The Mitford murders de Jessica Fellowes

Résumé de l’éditeur : Christmas 1919. When Florence Nightingale’s goddaughter is murdered on a train, maid Louisa Cannon and eldest Mitford sister Nancy find themselves entangled in the crimes of a killer who will do anything to hide their secret… / Noël 1919. Lorsque la filleule de Florence Nightingale est assassinée dans un train, Louisa Cannon, une domestique, et Nancy, l’ainée des sœurs Mitford, se retrouvent enchevêtrées dans les crimes d’un meurtrier  prêt à tout pour cacher ses secrets…

Depuis plusieurs semaines et ma lecture de l’excellente biographie Ces extravagantes sœurs Mitford de Annick Le Floc’hmoan, je nourris une véritable curiosité concernant cette famille. Après avoir découvert le roman phare de Nancy (La poursuite de l’amour) et l’autobiographie de Jessica (Rebelles honorables), je continue mon exploration avec ce roman se déroulant en partie dans la propriété des Mitford. L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place. Jessica Fellowes prend comme point de départ un fait divers réel, celui de l’assassinat d’une infirmière dans un train le 12 janvier 1920. Tous les protagonistes nous sont présentés grâce à des chapitres propres à chacun. Dès les premières pages, nous sommes plongés juste après la Première Guerre mondiale au Royaume-Uni.

Une fois l’intrigue policière bien installée, Jessica Fellowes nous introduit dans la demeure type d’une famille aristocratique britannique à un détail près. En effet, les occupants d’Asthall Manor, c’est à dire les Mitford, sont un peu fantasques. Nous faisons plus particulièrement la connaissance de Nancy, l’ainée de la fratrie Mitford. Cette dernière n’hésite pas à prendre part à l’enquête policière en compagnie de Louisa, jeune domestique fraichement employée à Asthall. Les personnages sont attachants et intéressants à suivre. J’ai particulièrement aimé Guy Sullivan, membre de la police ferroviaire. Les traumatismes liés à la Première Guerre mondiale ont une place importante dans ce roman. Les anciens soldats sont détruits aussi bien physiquement que moralement.

J’ai beaucoup aimé ma lecture : aussi divertissante que prenante grâce à plusieurs points de vue, des personnages attachants, une enquête intéressante et une mise en avant des traumatismes de guerre. Le petit côté Charlotte et Thomas Pitt d’Anne Perry est très agréable! Pas de traduction française pour l’instant mais une autre enquête est déjà en cours de rédaction par Jessica Fellowes. Je suis impatiente de la découvrir!

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Dix petits nègres de Agatha Christie
  • La mort s’habille en crinoline de Jean-Christophe Duchon-Doris
  • Resurrection Row de Anne Perry

    Fanny

The making of Mollie de Anna Carey

Résumé de l’éditeur : Mollie Carberry’s life seems pretty dull until she discovers her older sister Phyllis is a suffragette! When she and her friend Nora get involved they must face the question of how far a girl should go for her beliefs. / La vie de Mollie Carberry semble assez ennuyeuse jusqu’à ce qu’elle découvre que sa grand sœur Phyllis est une suffragette!  Lorsque Mollie et son amie Nora s’implique, elles doivent faire face à la question de jusqu’où une fille devrait aller pour ses convictions.

L’Irlande est un pays qui m’intéresse beaucoup de par sa culture, son histoire houleuse et ses croyances. C’est pourtant le premier roman irlandais que je chronique sur le blog et j’en suis la première surprise. Cet ouvrage jeunesse m’a été conseillé sur le forum Whoopsy Daisy (encore et toujours ce lieu de tentations!). Anna Carey nous fait découvrir dans son roman épistolaire le Dublin du tout début du XXe siècle. Nous nous promenons dans les rues de cette ville avec beaucoup d’intérêt. Très vite, on se rend compte que les inégalités sociales mais aussi entre les deux sexes sont la norme. La société irlandaise ne semble pas prête à bouger de ses lignes. Cependant, le mouvement des suffragettes enfle de plus en plus.

Nous faisons la connaissance de Mollie, 14 ans, toute jeune dublinoise vivant dans une famille aisée. Mollie cherche d’abord un amusement et à casser la monotonie de son quotidien assez rigide. Cependant et au fil de ce roman d’apprentissage, elle va se découvrir une conscience politique. Elle ne comprend pas pourquoi son frère semble pouvoir faire ce que bon lui semble sans carcan. Son âme de féministe va ainsi se former. Suivant le modèle de sa sœur, elle va se découvrir une passion pour la lutte pour le droit de vote des femmes. Elle va s’engager auprès des suffragettes de Dublin sans s’imaginer les folles aventures qui l’attendent. Avec humour et clarté, Anna Carey passe un message fort aux plus jeunes mais aussi aux plus grands.

Ce roman est très utile pour ne pas oublier les engagements mais aussi les sacrifices de certaines femmes (mais aussi certains hommes) afin que tous acquièrent les mêmes droits civiques. Même si Mollie se laisse parfois emporter par son enthousiasme (très contagieux!), elle reste une jeune fille vive, ouverte et drôle. A lire! Le tome 2 est prévue pour le début du mois de mars sous le titre Mollie on the march.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Ces extravagantes sœurs Mitford d’Annick Le Floc’hmoan
  • Les filles de Brick Lane, Tome 1 : Ambre de Siobhan Curham
  • Suffragette avec Carey Mulligan, Helena Bonham Carter et Ben Wishaw  (2015)

    Fanny

Lady Rose and Mrs Memmary de Ruby Ferguson

Résumé de l’éditeur : Lady Rose Targenet, later created the Countess of Lochlule, marries Sir Hector, owner of the estate next to ‘Keepsfield’, the palatial Scottish mansion where she lives. But one day she meets someone on a park bench in Edinburgh… ‘It’s a little book about dreams and the hard world of money and position and their relations to one another. It’s also a love story and a love letter – to Scotland’ (Candia McWilliam). // Lady Rose Targenet, plus tard Comtesse de Lochlule, se marie à Sir Hector, propriétaire du domaine proche de Keepsfield, le magnifique hôtel particulier écossais où elle vit. Mais un jour, elle rencontre quelqu’un sur le banc d’un parc d’Édimbourg… « C’est un petit livre sur les rêves et sur le monde difficile fait d’argent et de position et les relations de l’un à l’autre. C’est aussi une histoire d’amour et une lettre d’amour à l’Écosse » (Candia McWilliam).

L’une de mes résolutions pour 2018 est de lire davantage en anglais. Cette première lecture de l’année est tout à fait dans cet optique et j’en suis ravie. Pour vous situer un peu, Lady Rose and Mrs Memmary est édité chez Persephone Books. Il s’agit d’une maison d’édition mais aussi d’une librairie londonienne qui met en avant des femmes écrivains parfois oubliées du XIXe et du XXe siècle. Ce roman est une très belle lecture. J’ai particulièrement apprécié la plume simple, douce et pleine de sensibilité de Ruby Ferguson. Cette dernière nous introduit d’abord dans la superbe demeure écossaise de Keepsfield où nous avons droit à une véritable visite guidée de celle-ci. Se déroule ensuite, sous forme de flashbacks, l’histoire d’une jeune fille, Lady Rose, qui a vécu ici il y a plusieurs décennies.

Nous apprenons à connaitre Rose au fil des étapes de sa longue vie. Un lien fort entre le lecteur et elle se noue. Nous découvrons notamment son éducation dans le plus propre respect des convenances et de l’histoire de l’Écosse (le souvenir de Mary Stuart est d’ailleurs religieusement entretenu). Un destin tout tracé lui est fortement suggéré qu’elle va d’abord suivre. Le roman débute sur un ton mondain et badin pour se terminer dans l’émotion. Le grand attachement de nos deux héroïnes à l’Écosse mais aussi à leur demeure est vraiment palpable et impressionnant. J’ai assez vite deviner le dénouement de l’histoire mais je n’ai pas pour autant boudé mon plaisir. J’ai refermé ce livre avec un sentiment de nostalgie et d’avoir vécu un moment hors du temps.

Je suis passée tout proche du coup de cœur avec cette lecture. Je n’oublierais surement pas Lady Rose and Mrs Memmary de sitôt. Le parcours de Rose est touchant et représentatif d’une certaine époque. Ce roman n’a malheureusement pas bénéficié d’une traduction à ce jour et c’est bien dommage. Cependant, le niveau d’anglais est très abordable.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Avec vue sur l’Arno d’E. M. Forster
  • La poursuite de l’amour de Nancy Mitford
  • Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Fanny