Les indociles de Murielle Magellan

9782260024118Résumé de l’éditeur : «Ce n’est pas une romance, pense Olympe. On ne voit rien d’elle que ses mains, et pourtant on a la sensation de son emprise sur lui. Pas de l’amour ; du pouvoir. Olympe scrute. Sonde. Dans sa chambre ronde, assise en tailleur sur son lit, l’ordinateur entre ses cuisses, Jean-Sébastien Bach dans le casque, elle agrandit l’image. Une main, un dos. C’est le sujet du peintre. À l’arrière-plan, c’est de l’aquarelle noire. Elle aime cette main de femme. Elle aime ce dos rose d’homme. Musclé mais rose bonbon. Elle voudrait être avec eux. Dans le tableau. Surtout dans ce qu’on ne voit pas du tableau. »

J’avais découvert Murielle Magellan avec son précédent roman N’oublie pas les oiseaux. Il m’avait beaucoup plu, c’est donc tout naturellement que j’ai voulu retenter l’expérience avec ce nouvel ouvrage. Nous découvrons une jeune femme, Olympe, qui ne vit que pour son travail de galeriste en plein essor. L’auteur nous dépeint le portrait grinçant du milieu de l’art et du fonctionnement des galeries où il faut absolument miser sur le bon cheval qui rapportera gros. On voyage entre Paris et Montpellier où on découvre en même temps que les protagonistes un peintre âgé aux abords bougons qui, sans y paraitre, va finalement donner un vrai sens à la vie d’Olympe. Le contexte général m’a donc plu.

Olympe est un personnage intéressant qui se perd parfois dans ses multiples parties de jambes en l’air ainsi que dans son travail. On a l’impression qu’elle essaye de remplir une faille qu’elle a depuis toute jeune. C’est surement sa manière de panser un traumatisme important. C’est d’ailleurs ce qui permet de s’attacher à elle car par moment elle peut être assez exaspérante dans sa manière d’interagir avec autrui. Mais lorsqu’elle tombe réellement amoureuse, que se passe-t-il ? Comment réagit-elle ? C’est toute la question que pose ce roman. Certains ne sont peut-être juste pas faits pour les relations classiques et longues et se sentent à l’étroit dans un engagement trop important.

Murielle Magellan signe ici un roman plein de sens. Elle traite de thèmes pas forcément très courants en littérature. J’ai parfois eu quelques difficultés à comprendre Olympe. Elle a des réactions assez troublantes que l’on finit par apprivoiser. L’auteur confirme donc son talent auprès de moi.

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N’oublie pas les oiseaux de Murielle Magellan

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Voici une chronique que j’ai eu bien du mal à rédiger. Ce roman autobiographique est à la fois complexe et limpide mais contient surtout toute une panoplie de sentiments qui s’entremêlent pour la narratrice mais aussi pour le lecteur.

Ce roman est celui d’une adolescente qui rencontre l’Homme qui laissera en elle un souvenir indélébile. Il est d’abord son professeur mais s’avère avoir vingt-cinq ans de plus qu’elle, être volage, charmeur, insaisissable et exigeant. Elle devient une femme et tente diverses expériences amoureuses sans jamais trouver mieux que Francis, le Slave. Il reste et restera dans sa tête à jamais. Ils vont se retrouver pour vivre une histoire d’amour tourmentée avec des moments joyeux mais aussi terribles de désespoir et de désillusion à l’image de la vie en général. Murielle Magellan nous montre tout ce qu’il est possible d’endurer par amour. Cette homme l’a porté, a fait d’elle une femme et une mère tout en lui faisant beaucoup de mal. Finalement le ton est plutôt tendre, doux, nostalgique et indulgent.

Il est difficile pour moi de parler de ce roman tellement il remue de sentiments, de souvenirs, de sensations. Je ne m’étendrais pas sur le sujet mais cette histoire a résonné en moi pour de nombreuses raisons et quelques similitudes. Comment ne pas se reconnaitre ? Cette identification est même assez étrange puisqu’il s’agit de son histoire à elle. C’est un livre intimiste par son thème et son genre autobiographique. Nous sommes projetés dans la vie et les pensées de l’auteure. D’ailleurs, des extraits de journaux intimes personnels de Murielle Magellan sont insérés entre les paragraphes. Dommage qu’ils ne fassent que répéter ce qui est dit dans le texte plutôt que de le compléter.

Souvent Murielle se confit en disant que pour affronter certaine situation elle n’a pas eu de modèle à suivre afin de sortir des mauvaises passe qu’elle a pu vivre avec le Slave. Ce roman pourrait aussi bien être un témoignage pour d’autres jeunes filles. Mais ce livre est aussi et surtout un magnifique hommage à Francis Morane et une belle preuve d’amour qu’elle laisse éclater sous sa plume pour cet homme aujourd’hui disparu. Nous devenons témoin de cette histoire forte et pleine de sincérité. Cette rencontre et ce parcours de vie a surement faire d’elle la femme qu’elle est aujourd’hui. Il semble impossible de sortir totalement indemne de ce genre de parcours.

Voici un roman étonnant et déroutant. En effet, il est à la fois intimiste tout en rendant inévitable l’identification du lecteur car nous nous reconnaissons forcément en Murielle Magellan et en ses expériences. Comme vous l’aurez compris, il s’agit d’un roman doux-amer qui vous poursuit longtemps après sa lecture. A lire !

Murielle Magellan nous parle de son roman autobiographique dans cette vidéo.

Merci aux éditions Robert Laffont – Julliard, à Christelle ainsi qu’à Cécile pour l’envoi de ce roman.

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Fanny