La mode sous toutes les coutures de Florence Pinaud

Il s’agit d’un livre jeunesse mais il peut sans soucis s’adresser à un public adulte. Certes, il ne faut pas y chercher un ouvrage exhaustif sur le sujet car vous serez déçu. Mais ce livre est une très bonne entrée en matière avec lequel il est facile d’apprendre plein de chose.

Ce livre à la construction simple et claire est divisé en deux grandes parties. L’auteure aborde dans un premier temps le port de tel vêtement selon des situations particulières (pour faire du sport, pour une occasion, pour avoir chaud, etc.). Ainsi Florence Pinaud évoque différents peuples, différents âges, différentes époques ainsi que différents pays. Une seconde partie développe l’idée du passage de la mode réservée à une certaine élite pour ensuite s’installer dans les armoires de monsieur et madame tout-le-monde (dans une certaine mesure). Ce deuxième chapitre met également en avant de grands couturiers qui ont révolutionné le vêtement, l’évolution des silhouettes ainsi que l’esclavage moderne dans les domaines du textile et l’écologie.

La mise en page est une grande réussite. Elle n’est pas sans rappeler les magazines de mode. Il suffit de regarder la couverture souple et colorée qui arbore un côté très sixties voire seventies ainsi que le papier glacé des pages. L’intérieur est tout aussi coloré et a également bénéficié d’un beau travail. Il comporte nombre d’illustrations : photographies, dessins, images d’archives, reproductions de magazines de mode d’époque. Les textes sont aérés et cours. Ils abordent chacun des points très précis.

A mon avis, un des points forts de ce livre est qu’il n’est pas réservé seulement à un public féminin. Au contraire, on sent que l’auteure a parfaitement su faire de ce livre un ouvrage unisexe (je ne sais pas si ça se dit pour un livre…) qui parlera aussi bien aux filles qu’aux garçons.  Même si les illustrations représentent majoritairement des femmes j’aime le parti pris de l’auteure et je salue cet effort. Mais après tout ceci est un reflet de la mode d’aujourd’hui qui met davantage en avant les femmes.

Vous l’aurez compris ce beau-livre est un petit condensé d’information sur la mode en général. Il est agréable à parcourir et peut se lire d’une traite ou en choisissant des chapitres selon l’intérêt. Il est un bon point de départ pour comprendre comment la mode et le vêtement ont pris une aussi grande place dans toutes les sociétés, quel rôle elle a joué dans certains évènements et comment elle a rejoint le rang d’art à part entière. Cet ouvrage fera à coup sûr un joli cadeau pour une jeune fille ou un jeune garçon (ou moins jeune d’ailleurs) qui s’intéresse à ces thèmes.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Actes Sud Junior.

    

Fanny

Le secret de Lady Audley de Mary Elizabeth Braddon

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Résumé : Après trois années à chercher fortune en Australie, George Talboys est de retour au pays. Accueilli par son ami Robert Audley, avocat, il s’apprête à retrouver sa femme Helen, quand il apprend que celle-ci est mystérieusement décédée. À Audley Court, la propriété familiale où Robert a invité son ami, d’autres événements curieux se produisent. La tante de Robert, Lady Audley, évite de croiser George. Lequel, après s’être fait montrer un portrait d’elle, disparaît brusquement.

L’auteur met du temps à mettre en place son histoire. Elle pose doucement la trame de son récit et le contexte. Cependant, dès le début elle éparpille quelques indices sur la future intrigue de façon subtile. On sent que certains évènements ou certains agissements de personnages peuvent paraitre anodins au premier abord mais sont au final assez lourds de sens pour les évènements à venir.

On assiste à plusieurs glissements successifs de l’histoire. En effet, nous passons d’un passage descriptif (personnages et leur passé) à une phase d’observation et d’intuition puis à une véritable enquête où le suspense, la tension et le dénouement se mettent en place. Les chapitres courts servent vraiment bien l’intrigue. Ils ne permettent aucun temps mort et maintiennent le rythme dans les passages haletants.

Comme vous l’aurez compris il s’agit d’un thriller gothique victorien publié en 1862. Nous avons donc sous les yeux une écriture du XIXe siècle avec un vocabulaire soutenu et varié. Certes elle a un peu vieilli mais elle donne surtout un charme et une ambiance au récit. Nous avons d’ailleurs de très belles descriptions d’intérieurs, de paysages, de personnages et du monde de l’époque.

Deux bémols ont quelque peu gêné ma lecture. D’abord j’ai ressenti quelques longueurs à certains moments. Elles sont présentes surtout lorsque le personnage principal qui mène l’enquête, Robert Audley, expose ses états d’âme et les questions existentielles qu’il se pose. Ensuite, les nombreuses fautes de frappe ou de saisie m’ont vraiment gêné. Une, deux, trois passent encore mais plus d’une dizaine cela devient trop pour moi… Entre les mots en trop et ceux en remplaçant d’autres j’ai trouvé ça assez gênant pour l’aisance de lecture.

Il s’agit d’une lecture de qualité malgré quelques longueurs et les fautes de frappe récurrentes. Je comprends le succès qu’a pu avoir ce roman durant la seconde moitié du XIXe siècle car c’est bien mené et l’auteur sait embarquer le lecteur dans son intrigue.

Lu en lecture commune avec Bianca.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Archipoche.

    

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny