Les tendres plaintes de Yōko Ogawa

Résumé de l’éditeur : Ruriko est calligraphe. Fuyant la brûlure des infidélités de son mari, elle part s’installer seule en pleine montagne, dans le chalet de ses parents. Elle rencontre Nitta, pianiste reconverti dans la fabrication de clavecins. L’histoire simple, intense et profonde d’une femme en crise entre deux amours, entre deux vies. Sur l’indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives, un roman riche en mystère où s’épanouit tout l’art d’Ogawa.

Depuis quelques mois, je cherche à découvrir la culture japonaise. Beaux livres, mangas, documentaires, films d’animation, tout y passe. Tout, sauf le roman que je n’avais encore jamais tenté. Lors d’une visite impromptue en librairie, je suis tombée complétement par hasard sur ce livre. Après lecture de la quatrième de couverture, je n’ai pas réfléchi longtemps avant de le glisser dans mon panier. Grand bien m’en a pris puisque je me suis régalée de bout en bout. Les tendres plaintes est un livre sur la remise en question et sur la façon de rebondir dans une vie parfois décevante. Yōko Ogawa nous propose une histoire tout en nuance, subtile et à fleur de peau.

La romancière possède une plume d’une grande sensibilité faite de phrases brèves. Les personnages franchement amochés par la vie nous apparaissent auréolés d’une certaine sérénité et d’une résilience à toute épreuve. La nature, le silence, l’éloignement de la civilisation est au centre de l’intrigue. Cette atmosphère montagneuse salvatrice répare les corps et les esprits malmenés. C’est aussi un Japon traditionnel qui nous est donné à voir. En effet, l’héroïne est calligraphie et ses voisins confectionnent des clavecins à l’effet étonant. La déférence et le respect à la japonaise sont également palpables. Autant d’élèments qui permettent un dépaysement littéraire.

Vous l’aurez compris, c’est un joli coup de cœur pour cette première incursion en littérature japonaise. L’atmosphère, les personnages, la culture japonaise m’ont fascinée. J’aime cette idée de la nature réparatrice et de l’isolement pour mieux se retrouver et rebondir. Je suis preneuse de tous vos conseils de romans japonais. J’espère réitérer l’expérience bientôt.

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Fanny

Brooklyn Follies de Paul Auster

Résumé de l’éditeur : Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d’assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l’empêche pas d’aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d’écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu’il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l’an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C’est ensemble qu’ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d’une vie meilleure à l’hôtel Existence…

Paul Auster est mon auteur favori depuis l’adolescence. Chacun de ses ouvrages a laissé en moi une empreinte indélébile. Il y a des auteurs comme ça qui vous saisissent à chaque fois. Veuillez donc m’excuser si les propos qui suivent ne sont pas très clair! J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire et à bien cerner la situation. Une fois le récit bien mis en place, quel régal! Comme souvent, Paul Auster nous entraine ici dans un univers particulier fait de situations où le hasard et les coïncidences tiennent une grande place. Il nous présente également des personnages forts et hauts en couleur avec une humanité hors norme qu’il instille en eux et qu’il nous transmet.

Grâce à sa plume inimitable aussi efficace que profonde, Paul Auster déroule un récit réaliste à l’américaine. Le contexte historique est en toile de fond sauf à la toute fin où une vraie cassure dans l’histoire américaine contemporaine se produit. L’auteur développe la jolie idée de « l’hôtel existence » comme un lieu intérieur pour trouver refuge et apaisement. D’ailleurs, je crois que j’y penserais dès que j’aurais besoin de me ressourcer quelques secondes.  Son amour pour son quartier fétiche où il vit transparait à travers ces pages. C’est une véritable petite ville dans la grande où la mixité sociale est présente et où tout le monde peut trouver sa place.

Je suis tellement heureuse d’avoir retrouvé mon auteur favori. Après quelques pages, je suis totalement entrée dans l’histoire. Les personnages, leurs parcours avant et pendant l’intrigue m’ont beaucoup émue. A travers ces lignes, on ressent toute l’humanité de Paul Auster mais aussi son amour pour son quartier, Brooklyn.

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Fanny

Chronique d’hiver de Paul Auster

9782330034399Résumé de l’éditeur : À travers cette Chronique d’hiver plus proche de l’autoportrait ou du journal que du récit autobiographique classique, Paul Auster propose une méditation sur la fuite du temps et invite le lecteur à partager l’aventure de l’existence telle qu’il l’a vécue, en homme comme en écrivain, au fil des sensations, des émotions, des rencontres et des lieux ayant marqué son itinéraire personnel. De cet homme-cicatrice dont le corps exulte ou somatise, de ce fils hanté par la mort prématurée de son père et tourmenté par le destin chaotique de sa mère, de l’heureux citoyen de Brooklyn, époux et père aujourd’hui comblé, de cet héritier d’une lointaine Europe, amateur de baseball, fumeur invétéré et romancier fécond, de cet homme, enfin, qui souffre de ne pouvoir ou de ne savoir pleurer, le lecteur entendra ici le “grain de la voix” surgissant du savant puzzle où se déconstruit toute représentation univoque du moi afin que se produise, sous le signe d’une humanité partagée, la plus loyale des rencontres.

Il s’agit d’une autobiographie rédigée d’une traite sans aucun chapitre. Je suis une grande admiratrice de Paul Auster. Il fait partie de mes auteurs préférés (avec Daphné du Maurier). Il a bercé toute mon adolescence où j’ai cultivé une vraie fascination pour ses romans. Je ne l’avais plus lu depuis au moins 6 ans. Une de mes résolutions de 2015 était donc de me replonger dans une de ses histoires. Voilà qui est chose faite! J’ai eu quelques appréhensions et de grands espoirs pour que la magie opère. Et ça a été le cas! Dès les premières pages j’ai été happée par cette vie faite de questionnements, de hauts et de bas.

L’auteur nous dévoile toute son intimité. Il ne cache rien à son lecteur. Il passe en revue son enfance, son adolescence, sa sexualité, ses mariages, les logements qu’il a habité et j’en passe. Le tout sans ordre chronologique. Paul Auster donne l’impression d’un mélange de spontanéité dans la manière d’écrire et d’aborder les sujets sans fil conducteur mais aussi de grande maitrise dans les mots choisis. La mort est très présente. On dit souvent que la mort fait partie de la vie et je crois que c’est ce que retient Paul Auster. C’est très intéressant d’en découvrir plus sur son auteur fétiche. Je suis certaine que ce livre va jeter une lumière bien différente aux romans que je lirais ensuite.

La narration peut surprendre mais tient du génie à mon sens. Il utilise la deuxième personne du singulier. Il se parle à lui-même et se juge avec bienveillance mais aussi une pointe de remord parfois. Il se met ainsi au-dessus du fil de sa vie ce qui lui permet de faire le point et constater ce qui a été réalisé. J’ai parfois été étonnée par sa mémoire indéfectible concernant de tous petits détails de certains souvenirs. Il en a vécu des choses notre Paul Auster et pas toujours très drôles…! En tout cas, cette autobiographie ne fait que confirmer sa place dans ma vie. Je me suis souvent reconnue dans ses goûts et ses manières de pensée. Voilà qui fait un drôle d’effet!

Je ne suis surement pas totalement objective puisque Paul Auster tient un place très particulière dans ma vie de lectrice. Il signe là un superbe livre en toute humilité et sans aucune pointe de narcissisme. Chacun de ses livres est une véritable expérience. Il ne cesse de prendre des risques et de s’aventurer hors de ses sentiers battus. J’ai maintenant hâte de me laisser prendre par la main une nouvelle fois et de plonger dans une autre histoire.

Fanny