Scoop d’Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : William Boot, chroniqueur pour la rubrique « Faune et flore » d’un journal britannique, est un jeune homme avide de culture mais menant une vie modeste, loin du tumulte londonien. Le jour où le rédacteur en chef du Daily Beast l’envoie à l’étranger en tant qu’envoyé spécial, tout bascule pour lui… William est dépêché en Ismaël, un État fictif d’Afrique orientale où une guerre civile serait sur le point d’éclater. Mais à Jacksonburg, la capitale, nulle trace de révolte, ni même d’opposition : seulement une nuée de journalistes étrangers venus guetter les soubresauts inexistants de l’actualité ismaëlienne.

Après mon excellente lecture de Retour à Brideshead et celle plus mitigée d’Une poignée de cendres, j’ai souhaité continuer ma découverte de l’œuvre d’Evelyn Waugh. Scoop est un roman satirique inspiré de l’expérience de l’auteur comme reporter au Daily Mail dans les années 30. L’action se déroule entre l’Angleterre et Ismaël, un pays imaginaire. Il tourne ici en dérision et égratigne la profession de journaliste. Le système de la presse écrite, ses magouilles et ses fausses informations pour faire vendre sont moqués. Le nom du groupe de presse Megalopolis donne d’ailleurs le ton. L’absurdité des guerres et de mille petits détails est très présente également.

Comme souvent chez Evleyn Waugh, les personnages ne sont pas épargnés. William Boot est un anti-héros. Il se retrouve embarquer bien malgré lui par le biais d’un quiproquo dans une aventure improbable très loin d’être faite pour lui. La majorité du temps, il se fait manipuler et mener en bateau sans opposer de force de caractère. Il ne rêve que d’une chose : retrouver sa vie tranquille dans sa grande demeure à la campagne. C’est l’occasion pour l’auteur d’ironiser sur l’aristocratie britannique en mentionnant son déclin, grande thématique présente dans beaucoup de ses œuvres. La fin adoucit les choses et n’est pas aussi cruelle qu’on aurait pu s’y attendre.

Ce troisième roman lu d’Evelyn Waugh m’a beaucoup plu. Le ton incisif de l’auteur, l’humour par l’absurde et la satire du système de la presse écrite des années 30 sont à découvrir. Me reste dans ma pile à lire Le cher disparu et Hommes en armes que j’espère découvrir prochainement.

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Une poignée de cendres d’Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : Une lady saisie par la débauche, son nobliau de mari perdu dans la jungle amazonienne et condamné à lire à voix haute les œuvres de Dickens pour ne pas mourir de faim… D’une cruauté indicible, en même temps que d’une folle drôlerie, Une poignée de cendres propose un voyage sans complaisance dans l’âme humaine. Jamais sans doute l’impertinence de l’auteur du Cher disparu et de Retour à Brideshead à l’égard de l’aristocratie de son pays ne s’était exercée avec autant de virulence. Et la critique vaudrait aussi bien aujourd’hui, envers telle ou telle figure de nos sociétés contemporaines. Pour nombre des fidèles du « clan » des admirateurs de Waugh, ce roman iconoclaste, classique de l’humour anglais, reste son plus grand chef-d’œuvre.

Depuis ma très belle lecture de Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh, je souhaitais découvrir d’autres ouvrages de cet auteur britannique. J’ai sauté sur la sortie toute récente d’Une poignée de cendre pour retenter l’expérience. L’une des thématiques fétiches de l’auteur est le déclin de l’aristocratie britannique. Elle est donc tout naturellement et sans surprise présente ici. Evelyn Waugh prend un malin plaisir à égratigner cette catégorie sociale. Derrière le vernis des apparences, le délitement de l’aristocratie a de réelles conséquences sur ses plus jeunes membres vite perdus et sans repères que nous suivons entre l’Angleterre et l’Amazonie.

Les personnages ne sont pas épargnés par l’esprit caustique de leur créateur. En effet, Evelyn Waugh ne les ménage pas et fait preuve d’une cruauté assez effrayante envers eux. Malheureusement, cela les rend assez insaisissables. Quand je repense au pauvre Toni malmené et manipulé, j’en ai des sueurs froides. Les dialogues sont, quand à eux, aussi délicieux qu’effarants. On assiste à des situations dramatiques sans pouvoir rien y faire. Le tout est servi par une plume simple et efficace. L’auteur nous propose non pas une mais bien deux fins.

Une poignée de cendre est un roman assez particulier entre la satire, un certain réalisme et une cruauté envers des personnages assez insaisissables. Je suis heureuse d’avoir lu ce roman et d’avoir constaté le peu de limite que s’impose Evelyn Waugh. J’imagine que dans les années 30, une certaine catégorie sociale a dû regarder d’un assez mauvais œil la sortie de ce roman.

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Retour à Brideshead de Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : Invité à Brideshead, la magnifique demeure familiale de son ami Sebastian, le jeune Charles Ryder, étudiant à Oxford, y découvre les mœurs et l’art de vivre de l’aristocratie anglaise. Au travers de cette grande fresque, se déroulant durant les Années folles et enluminée de personnages tous plus excentriques les uns que les autres, le grand Evelyn Waugh a voulu « suivre les cheminements de la volonté divine au sein d’un monde païen ». Humour, cynisme et gravité mêlés font de ce roman, le plus célèbre de l’auteur du Cher disparu et d’Une poignée de cendres, un des plus purs chefs-d’œuvre de la littérature anglaise du XXe siècle.

Evelyn Waugh fut blessé lors d’un exercice militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. De sa convalescence, est né ce roman de 600 pages publié pour la première fois en 1945. Cet ouvrage déploie plusieurs ambiances qui se succèdent : la vie d’étudiant à Oxford, les errances de jeunes adultes, la vie de famille ainsi que le travail et enfin la Seconde Guerre mondiale. Cette évolution semble convenue mais Evelyn Waugh brise les codes pour en montrer l’envers du décor, les désillusions et les insatisfactions. L’auteur met à l’honneur l’aristocratie anglaise en plein déclin après la Première Guerre mondiale. Elle se trouve dans l’incapacité de faire fructifier une fortune qui s’amenuise inéluctablement.

La galerie de personnages est excellente. Leur psychologie est profonde et bien travaillée. Il faut parfois savoir lire entre les lignes notamment en ce qui concerne l’énigmatique et insaisissable Sebastian. Brideshead, la demeure familiale des Flyte est également un protagoniste à part entière. C’est là que les grands moments se déroulent. Des thématiques fortes sont développées comme l’homosexualité évoquée dans le personnage de Sebastian ou encore la religion catholique. Cette dernière possède une place importante dans ce roman. Le héros s’interroge sur les contradictions de celle-ci et sur la dévotion. La fin laisse le lecteur un peu désarmé à l’image de l’avenir qui s’annonce pour les différents personnages.

Je suis très heureuse d’avoir enfin découvert ce roman grâce à sa réédition. J’aime beaucoup ce genre de lecture douce-amère comme les britanniques savent si bien les écrire. Ce livre est résolument moderne et audacieux pour l’époque. Maintenant, je me pose beaucoup de question sur Evelyn Waugh lui-même. Il semble qu’il ait mis beaucoup de sa personne dans ce roman. Je suis curieuse d’en apprendre un peu plus à son propos.

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Article rédigé dans le cadre du mois anglais de Cryssilda et Lou.

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