La vraie vie d’Adeline Dieudonné / Rentrée littéraire 2018

Résumé de l’éditeur : Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs. Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

Il est souvent difficile de lire un roman vu partout et ayant suscité autant de réaction. Il faut tenter de garder la tête froide pour éviter toute déception. Dès les premières pages, Adeline Dieudonné annonce la couleur. Elle nous plonge dans un huis clos assez glauque au sein d’une cité pavillonnaire pour le moins morne. La romancière fait preuve d’un style réaliste à la manière de certains romans américains et d’une écriture franche. J’ai lu des récits bien plus forts que celui-ci mais j’avoue n’être pas restée insensible à cette histoire. Une noirceur est présente. Une certaine scène m’a d’ailleurs fait particulièrement froid dans le dos.

C’est aussi un roman d’apprentissage que nous offre Adeline Dieudonné. Nous suivons une jeune héroïne qui n’est jamais nommée. Elle représente ainsi n’importe quel enfant persécuté. Elle découvre la violence de l’existence mais aussi l’éveil de son corps. Ce roman est aussi brutal que naïf, aussi sombre que lumineux. L’espoir, la connaissance, l’amour, les sensations, un objectif vont permettre à la narratrice de se surpasser et de grandir. Ses choix seront déterminants, aussi durs soient-ils. En lisant ce roman, je n’ai pu m’empêcher de penser à tous les jeunes gens enfermés dans ce genre de situation si compliquée. Ils sont tellement nombreux.

J’ai aimé ce roman dans son ensemble. Il porte un message fort et une héroïne hors du commun. Adeline Dieudonné nous propose une atmosphère aussi  brutale que naïve, aussi sinistre que lumineuse. Elle se démarque par son style et un certain sens du réel et de l’enfance malmenée. Une romancière à suivre, c’est certain.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

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Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet / Rentrée littéraire 2017

Je manque cruellement de temps pour tout chroniquer individuellement mais je souhaitais tout de même vous parler de ces trois découvertes littéraires réalisées il y a quelques semaines. Je vous laisse découvrir tout ça!

Une apparition de Sophie Fontanel

Et si arrêter la teinture et laisser pousser ses cheveux gris et blancs apportaient un vrai renouveau? C’est l’idée folle qu’a poursuivi Sophie Fontanelle. Pendant plusieurs mois, elle voit les cheveux blancs prendre le dessus sur sa teinture qu’elle entretenait obsessionnellement jusque là. Elle nous partage ses pensées lors de ce parcours, le regard d’autrui mais aussi l’envie qu’elle suscite chez d’autres femmes. Tout ceci sans pour autant porter de jugement mais plutôt comme un modèle à suivre pour se libérer d’un certain carcan. Le côté mondain (on croise Inès de la Fressange ou encore Arielle Dombasle) est surement ce qui m’a le moins plu. Ceci n’apporte rien à la réflexion intéressante et dans l’air du temps que Sophie Fontanelle développe dans son livre.

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Les maison des Turner d’Angela Flournoy

J’étais plutôt enthousiaste lorsque j’ai commencé ce livre. Dans son premier roman, Angela Flournoy nous plonge dans la vie d’une famille nombreuse afro-américaine. Le contexte me plaisait et le fait de faire intervenir le plus âgé et la plus jeune de la fratrie (qui compte treize frères et sœurs) m’a paru intéressant. J’avoue avoir assez vite décrochée avec  l’impression d’avoir survolée les 200 premières pages. L’ensemble m’a assez vite paru assez long et manquer d’un but. Depuis mon déménagement il y a un peu plus d’un mois, impossible de le reprendre. Le manque de temps et d’enthousiasme m’a clairement fait passer à autre chose. Je n’aime pas ce sentiment d’inachevé mais parfois il est impossible de passer au delà de ce blocage.

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Neverland de Timothée de Fombelle

Avec ce livre biographique pour adulte, Timothée de Fombelle s’essaie à un nouvel exercice. En un peu plus d’une centaine de pages, il part à la recherche de son enfance. Il nous partage ses souvenirs, ses sensations mais aussi ses sentiments. C’est l’occasion de faire remonter les nôtres souvent bien enfouis mais qui ne demandent qu’à refaire surface. Il nous présente l’enfance comme une bouée à laquelle se raccrocher dans nos vies d’adulte. Je dois dire que cette idée est assez réconfortante. Mon seul regret est qu’il s’agit d’un récit tellement intime que cela nous empêche parfois de totalement saisir son contenu. En effet, Timothée de Fombelle se livre complétement grâce à cette poésie qui lui est propre.

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Fanny