne peux également que constater que je suis déjà très attachée aux personnages de cette saga.

3,5/5

Rosa Bonheur de Marie Borin, éd. Pygmalion, 442 p.

Rosa Bonheur m’était totalement inconnue il y a encore peu de temps. Marie Borin allie biographie de cette fameuse peintre animalière et étude historique sur les prémices du féminisme au XIXe siècle. Seul bémol, ce n’est parfois pas assez écrit pour moi tellement les citations sont présentes.

3,5/5

Lectures EN COURS

   

LECTURES PRÉVUES EN juillet

       

Très bon mois de juillet à tous!

Fanny

3 livres, 3 avis, 1 billet

Diaboliques de Cédric Meletta

La Seconde guerre mondiale est une période historique qui m’intéresse beaucoup. Je ne compte plus le nombre de documentaires, de séries ou de films que j’ai pu voir, ni le nombre de livres que j’ai pu parcourir sur le sujet. Ce dernier semble inépuisable et analysable sous de multiples aspects. Grâce à un travail de recherches poussé, Cédric Meletta nous dépeint sept portraits de femmes complétement oubliées ayant participé à des manœuvres aux conséquences plus ou moins graves entre petits arrangements, délations et collaborations actives. Malheureusement, ma lecture ne fut pas sans embuches. Trop de noms de personnes et trop de digressions m’ont empêchée de profiter pleinement de cet ouvrage. Je me suis souvent emmêlée les pinceaux et c’est bien dommage.

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Les détectives du Yorkshire, Tome 2 : Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

Quelle période idéale que le mois anglais pour se replonger avec délice dans des ouvrages so british. Chaque mois de juin de chaque année renouvelle ce plaisir. J’ai donc terminé tranquillement le second opus des Détectives du Yorkshire. Je l’avais commencé lors de sa sortie en 2018 sans jamais réussir à l’avancer et le finir. Le roman est assez lent à démarrer, ce qui a provoqué un petit blocage. Deux intrigues se croisent entre kidnapping d’un bélier et faits étranges dans la maison de retraite de Bruncliffe. L’atmosphère générale de cette petite ville d’Angleterre est agréable à retrouver surtout avec ce style très britannique et les touches d’humour. Pour ne rien gâcher, je ne peux que constater que je suis déjà très attachée aux personnages de cette saga. Je continuerais cette série de romans détente et j’espère que le passé entourant les deux héros va quelque peu se dévoiler.

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Sauveur & fils, Saison 2 de Marie-Aude Murail

La sortie poche de ce second opus a permis mes retrouvailles avec toute une bande de personnages très amicaux. Sauveur & fils est certes bourré d’humour, de bons mots, d’humanité et de compréhension mais c’est aussi la réalité de notre société qui nous est montrée. Les personnalités sont multiples tout comme les maux psychologiques. Le mal-être des petits mais aussi des grands est à la fois touchant et révoltant. La famille traditionnelle n’est plus le modèle unique, la question de la recomposition se pose inévitablement. Les dialogues sont à noter, on assiste régulièrement à de très beaux échanges où la parole finit par se libérer et devient salvatrice. Pas de coup de cœur mais ce roman reste une très bonne lecture. Je suis déjà impatiente de retrouver tout ce petit monde l’année prochaine lors de la sortie poche du troisième tome.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Les détectives du Yorkshire, Tome 1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman
  • Les jonquilles de Green Park de Jérôme Attal
  • Miss Charity de Marie-Aude Murail

Fanny

Mrs Hemingway de Naomi Wood

Résumé de l’éditeur : Ernest Hemingway était un homme à femmes. Mais il ne se contentait pas d’enchaîner les histoires. Ses maîtresses, il en a fait des Mrs Hemingway. Ainsi la généreuse Hadley Richardson a-t-elle été remplacée par la très mondaine Pauline Pfeiffer, et l’intrépide Martha Gellhorn par la dévouée Mary Welsh, au fil d’un scénario qui ne variait que de quelques lignes : la passion initiale, les fêtes, l’orgueil de hisser son couple sur le devant de la scène, puis les démons, les noires pensées dont chacune de ses femmes espérait le sauver. Naomi Wood se penche sur la figure d’un colosse aux pieds d’argile, et redonne la voix à celles qui ont sacrifié un peu d’elles-mêmes pour en ériger le mythe.

Est-il encore utile de présenter Ernest Hemingway ? Cet auteur mythique est une figure incontournable lorsqu’on parle de littérature américaine, de journalisme et de reportage. Naomi Wood s’attache à dévoiler les portraits des quatre femmes liées à Ernest par le mariage. Grâce à des va et vient entre passé et présent, chacune se souvient de sa première rencontre avec Ernest, de sa relation fusionnelle et des premiers signes d’une défaillance affective. Hadley, Pauline, Martha et Mary sont donc bien les héroïnes de ce roman. Force de caractère, passion et indépendance les animent. Le portrait d’Ernest Hemingway finit par se dessiner en filigrane. Le lecteur découvre un homme rongé par des accès de dépression, par l’alcoolisme et par un traumatisme lié à son père.

Ernest Hemingway ne cesse de vouloir se marier avec chacune des femmes rencontrées pour finir par les abonner pour une autre. Ce fait est à l’image de l’ambiguïté et des failles psychologiques du personnage. Le roman se déroule entre l’Europe et les États Unis. Les événements qui secouent le vieux continent pendant la première moitié du XXe siècle sont d’ailleurs explicités. C’est également l’occasion de rencontrer des personnalités hautes en couleur faisant les choux gras des tabloïds à commencer par Zelda et Francis Scott Fitzgerald ou encore Sara et Gerald Murphy. Mrs Hemingway est un roman plutôt bien écrit et construit qu’on prend plaisir à parcourir. C’est autant l’histoire de toutes ces femmes, d’Ernest Hemingway que d’une époque bien particulière.

Mrs Hemingway est un roman intéressant et bien vu. En effet, la romancière réussit à faire apparaitre Ernest Hemingway à travers les témoignages des quatre épouses de l’écrivain. Entre l’Europe et les États-Unis, les états d’âme des personnages nous sont dévoilés tout comme tout un pan de l’histoire contemporaine. De plus, cet ouvrage a le mérité de m’avoir donné envie d’aller plus loin dans ma découverte de Hadley, Pauline, Martha et Mary avec notamment Madame Hemingway et La troisième Hemingway de Paula McLain.

11694975_1578774289054555_2528089989659185866_nVous aimerez aussi découvrir :

  • Paris est une fête d’Ernest Hemingway
  • Z, Le roman de Zelda de Thérèse Ann Fowler
  • Zelda de Jacques Tournier

Fanny

La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt

Résumé de l’éditeur : S’il y a un élève du collège que Mme Baker, la prof d’anglais, ne peut pas voir en peinture, c’est bien lui, Holling Hoodhood. Chaque mercredi, alors que la moitié de la classe de cinquième est dispensée de cours pour se rendre à la synagogue, et que l’autre moitié va au cathéchisme à l’église de la paroisse, Holling Hoodhood, qui n’est ni juif ni catholique, est le seul et unique élève à rester en cours avec Mme Baker. Elle le lui fait payer. Cela fait plusieurs mercredis qu’il nettoie les tableaux, dépoussière les effaceurs, retire les toiles d’araignée, décrasse les fenêtres. Et voilà que Mme Baker s’est mis en tête de lui faire lire du Shakespeare ! Encore un stratagème pour le faire périr d’ennui.

En ce moment, je ressens comme une fringale de lecture jeunesse. J’ai besoin de retrouver des sensations d’enfance et des personnages aussi candides que clairvoyants. La guerre des mercredis est un roman américain publié pour la première fois en France en 2016. Nous rencontrons Holling, un jeune garçon énergique, réfléchi et observateur. Son année scolaire 1967-1968 se déroule sous nos yeux pendant un peu moins de 450 pages. Le récit est construit grâce à des rebondissements, des réflexions sur le monde qui entoure notre héros et un patronage éclatant en la personne de William Shakespeare (rien que ça!). L’humour n’est pas en reste et est très présent. Entre bons mots et situations cocasses, Gary D. Schmidt nous entraîne sans aucune difficulté avec lui.

A travers le regard de Holling se dévoile des thématiques pour le moins fortes et d’actualité. La différence, les variétés de confessions, le harcèlement scolaire sont autant de sujets abordés au cours du roman. C’est aussi un pan de l’histoire des États-Unis qui nous est donné à voir, celui de la guerre du Vietnam, du Flower Power ou encore de la candidature de Robert Kennedy à la présidence des États-Unis avant son assassinat. L’auteur démontre également le pouvoir de l’art, du théâtre et de la littérature comme méthode d’échappatoire et d’épanouissement malgré des préjugés tenaces. Notre jeune héros se forge une véritable famille au sein de son collège, ses parents étant pour le moins attentistes et obnubilés par leur carrière.

La guerre des mercredis est un roman jeunesse assez méconnu et peu mis en avant. Il vaut pourtant son pesant d’or. En effet, il s’agit d’un récit rafraîchissant mais non dénué de sens et d’une certaine profondeur. Je n’en ai pas encore fini avec les romans pour la jeunesse puisque Tobie Lolness de Timothée de Fombelle et le premier opus de Lady Helen d’Alison Goodman vont bientôt passer entre mes mains.

  • Broadway Limited, Tome 1 : Un dîner avec Cary Grant de Malika Ferdjoukh
  • How to stop time de Matt Haig
  • Vango, Tome 1 : Entre ciel et terre de Timothée de Fombelle

Fanny

Vanessa et Virginia de Susan Sellers

Résumé de l’éditeur : Dans la douceur d’un jardin anglais, deux jeunes filles s’éveillent au monde. Elles sont sœurs, fusionnelles mais rivales, toutes deux animées par l’art et le goût de la liberté. Vanessa veut être peintre, tandis que la fragile Virginia se destine à l’écriture. Virginia deviendra Virginia Woolf, une des plus grandes romancières du XXe siècle. Elle et Vanessa ne se quitteront jamais.

Depuis quelques années, je m’intéresse à la vie de Virginia Woolf et par extension à celle de son entourage. Objet de fascination et de supposition, elle ne cesse d’intéresser et d’intriguer. Susan Sullers nous propose une biographique romancée revêtue d’une vision singulière. En effet, Vanessa Stephen (future Vanessa Bell) en est la narratrice. Le lecteur  comprend très vite qu’elle s’adresse directement à sa sœur Virginia par le biais du tutoiement. L’ensemble prend finalement la forme d’une longue lettre où les souvenirs refont surface par petites touches à l’image d’une toile à recouvrir de peinture. La romancière développe ainsi un roman sensible, à fleur de peau et parfois mélancolique.

Se déroule sous nos yeux une enfance et une adolescence ponctuées par les disparitions (une mère, un père, une sœur, un frère). C’est également une compétition qui s’engage entre les deux sœurs à l’âge adulte. L’une peint tandis que l’autre écrit et connait très vite le succès. Elles entretiennent une relation complexe faite de connivence mais aussi de rivalité. Vanessa n’échappe pas à l’abattement et à la rancœur. Elle est d’ailleurs aussi passionnée que fragile. Fragilité qu’elle partage avec Virginia. La création, les moments de doutes et d’obsession nous sont donnés à voir. Susan Sellers ne contextualise pas. N’hésitez donc pas à vous renseigner sur le sujet avant de commencer votre lecture.

Susan Sellers donne la parole à Vanessa Bell, peintre anglaise et sœur de Virginia Woolf. Par petites touches et évocation d’anecdotes, le récit finit par former toute une vie. La romancière développe un roman sensible, à fleur de peau et parfois mélancolique. Les lecteurs n’étant pas au fait de la vie et de l’entourage des deux sœurs seront peut-être un peu perdus car aucune contextualisation n’est présente. Commençant à assez bien connaitre la vie de Vanessa, de Virginia et du Bloomsbury Group, je n’ai pas forcément appris beaucoup d’élément. Par contre, j’ai passé un joli moment de lecture.

  • Croquis d’une vie de bohème de Lesley Blanch
  • Je te dois tout le bonheur du monde de Carole d’Yvoire
  • Rebelles honorables de Jessica Mitford

Fanny

Bilan de mes lectures : MAI 2019 ~ Lectures à venir : JUIN 2019

Le joli mois de mai est déjà derrière nous. La nature se réveille tout comme les envies de lecture au jardin. L’aventure du Grand prix des lectrices Elle 2019 est terminée. Je suis ravie de retrouver mon rythme de lecture, mes livres et mes balades en librairie pour dénicher de futures pépites. Le mois dernier j’ai rencontré des personnages hors du commun et hors du temps, j’ai redécouvert l’effet salvateur de la nature, j’ai assisté à la folie d’un homme face à la mort, j’ai assisté aux dégâts de l’esclavage, j’ai suivi Vanessa et Virginia sur un bout de chemin, je me suis retrouvée sous le patronage de Shakespeare et j’ai passé un très beau moment aux cotés de Ruriko.

Nombre de livres lus : 7

Nombre de pages lues : 3060


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, éd. Folio, 600 p.

Je suis ravie d’avoir découvert ce roman malgré les circonstances et quelques longueurs. Petit à petit, je me suis passionnée pour l’histoire, les personnages et la plume impressionnante de Victor Hugo. Notre-Dame de Paris est un récit dense et sombre qu’il serait sûrement impossible d’écrire aujourd’hui.

4,5/5

Le bruissement des feuilles de Keren Viggers, éd. Les Escales, 432 p.

Ce nouveau roman possède une sensibilité à fleur de peau qui a su me toucher et m’émouvoir. Les personnages principaux m’ont tout de suite été sympathiques. Karen Viggers est une femme d’engagement. L’écologie, si chère à son cœur, est toujours au centre de l’intrigue de ses romans. Le bruissement des feuilles ne fait pas exception.

4,5/5

Simetièrre de Stephen King, éd. Le livre de poche, 636 p.

Simetièrre est le tout premier roman de Stephen King que je découvre. Ma lecture est une agréable surprise. La première partie nous intègre à la vie quotidienne des Creed et aux croyances indiennes. Le romancier prend son temps, détaille chaque évènement et discoure sur la mort. Ensuite, le ton change complètement vers plus de noirceur.

4,5/5

Les confessions de Frannie Langton de Sara Collins, éd. Belfond, 408 p.

Les confessions de Frannie Langton recèle des thématiques fortes, des sujets complexes et une plume agréable. Je me dois de mitiger quelque peu mon avis. En effet, Frannie doit faire face à une succession de drames assez impressionnante et peu crédible. Cependant, pour son premier roman, Sara Collins n’a pas choisi la facilité.

3/5

Vanessa et Virginia de Susan Sellers, éd. Autrement, 296 p.

Par petites touches, Susan Sellers donne la parole à Vanessa Bell. Cette dernière s’adresse à sa soeur, Virginia Woolf. La romancière développe un roman sensible, à fleur de peau et parfois mélancolique. Les lecteurs n’étant pas au fait de la vie et de l’entourage des deux sœurs seront peut-être un peu perdus car aucune contextualisation n’est présente.

4/5

La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt, éd. L’École des loisirs, 448 p.

J’ai beaucoup aimé ce roman jeunesse rafraichissant et parfois drôle. Les réflexions et observations du personnage principal sont pleines de sens. Pour ne rien gâcher, l’ensemble est placé sous le patronage de Shakespeare. Le contexte de l’année scolaire 1967-1968 en pleine guerre du Vietnam est également à noter.

4/5

Les tendres plaintes de Yôko Ogawa, éd. Babel, 240 p.

Je souhaitais découvrir un roman de littérature japonaise depuis quelque temps. J’ai croisé la route de ce livre totalement par hasard. J’ai eu la main heureuse car j’ai été charmée de bout en bout. Une plume douce et sensible, des personnages plus vrais que nature, une ambiance générale originale, de quoi passer un bon moment.

5/5

Lectures EN COURS

   

LECTURES PRÉVUES EN JUIN

       

   

Très bon mois de JUIN à tous!

Fanny

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Résumé de l’éditeur : « Il était là, grave, immobile, absorbé dans un regard et dans une pensée. Tout Paris était sous ses pieds, avec les mille flèches de ses édifices et son circulaire horizon de molles collines, avec son fleuve qui serpente sous ses ponts et son peuple qui ondule dans ses rues, avec le nuage de ses fumées, avec la chaîne montueuse de ses toits qui presse Notre-Dame de ses mailles redoublées. Mais dans toute cette ville, l’archidiacre ne regardait qu’un point du pavé :la place du Parvis ; dans toute cette foule, qu’une figure : la bohémienne. Il eût été difficile de dire de quelle nature était ce regard, et d’où venait la flamme qui en jaillissait. C’était un regard fixe, et pourtant plein de trouble et de tumulte. Et à l’immobilité profonde de tout son corps, à peine agité par intervalles d’un frisson machinal, comme un arbre au vent, à la roideur de ses coudes plus marbre que la rampe où ils s’appuyaient, à voir le sourire pétrifié qui contractait son visage, on eût dit qu’il n’y avait plus dans Claude Frollo que les yeux du vivant. »

Le terrible incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris m’a beaucoup remuée, autant par le fait lui-même que par la fracture qu’il a provoqué. J’ai souhaité proposer une lecture commune sur le forum Whoopsy Daisy, un hommage à l’échelle des amoureux de lecture et de littérature. Je n’avais jamais lu Victor Hugo avant d’ouvrir les pages de ce roman. Il s’agit donc d’une grande première. Malgré des débuts laborieux, je ressors finalement enthousiasmée de mes heures passées en compagnie de ce grand classique de la littérature française. L’auteur digresse énormément dans le premier tiers de son récit, une impression de longueur s’est imposée à moi. Ensuite, l’histoire se met parfaitement en place et ce ne fut que régal et plaisir.

Victor Hugo nous offre une vision du Moyen-Âge par un homme du début du XIXe. C’est assez fascinant mais aussi très intéressant à découvrir. Se déploie sous nos yeux un Paris à la fois violent, mystérieux, gothique et romantique. Une population hétéroclite grouille.  Le romancier dessine des personnages écorchés par la vie et aux sentiments contrariés de manière très expressive ainsi que détaillée. En effet, les portraits sont plus vrais que nature et pour le moins hors du commun. Sans surprise, l’écriture de Victor Hugo est exceptionnelle. J’aime particulièrement cette sensation de lire un roman qu’il serait impossible d’écrire aujourd’hui. La force des sentiments, de l’instinct, de l’humain, des lieux et des mots est très prégnante.

Je suis ravie d’avoir découvert ce roman malgré les circonstances. Petit à petit, je me suis passionnée pour l’histoire, les personnages et la plume impressionnante de Victor Hugo. Notre-Dame de Paris est un récit dense et sombre qu’il serait sûrement impossible d’écrire aujourd’hui. J’aimerai maintenant continuer mon incursion dans l’œuvre de Victor Hugo avec Les misérables ou encore L’homme qui rit

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Frenchman’s creek de Daphne du Maurier
  • La déchéance de Mrs Robinson de Kate Summerscale
  • La guerre et la paix de Léon Tolstoï

Fanny

Les confessions de Frannie Langton de Sara Collins

Résumé de l’éditeur : Esclave. Frannie Langton grandit à Paradise, dans une plantation de canne à sucre, où elle est le jouet de chacun : de sa maîtresse, qui se pique de lui apprendre à lire tout en la martyrisant, puis de son maître, qui la contraint à prendre part aux plus atroces expériences scientifiques… Domestique. À son arrivée à Londres, la jeune femme est offerte comme un vulgaire accessoire à George et Marguerite Benham, l’un des couples les plus raffinés d’Angleterre. Séductrice. Seule contre tous, Frannie trouve une alliée en Marguerite. Entre ces deux lectrices invétérées se noue un lien indéfectible. Une foudroyante passion. Une sulfureuse liaison. Meurtrière. Aujourd’hui, Frannie est accusée du double-meurtre des Benham. La foule se presse aux portes de la cour d’assises pour assister à son procès. Pourtant, de cette nuit tragique, elle ne garde aucun souvenir. Pour tenter de recouverer la mémoire, Frannie prend la plume… Victime ? Qui est vraiment Frannie Langton ?

Sara Collins signe un premier roman pour le moins audacieux et sombre. L’héroïne, Frannie Langton, nous conte son parcours entre la Jamaïque et Londres, entre l’esclavage et son jugement pour un double meurtre. Ses statuts successifs d’esclave, de domestique et de prostituée ne lui permettent jamais de gagner son affranchissement. Sa couleur de peau la condamne d’emblée à tous les maux. Pour preuve, son procès et sa conclusion semblent écrits d’avance. La romancière développe son roman autour de la suprématie blanche, de l’esclavagisme mais aussi des expériences réalisées sur des esclaves morts ou vifs.

Ce récit m’a agréablement surprise sur un point en particulier. En effet, j’ai été étonnée d’y trouver une relation lesbienne. Ce fut donc assez rafraichissant pour moi qui lis peu de roman mettant en scène ce type de personnage. Les protagonistes sont tous plus ambigus les uns que les autres, à commencer par notre héroïne Frannie. Une grande barrière nous empêche parfois de faire preuve de compréhension et d’attachement. La succession de drames, parfois un peu too much, n’est pas toujours très subtile. Finalement, beaucoup de questions restent en suspens. Sans être exceptionnelle, l’écriture de Sara Collins est agréable à parcourir.

Les confessions de Frannie Langton recèle des thématiques fortes, des sujets complexes et une plume agréable. Je me dois de mitiger quelque peu mon avis. En effet, Frannie doit faire face à une succession de drames assez impressionnante et peu crédible. Cependant, pour son premier roman, Sara Collins n’a pas choisi la facilité et reste une romancière à surveiller à l’avenir.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Belfond.

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  • Alex, fils d’esclave de Christel Mouchard
  • La déchéance de Mrs Robinson de Kate Summerscale
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Fanny