Les oiseaux et autres nouvelles de Daphné du Maurier

10547305_1444358372493073_1617651244_nComme je le souhaite depuis que j’ai découvert Rebecca, je continue mon exploration de l’œuvre de Daphné du Maurier. Coquelicote m’a gentiment offert Les oiseaux donc c’était l’occasion. Il s’agit d’un recueil de sept nouvelles. Je les ai toutes aimés sans exception. L’auteure nous propose encore une fois des textes prenants et immersifs. Je suis définitivement conquise !

Daphné du Maurier comme à son habitude installe toute une ambiance avec des thèmes différents pour chacune des histoires. Elle nous donne très peu de détail sur les personnages (leur nom, leur âge, leur milieu) ni sur le cadre spatio-temporel et fait ainsi appel à notre imagination. L’auteure fait monter la tension en douceur en tentant de nous emmener sur de fausses pistes. Ainsi, les chutes de chaque histoire tombent comme un couperet. Elles sont impitoyables et brutales. Daphné du Maurier met en place son récit avec beaucoup de finesse et de sérénité pour finalement nous surprendre dans les dernières pages. On se prend au jeu de détester et aimer ou avoir de l’empathie pour les personnages.

Voilà une auteure que j’admire de plus en plus pour sa plume, les histoires qu’elle met en place et la maitrise de son intrigue. J’ai été plus sensible à certaines nouvelles comme par exemple Encore un baiser, Le petit photographe, Mobile inconnu et Les oiseaux. Les fins m’ont franchement laissée bouche-bée. Les oiseaux est surement le texte le plus connu de ce recueil. Il est mystérieux, rythmé et bien décrit. C’est simple j’ai eu l’impression d’être dans chaque scène avec les personnages. La fin ouverte permet de finir l’histoire par soi-même mais je ne vous en dis pas plus.

Encore une fois, Daphné du Maurier a su me tenir en haleine dans chacune de ses nouvelles. Son écriture est brillante ainsi que la façon qu’elle a de mettre en place ses intrigues et ses chutes. Maintenant, il serait bien que je visionne le film Les oiseaux d’Alfred Hitchcock.

Lu en lecture commune avec Coquelicote.

Fanny

L’amour dans l’âme de Daphné du Maurier

51iq72r-HFLRésumé de l’éditeur : Dans le premier roman de Daphné du Maurier, qui parut en France en 1950 sous le titre La Chaîne d’amour, la mer, fascinante et cruelle, occupe une place centrale. Elle lie tous les membres de la famille Coombe, installée à Plyn, un port de la côte sud des Cornouailles ; sur un siècle et quatre générations, se déroule le destin de femmes insoumises et d’hommes sauvages, navigateurs ou charpentiers de marine, qui tous ont le visage tourné vers les flots… Amours, haines, vengeances et trahisons, Daphné du Maurier excelle dans la peinture des passions humaines.

Daphné du Maurier nous dépeint avec subtilité et sur quatre générations les sentiments de ses personnages. Ces derniers ont parfois de drôles de réactions mais toutes trouvent leur explication dans l’importance de la filiation et le souhait de ne pas décevoir ses parents. Les quatre histoires ont un point commun : la mer, l’océan et la navigation. Cet élément est omniprésent dans l’esprit de chaque protagoniste et leur donne l’envie de revenir aux sources ainsi qu’à leur racine. Cette auteure possède un don exceptionnel pour décortiquer et nous décrire les états d’âme et les pensées torturées. L’ambiance générale peut être qualifiée de romantique voire gothique à certains moments. J’ai développé une espèce de fascination au fil de ma lecture et d’autant plus que l’auteure insère ici et là quelques éléments oniriques.

Il s’agit du premier roman de Daphné du Maurier (paru en 1931 sous le titre The Loving Spirit). Pourtant on sent déjà toute la puissance de sa plume ainsi que sa finesse. Chaque mot est pesé et choisi avec minutie. J’avoue avoir dévoré ce livre en un rien de temps. L’auteure a su me tenir en haleine et me donner envie de connaitre chaque histoire avec un intérêt égal. J’ai tout de même eu une préférence pour celle de Christopher qui m’a beaucoup touché. J’ai su comprendre ses choix et voir en lui quelqu’un de bien et de bon. De grands thèmes sont développés comme la relation mère/fils, le poids du passé, les relations familiales parfois houleuses, la recherche d’indépendance, l’affranchissement des règles sociales.

Voilà un roman qui m’a beaucoup plu. Cette fresque familiale mais aussi historique a su m’embarquer. La magnifique plume de Daphné du Maurier n’y est pas étrangère. Je suis franchement sous le charme. J’ai hâte de poursuivre ma découverte de l’œuvre de Daphné du Maurier peut-être avec le recueil de nouvelles Les oiseaux qui est dans PAL grâce à Coquelicote.

Lu en lecture commune avec Coquelicote.

Lu en lecture commune dans le cadre du mois anglais avec Choupynette, Fondantochocolat, Karine, Lilas, Lili, Natiora, Shelbylee, Soie, Titine.

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Fanny

Rebecca de Daphné Du Maurier

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Durant la première moitié du XXe siècle à Monte-Carlo, une jeune demoiselle de compagnie va faire la rencontre d’un homme (Maxim de Winter) qui va totalement la séduire. Mais ce dernier cache bien des secrets et une mélancolie qui ne cessent de mettre mal à l’aise la jeune fille. Elle va le suivre jusqu’au domaine de Manderley, en Angleterre, dont il est le propriétaire. Mais le fantôme de Rebecca, sa femme décédée il y a moins d’un an, semble régner sur cette demeure mais aussi dans l’esprit  de tous les domestiques et membres de l’entourage du couple.

Je vais tenter de ne pas trop vous en dévoiler puisque tout réside dans le suspens, le doute, les révélations (au compte-goutte), l’ambiance tendue et l’évolution des personnages autour de secrets, de mensonges et de non-dits.

L’écriture de Daphné Du Maurier est un délice à lire. Nous dégustons chaque mot, chaque dialogue, chaque description tous lourds de sens. Sa plume est également très imagée avec l’usage de nombreuses métaphores. Dans ce roman réside une ambiance à la Jane Eyre de Charlotte Brontë. On ne peut s’empêcher de penser à ce roman gothique du XIXe siècle. D’ailleurs Daphné Du Maurier reprend plusieurs codes de ce genre littéraire : le lieu (le manoir et la mer déchainée), des personnages torturées (psychologiquement parlant), le passé hantant l’histoire, etc.

Nous ne connaissons pas le prénom de l’héroïne que nous suivons. L’auteure cherche par-là à mélanger jusqu’au bout sa personnalité avec celle de Rebecca. C’est très déroutant. L’héroïne n’est pas dans son monde. Elle se retrouve propulser au rang de maitresse de maison et ne sait vraiment pas comment s’y prendre ni comment se comporter. Elle fait bourde sur bourde. Personne ne semble vouloir lui venir en aide. On a vraiment de la sympathie pour elle. Daphné Du Maurier maitrise à la perfection la psychologie de ses personnages qu’elle fait évoluer. D’ailleurs tout au long du roman nous nous posons des questions ou doutons de certains d’entre eux.

Pour conclure ce roman m’a complétement embarqué. J’ai été remué, intrigué, mal à l’aise. La fin en apothéose m’a donné les larmes aux yeux. Un roman magistral que je relirais surement. Un coup de cœur. Que dis-je ? Un coup de foudre pour cette histoire et cette auteure. Maintenant j’ai très envie de visionner l’adaptation d’Alfred Hitchcock et celle de 1997 avec Emilia Fox.

Lu dans le cadre du Challenge « Les 100 livres à avoir lu » organisé par Bianca.

Fanny