La coupure de Fiona Barton / Rentrée littéraire 2018

 

Résumé de l’éditeur : Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer. Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses. Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais. Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches. Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

L’aventure du Grand prix des lectrices Elle 2019 se poursuit avec beaucoup de belles surprises pour l’instant. Je vous propose aujourd’hui ce thriller psychologique de la sélection d’octobre. Comme le titre de ce roman l’indique, toute l’histoire démarre à partir d’un fait divers relayé par une coupure de presse. Cette dernière va bouleverser la vie de trois femmes, Emma, Angela et Kate, dont les voix portent ce nouvel ouvrage de Fiona Barton. Celui-ci possède de multiples facettes. En effet, c’est à la fois un roman policier mais aussi psychologique et sociologique grâce aux nombreux détails que la romancière apporte.

Fiona Barton pose la question du rôle de la presse dans une enquête policière et plus particulièrement de la légitimé des journalistes à réaliser des recherches officieuses. L’éthique est également interrogée. Que peut choisir de publier ou non le comité de rédaction d’un journal? Doit-il tout révéler? À quel prix pour les différents protagonistes? Les relations parents et enfants et plus particulièrement mères et enfants sont détaillées. Les chapitres courts maintiennent le lecteur en haleine et permettent de faire avancée l’intrigue à un rythme soutenue. Si je devais pinailler, le style de Fiana Barton n’est pas particulièrement marquant et l’ensemble manque un peu profondeur.

Ce roman m’a fait passer un bon moment de lecture. Fiona Barton a su me tenir en haleine jusqu’à la dernière page grâce, notamment, au portrait des trois femmes qu’elle nous propose de suivre. Les thématiques abordées tout comme l’intrigue en elle-même sont intéressantes. Je regrette simplement le manque de style et de profondeur de l’ensemble.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

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Fanny

La disparition d’Adèle Bedeau de Graeme Macrae Burnet / Rentrée littéraire 2018

Résumé de l’éditeur : L’évidence n’est pas toujours la vérité. Manfred Baumann est un solitaire. Timide, inadapté, secret, il passe ses soirées à boire seul, en observant Adèle Bedeau, la jolie serveuse du bar de cette petite ville alsacienne très ordinaire. Georges Gorski est un policier qui se confond avec la grisaille de la ville. S’il a eu de l’ambition, celle-ci s’est envolée il y a bien longtemps. Peut-être le jour où il a échoué à résoudre une de ses toutes premières enquêtes criminelles, qui depuis ne cesse de l’obséder. Lorsque Adèle disparaît, Baumann devient le principal suspect de Gorski. Un étrange jeu se met alors en place entre les deux hommes. Une affaire en apparence banale, des vies, une ville, qui le sont tout autant… Graeme Macrae Burnet nous démontre ici avec une incroyable virtuosité que la banalité n’existe pas : elle est la couverture de l’inattendu. À la façon des grands maîtres du noir, de Simenon à Chabrol, il transfigure avec un incroyable talent l’histoire de ses deux héros, paralysés par un passé mystérieux, dont la délivrance réserve bien des surprises.

Comme vous l’aurez sûrement remarqué, le polar n’est pas très présent sur le blog. Et pour cause, c’est un genre littéraire que j’explore assez peu. Le Grand prix des lectrices Elle 2019 me donne donc l’occasion de le découvrir davantage. Ce roman d’un auteur écossais prend place en Alsace, c’est déjà suffisamment improbable pour éveiller ma curiosité. Saint-Louis est une commune moyenne et morne comme il en existe des milliers en France. L’atmosphère de ces endroits est assez bien retranscrite entre les bars, les petites boutiques, les quartiers résidentiels et les racontars. Les jours de ces années 80 semblent s’écouler lentement, tous identiques.

Le rythme est plutôt lent. Graeme Macrae Burnet prend son temps et nous détaille le passé obscur des deux protagonistes principaux. D’un coté, Gorski, un inspecteur freiné et hanté par une affaire de ses débuts. De l’autre, Manfred, un homme au lourd passé et à l’imagination débordante mais surtout adepte de petits mensonges qui vont vite lui jouer des tours. Je n’ai pas ressenti de grosse surprise avec cette intrigue. La chute est saisissante mais également assez prévisible. Ce roman est clairement un hommage à Simenon et à son célèbre héros Maigret ainsi qu’au cinéma de Claude Chabrol. Dès la préface, le ton est donné.

Je n’ai pas été surprise par les différentes révélations et la chute. Par contre, ce roman aux personnages intrigants, à l’atmosphère soignée et au contexte général réaliste m’a tout de même fait passer un bon moment de lecture. L’ambiance à l’ancienne des années 80 y est excellente. Je surveillerais sûrement les prochaines parutions de Graeme Macrae Burnet.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

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Fanny

Castle Dor de Daphne du Maurier

Résumé de l’éditeur : Both a spellbinding love story and a superb evocation of Cornwall’s mythic past, Castle Dor is a book with unique and fascinating origins. It began life as the unfinished last novel of Sir Arthur Quiller-Couch, the celebrated ‘Q’, and was passed by his daughter to Daphne du Maurier whose storytelling skills were perfectly suited to the task of completing the old master’s tale. The result is this magical, compelling recreation of the legend of Tristan and Iseult, transplanted in time to the Cornwall of the last century. A chance encounter between the Breton onion-seller, Amyot Trestane, and the newly-wed Linnet Lewarne launches their tragic story, taking them in the fateful footsteps of the doomed lovers of Cornish legend…

Castle Dor est sûrement l’un des romans les plus méconnus de Daphne du Maurier. Je me suis lancée dans cette lecture sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Vous allez vite comprendre que mon avis est en demi-teinte et dénué d’un enthousiasme débordant. En effet, Castle Dor est un récit assez inégal. L’histoire débute lentement avec une première partie, surement celle rédigée par Sir Arthur Quiller-Couch, plutôt ardue que ce soit au niveau de la langue que de l’histoire en elle-même. Daphne du Maurier prend la suite et nous apporte une lecture plus fluide, quelques rebondissements bienvenus et une atmosphère particulière comme elle sait si bien les construire.

Les personnages sont assez insaisissables et semblent parfois assez éloignés du lecteur. Les deux héros, Linnett et Amyot, ainsi que les enfants Bosanko m’ont tout de même beaucoup plu. Une tension se met doucement en place grâce à des coïncidences, des mystères et des révélations. J’ai été heureuse de retrouver le style de Daphne du Maurier. Elle nous propose de belles descriptions de la Cornouailles et prend plaisir à envelopper son histoire d’une aura mythique. La légende de Tristan et Iseut m’était totalement inconnu avant la lecture de ce livre, cette réécriture aura donc eu le mérite de me la faire découvrir.

Mon avis n’est pas des plus passionnés. La première partie de Castle Dor fut trop longue à mon goût, la seconde vient rehausser l’ensemble par des rebondissements et des révélations intéressantes. Malgré quelques bémols, je suis tout de même heureuse d’avoir découvert ce roman parmi la bibliographie de Daphne du Maurier que je souhaite découvrir dans son intégralité.

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Fanny

[Traduction personnelle du résumé anglais : A la fois une envoutante histoire d’amour et une superbe évocation du passé mythique de la Cornouailles, Castle Dor est un livre avec une origine unique et fascinante. Il commence son existence comme dernier roman inachevé de Sir Arthur Quiller-Couch, le célèbe « Q », et fut transmis par sa fille à Daphne du Maurier dont les compétences narratives convenaient parfaitement pour compléter l’histoire du vieux maître. Le résultat est cette magique et irrésistible réécriture de la légende de Tristan et Iseut, transplantée dans la Cornouailles du siècle dernier. Une rencontre fortuite entre un vendeur d’oignons breton, Amyot Trestane, et la jeune mariée, Linnet Lewarne, ouvre leur histoire tragique, les emportant sur les pas tragiques de l’amour impossible de la légende cornouaillaise.]

Un manoir en Cornouailles d’Eve Chase

Résumé de l’éditeur : Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais. Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ? Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l’amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.

La promesse d’un roman aux secrets de famille bien gardés est toujours tentante. Un manoir en Cornouailles nous propose de retracer les liens unissant deux familles sur deux époques différentes. Lorna nourrit des doutes concernant ses racines et son enfance. Petit-à-petit, elle va démêler le vrai du faux pour finalement découvrir la vérité et pouvoir aller de l’avant. En parallèle, nous suivons l’existence de la fratrie Alton dans leur manoir de Pencraw pendant les années 60. Leur enfance ne se passe pas sans mal. En effet, le bonheur et l’insouciance sont vite balayés par une succession de drames. Sans grande surprise, c’est cette seconde histoire qui m’a le plus touchée.

Ce roman est plutôt agréable à parcourir. L’écriture d’Eve Chase est correcte. Malheureusement, Un manoir en Cornouailles souffre de quelques bémols à mon sens. L’ensemble manque d’une ambiance et d’une atmosphère singulières. La Cornouailles, ses paysages magnifiques, ses traditions et ses croyances sont très peu décrits. Il en va de même concernant le contexte très riche de la fin des années 60 au Royaume-Uni si peu détaillé. L’histoire aurait bien pu se dérouler dans la première moitié du XXe siècle que je n’aurais vu aucune différence. Tous ces élèments auraient pu apporter un peu de relief et de caractère à ce récit.

Il s’agit d’un roman sympathique sur le moment mais qui, malheureusement, ne me laissera pas un souvenir impérissable. Je ressors donc de cette lecture avec un sentiment mitigé. En effet, les bémols cités plus hauts m’ont cruellement manqué et n’ont pas servi cette histoire pourtant pleine de promesses. Je retiendrais tout de même la fratrie Alton formées de personnages attachants.

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Fanny

Croquis d’une vie de bohème de Lesley Blanch

Résumé de l’éditeur : En 1944, Lesley Blanch, issue d’une famille bourgeoise londonienne, épousa Romain Gary, qui ferait d’elle l’héroïne de Lady L. Cette aventurière spirituelle était alors illustratrice, décoratrice de théâtre et chroniqueuse pour l’édition britannique de Vogue. La carrière diplomatique de son mari la mena à Paris, Sofia, New York, en Bolivie et, enfin, à Hollywood, où elle côtoya quantité de stars. Quand Gary la quitta pour Jean Seberg, elle partit, en solitaire cette fois, visiter les pays dont elle rêvait : la Sibérie, la Mongolie, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan… Rien d’étonnant à ce que Georgia de Chamberet, sa filleule, l’ait incitée à rédiger ses Mémoires : aux souvenirs d’enfance de cette femme devenue une légende de son vivant s’ajoutent ici ses meilleurs articles de mode et de voyage, des dessins ainsi qu’un récit très personnel sur sa vie avec Romain Gary.

Connue pour avoir été la première épouse de Romain Gary, Lesley Blanch dévoile les multiples autres facettes de sa personnalité dans cette autobiographie. Cette dernière regroupe un joyeux mélange de dessins et d’articles d’époque réalisés par cette femme de lettres et cette aventurière dans l’âme. Au fur et à mesure de notre avancée dans ces souvenirs, l’émotion est de plus en plus palpable. Lesley Blanch nous confie ses joies et ses déboires. Une certaine nostalgie est également discernable lorsqu’elle évoque ses vieux amis mais aussi une certaine façon plus lente de voyager à l’ancienne. C’est beau, bien écrit et parfois drôle.

« Je suis la seule a être vivante aujourd’hui et je me rappelle ces jours heureux avec tendresse, les larmes aux yeux. » p. 307

Un passage assez long concerne les quelques 18 années qu’elle passe aux côtés de Romain Gary. Le lecteur le découvre dans son intimité, ses petites manies et son talent monstre. Lesley Blanch nous partage sa passion pour les voyages qui l’ont toujours fait vibrer. Elle nourrit une véritable fascination pour l’Orient. Son amour pour la Russie, sa culture et sa littérature est contagieuse. De quoi donner envie de découvrir tous les grands auteurs russes qu’elle cite. Il s’agit d’une personne moderne. En effet, elle a profité de la vague de changements sociétaux de la première moitié du XXe siècle envers les femmes pour s’émanciper et trouver une autonomie financière.

Lesley Blanch est un modèle inspirant tout comme l’est Jessica Mitford pour moi. Bien trop méconnue, elle mérite d’être davantage mise en avant. Je ne peux donc que vous conseiller de lire cette autobiographie aussi instructive qu’éclairante. Quel destin, quelle érudition et quelle modernité!

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions de la Table ronde.

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Fanny

Les jours de ton absence de Rosie Walsh

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Résumé de l’éditeur : Lorsque Sarah rencontre Eddie, son monde bascule. Ils sont faits l’un pour l’autre, elle en est certaine. Les jours qu’ils passent ensemble ressemblent à un rêve et Sarah a le sentiment que sa vie débute enfin. Quand Eddie, également fou amoureux, part à contrecœur pour un voyage prévu de longue date, tous deux se quittent en sachant qu’ils se reverront très vite. Pourtant, quelques jours plus tard, Eddie n’a toujours pas donné de signe de vie. Le portable de Sarah reste désespérément muet. Refusant d’écouter ses amis qui lui conseillent de passer à autre chose, Sarah met tout en œuvre pour comprendre la raison de ce silence. Elle ne sait pas encore que l’explication qui se dessine peu à peu la bouleversera au plus profond de son être. Une chose qu’elle ne peut maîtriser les sépare irrémédiablement, la seule qu’ils n’ont pas partagée : la vérité.

Je ne lis que très peu de roman anglais contemporain, Les jours de ton absence a donc fait exception. Les premières pages sont principalement basées sur une romance déjà avancée et somme toute bien classique :  un coup de foudre instantané et une semaine de rêve auprès de l’âme sœur. Cette première partie, entrecoupée de flashbacks, est assez maladroite à mon sens car pas très bien amenée. J’ai notamment mis beaucoup de temps à comprendre les liens qu’entretiennent les personnages entre-eux. L’intrigue se met doucement en place mais on distingue assez vite que le dénouement ne se fera pas sans peine.

Je me suis accrochée et j’ai bien fait. Effet, la suite du roman gagne en profondeur et en intérêt. Un certain suspens est présent et m’a fait tourner les pages à un rythme soutenu. Rebondissements, révélations, secrets de famille et drames sont au rendez-vous. Des thématiques difficiles sont également abordées. Eddie est le protagoniste auquel je me suis le plus attachée. Il a su piquer ma curiosité, j’ai également eu l’impression de le cerner et de le comprendre. Il est bien décrit et crédible. Les personnages secondaires ont une grande place dans le récit. Certains élèments sont assez prévisibles mais je suis heureuse de constater que j’ai fini pas ne pas boudé mon plaisir.

Malgré des premières pages un peu poussives, j’ai fini par apprécié ce roman. Une certaine tension et un suspens s’installent petit à petit. Certains élèments sont prévisibles mais j’avoue avoir pris plaisir à découvrir les histoires familiales qui gravitent autour de Sarah et d’Eddie. Ce dernier a particulièrement attirer mon attention, un personnage très intéressant.

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    Fanny

Scoop d’Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : William Boot, chroniqueur pour la rubrique « Faune et flore » d’un journal britannique, est un jeune homme avide de culture mais menant une vie modeste, loin du tumulte londonien. Le jour où le rédacteur en chef du Daily Beast l’envoie à l’étranger en tant qu’envoyé spécial, tout bascule pour lui… William est dépêché en Ismaël, un État fictif d’Afrique orientale où une guerre civile serait sur le point d’éclater. Mais à Jacksonburg, la capitale, nulle trace de révolte, ni même d’opposition : seulement une nuée de journalistes étrangers venus guetter les soubresauts inexistants de l’actualité ismaëlienne.

Après mon excellente lecture de Retour à Brideshead et celle plus mitigée d’Une poignée de cendres, j’ai souhaité continuer ma découverte de l’œuvre d’Evelyn Waugh. Scoop est un roman satirique inspiré de l’expérience de l’auteur comme reporter au Daily Mail dans les années 30. L’action se déroule entre l’Angleterre et Ismaël, un pays imaginaire. Il tourne ici en dérision et égratigne la profession de journaliste. Le système de la presse écrite, ses magouilles et ses fausses informations pour faire vendre sont moqués. Le nom du groupe de presse Megalopolis donne d’ailleurs le ton. L’absurdité des guerres et de mille petits détails est très présente également.

Comme souvent chez Evleyn Waugh, les personnages ne sont pas épargnés. William Boot est un anti-héros. Il se retrouve embarquer bien malgré lui par le biais d’un quiproquo dans une aventure improbable très loin d’être faite pour lui. La majorité du temps, il se fait manipuler et mener en bateau sans opposer de force de caractère. Il ne rêve que d’une chose : retrouver sa vie tranquille dans sa grande demeure à la campagne. C’est l’occasion pour l’auteur d’ironiser sur l’aristocratie britannique en mentionnant son déclin, grande thématique présente dans beaucoup de ses œuvres. La fin adoucit les choses et n’est pas aussi cruelle qu’on aurait pu s’y attendre.

Ce troisième roman lu d’Evelyn Waugh m’a beaucoup plu. Le ton incisif de l’auteur, l’humour par l’absurde et la satire du système de la presse écrite des années 30 sont à découvrir. Me reste dans ma pile à lire Le cher disparu et Hommes en armes que j’espère découvrir prochainement.

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Fanny

Les détectives du Yorkshire, Tome 1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman

Résumé de l’éditeur : Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne ! Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Le mois anglais continue, je vous présente donc un nouveau roman lu pour cet évènement. Ce premier tome d’une nouvelle série de cozy mysteries m’a beaucoup plu. Il remplit tout à fait son objectif en nous proposant une lecture plaisante et agréable. Comme toute bonne histoire de ce genre, nous retrouvons ici à par égale la vie d’une petite ville de campagne, le parcours de personnages hauts en couleur et une intrigue policière. Julia Chapman nous emmène dans le Yorkshire afin d’élucider une série de meurtres sans lien à première vue. A noter, l’humour qui jalonne le récit. Quelques scènes sont d’anthologie et m’ont beaucoup fait rire, notamment au sein de la maison de retraite de Bruncliffe.

Samson et Delilah sont deux héros auxquels je me suis très facilement attachée. Nous rencontrons deux personnages dont le passé nous est dévoilé petit à petit. Delilah possède un franc parler décapant. Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Ils sont très présents et vivants. Je ne peux oublier de parler de Calimero, le chien de Delilah tellement mignon. Comme dans toutes petites bourgades qui se respectent les rivalités, les rumeurs et les curiosités sont au rendez-vous. L’intrigue policière ne brille pas forcémment par son originalité mais je dois avouer que j’ai éprouvé une certaine affection pour ce roman dans son intégralité.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce premier tome. Je ne retiendrais pas forcémment l’enquête mais plutôt les personnages pour lesquels je ressens déjà beaucoup d’attachement. Je lirais surement la suite dans quelques temps. Je suis heureuse à l’idée de retrouver Samson et Delilah et d’en découvrir davantage à leur propos.

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Northanger Abbey de Jane Austen

Résumé de l’éditeur : Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

Plusieurs années sans lire un seul Jane Austen, quelle erreur! Northanger Abbey dormait paisiblement dans ma pile à lire depuis trois ans. En l’en sortant, j’étais certaine qu’il me plairait beaucoup connaissant déjà l’histoire par l’adaptation de 2007. Je ne me suis pas trompée, ma lecture fut un régal. J’avais presque oublié à quel point le style de Jane Austen pouvait être incisif et mordant mais non dénué d’humour. Elle ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à émettre son avis et à tourner en dérision bien des éléments de son époque. Jane Austen rend aussi un hommage à la littérature et plus particulièrement au roman ainsi qu’à l’imagination. Il s’agit d’une histoire presque en avance sur son temps mettant en scène une héroïne terriblement moderne.

Les personnages sont bien décrits et vivants. Certains sont plus caricaturés que d’autres. John Thorpe est tout simplement assommant à ne discuter que de chevaux sans arrêt. Il ne fait clairement pas le poids face à Henry Tilney, au caractère tempérer et réfléchi. Isabelle Thorpe est, quant à elle, assez pressante avec Catherine. Cette dernière va d’ailleurs apprendre à ses dépends que derrière les faux-semblants peut se dissimuler une vraie nature toute autre. Jane Austen nous introduit ici à Bath, haut lieu de villégiature pour toute la bonne société anglaise. Nous sommes introduits dans les rooms où les jeunes gens se rencontrent. Ce sont des lieux de distraction mais aussi de parade et de recherche de bons partis pour ses enfants.

Une héroïne attachante, une histoire moderne et une plume mordante, de quoi passer un très bon moment. J’ai également apprécié mon introduction dans les rooms de Bath du XIXe siècle. Je suis ravie d’avoir retrouvé Jane Austen et j’espère ne pas m’arrêter là car il me reste encore à lire Raison et sentiments concernant les romans majeurs de l’auteur.

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On Chesil Beach de Ian McEwan

Résumé de l’éditeur : It is July 1962. Edward and Florence, young innocents married that morning, arrive at a hotel on the Dorset coast. At dinner in their rooms they struggle to suppress their private fears of the wedding night to come… / [traduction personnelle] C’est l’été 1962. Edward et Florence, jeunes mariés innocents du matin même, arrivent à leur hôtel sur la côte du Dorset. Lors du dîner dans leur chambre, ils s’efforcent de réprimer leurs craintes secrètes de la nuit de noce à venir.

Ce roman est le tout premier que je lis de Ian Mc Ewan. Quelle belle surprise! En un peu plus de 150 pages, l’auteur déroule une histoire qui peut paraître banale de prime abord mais qui finit par receler bien des complexités. Le tête à tête de la nuit de noce de nos deux héros devient le moment où la réalité refait brutalement surface pour balayer les idéaux et les attentes. Ces derniers ne sont pas toujours au rendez-vous tout comme la personne avec qui nous sommes censés passer le reste de nos jours. Le contexte des années 60 fait régulièrement son apparition et explique en partie le blocage de ce tout récent mariage. Nous sommes avant la libération sexuelle dans une Angleterre qui a bien du mal à se détacher de ses convenances dépassées et obsolètes.

Ian McEwan fait tout autant preuve de sensibilité que de réalisme dans ses descriptions. Je suis passée par tout un panel d’émotions. Il est virtuose dans l’art de dépeindre la fébrilité, les incompréhensions, les maladresses, les peurs face à la sexualité mais aussi les attentes de Florence et d’Edward. Ces deux personnages sont très beaux et décrits d’une bien belle manière. Les différents points de vue nous permettent de cerner la situation au mieux sans jamais prendre partie pour l’un ou l’autre. Chacun a fini par attirer mon attention et ma sympathie. Edward m’a d’ailleurs particulièrement touchée dans les poignantes et saisissantes dernières pages.

Je suis ressortie bouleversée de cette lecture intense. Il s’agit surement d’une de mes plus belles lectures de 2018. Rien que ça! Après ce coup de cœur, je n’ai qu’une envie : dénicher un autre roman de Ian McEwan. J’attends également avec impatience de pouvoir voir l’adaptation avec Saoirse Ronan, une actrice que j’admire particulièrement.

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