La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt

Résumé de l’éditeur : S’il y a un élève du collège que Mme Baker, la prof d’anglais, ne peut pas voir en peinture, c’est bien lui, Holling Hoodhood. Chaque mercredi, alors que la moitié de la classe de cinquième est dispensée de cours pour se rendre à la synagogue, et que l’autre moitié va au cathéchisme à l’église de la paroisse, Holling Hoodhood, qui n’est ni juif ni catholique, est le seul et unique élève à rester en cours avec Mme Baker. Elle le lui fait payer. Cela fait plusieurs mercredis qu’il nettoie les tableaux, dépoussière les effaceurs, retire les toiles d’araignée, décrasse les fenêtres. Et voilà que Mme Baker s’est mis en tête de lui faire lire du Shakespeare ! Encore un stratagème pour le faire périr d’ennui.

En ce moment, je ressens comme une fringale de lecture jeunesse. J’ai besoin de retrouver des sensations d’enfance et des personnages aussi candides que clairvoyants. La guerre des mercredis est un roman américain publié pour la première fois en France en 2016. Nous rencontrons Holling, un jeune garçon énergique, réfléchi et observateur. Son année scolaire 1967-1968 se déroule sous nos yeux pendant un peu moins de 450 pages. Le récit est construit grâce à des rebondissements, des réflexions sur le monde qui entoure notre héros et un patronage éclatant en la personne de William Shakespeare (rien que ça!). L’humour n’est pas en reste et est très présent. Entre bons mots et situations cocasses, Gary D. Schmidt nous entraîne sans aucune difficulté avec lui.

A travers le regard de Holling se dévoile des thématiques pour le moins fortes et d’actualité. La différence, les variétés de confessions, le harcèlement scolaire sont autant de sujets abordés au cours du roman. C’est aussi un pan de l’histoire des États-Unis qui nous est donné à voir, celui de la guerre du Vietnam, du Flower Power ou encore de la candidature de Robert Kennedy à la présidence des États-Unis avant son assassinat. L’auteur démontre également le pouvoir de l’art, du théâtre et de la littérature comme méthode d’échappatoire et d’épanouissement malgré des préjugés tenaces. Notre jeune héros se forge une véritable famille au sein de son collège, ses parents étant pour le moins attentistes et obnubilés par leur carrière.

La guerre des mercredis est un roman jeunesse assez méconnu et peu mis en avant. Il vaut pourtant son pesant d’or. En effet, il s’agit d’un récit rafraîchissant mais non dénué de sens et d’une certaine profondeur. Je n’en ai pas encore fini avec les romans pour la jeunesse puisque Tobie Lolness de Timothée de Fombelle et le premier opus de Lady Helen d’Alison Goodman vont bientôt passer entre mes mains.

  • Broadway Limited, Tome 1 : Un dîner avec Cary Grant de Malika Ferdjoukh
  • How to stop time de Matt Haig
  • Vango, Tome 1 : Entre ciel et terre de Timothée de Fombelle

Fanny

Miss Charity de Marie-Aude Murail

Résumé de l’éditeur : Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur. Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites soeurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par coeur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…

Il était grand temps que je découvre Marie-Aude Murail, devenue classique dans le paysage de la littérature jeunesse française. Inspiré de la vie de l’écrivaine pour la jeunesse Beatrix Potter, ce roman fut une bulle de plaisir au milieu de mes lectures habituelles. Charity grandit durant l’ère victorienne faite de carcans  et de convenances étouffantes, et d’autant plus lorsqu’on est une femme. Cependant, notre héroïne est une enfant singulière et différente, c’est en cela qu’il est difficile de la contenir pour la conformer à un modèle de jeune fille accomplie. L’existence de Charity n’est donc pas toute rose, loin de là, mais Marie-Aude Murail possède un don pour faire de l’adversité une force.

J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre Charity et à la voir grandir puisque nous partageons son existence sur une période assez longue. Sa passion pour le dessin, les champignons et les animaux est d’une fraicheur épatante. La place de la femme est clairement au cœur du récit. Toute jeune fille est conditionnée pour un rôle prédéfini. Marie-Aude Murail signe donc un roman presque engagé. Le glissement du destin de notre jeune héroïne vers l’écriture et la publication est passionnant et plein de rebondissement. Les dernières pages laissent une Miss Charity épanouie, indépendante et ayant trouvée sa voix au grand dam de certains de ces contemporains.

Miss Charity m’a souvent été conseillé et je comprends maintenant pourquoi. Une héroïne attachante, une thématique forte encore d’actualité aujourd’hui, un contexte bien rendu et une fantaisie aussi drôle que poignante font de ce roman une perle parmi la littérature jeunesse. Mention spéciale aux illustrations de Philippe Dumas qui réhaussent encore un peu plus l’ensemble. Je suis en train de découvrir un autre ouvrage de Marie-Aude Murail : le premier tome de Sauveur & fils, un régal!

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Broadway Limited, Tome 1 : Un dîner avec Cary Grant 
  • Je suis un dragon de Martin Page
  • L’extraordinaire voyage de Sabrina de P. L. Travers 

Fanny