Chronique d’hiver de Paul Auster

9782330034399Résumé de l’éditeur : À travers cette Chronique d’hiver plus proche de l’autoportrait ou du journal que du récit autobiographique classique, Paul Auster propose une méditation sur la fuite du temps et invite le lecteur à partager l’aventure de l’existence telle qu’il l’a vécue, en homme comme en écrivain, au fil des sensations, des émotions, des rencontres et des lieux ayant marqué son itinéraire personnel. De cet homme-cicatrice dont le corps exulte ou somatise, de ce fils hanté par la mort prématurée de son père et tourmenté par le destin chaotique de sa mère, de l’heureux citoyen de Brooklyn, époux et père aujourd’hui comblé, de cet héritier d’une lointaine Europe, amateur de baseball, fumeur invétéré et romancier fécond, de cet homme, enfin, qui souffre de ne pouvoir ou de ne savoir pleurer, le lecteur entendra ici le “grain de la voix” surgissant du savant puzzle où se déconstruit toute représentation univoque du moi afin que se produise, sous le signe d’une humanité partagée, la plus loyale des rencontres.

Il s’agit d’une autobiographie rédigée d’une traite sans aucun chapitre. Je suis une grande admiratrice de Paul Auster. Il fait partie de mes auteurs préférés (avec Daphné du Maurier). Il a bercé toute mon adolescence où j’ai cultivé une vraie fascination pour ses romans. Je ne l’avais plus lu depuis au moins 6 ans. Une de mes résolutions de 2015 était donc de me replonger dans une de ses histoires. Voilà qui est chose faite! J’ai eu quelques appréhensions et de grands espoirs pour que la magie opère. Et ça a été le cas! Dès les premières pages j’ai été happée par cette vie faite de questionnements, de hauts et de bas.

L’auteur nous dévoile toute son intimité. Il ne cache rien à son lecteur. Il passe en revue son enfance, son adolescence, sa sexualité, ses mariages, les logements qu’il a habité et j’en passe. Le tout sans ordre chronologique. Paul Auster donne l’impression d’un mélange de spontanéité dans la manière d’écrire et d’aborder les sujets sans fil conducteur mais aussi de grande maitrise dans les mots choisis. La mort est très présente. On dit souvent que la mort fait partie de la vie et je crois que c’est ce que retient Paul Auster. C’est très intéressant d’en découvrir plus sur son auteur fétiche. Je suis certaine que ce livre va jeter une lumière bien différente aux romans que je lirais ensuite.

La narration peut surprendre mais tient du génie à mon sens. Il utilise la deuxième personne du singulier. Il se parle à lui-même et se juge avec bienveillance mais aussi une pointe de remord parfois. Il se met ainsi au-dessus du fil de sa vie ce qui lui permet de faire le point et constater ce qui a été réalisé. J’ai parfois été étonnée par sa mémoire indéfectible concernant de tous petits détails de certains souvenirs. Il en a vécu des choses notre Paul Auster et pas toujours très drôles…! En tout cas, cette autobiographie ne fait que confirmer sa place dans ma vie. Je me suis souvent reconnue dans ses goûts et ses manières de pensée. Voilà qui fait un drôle d’effet!

Je ne suis surement pas totalement objective puisque Paul Auster tient un place très particulière dans ma vie de lectrice. Il signe là un superbe livre en toute humilité et sans aucune pointe de narcissisme. Chacun de ses livres est une véritable expérience. Il ne cesse de prendre des risques et de s’aventurer hors de ses sentiers battus. J’ai maintenant hâte de me laisser prendre par la main une nouvelle fois et de plonger dans une autre histoire.

Fanny