La mémoire du thé de Lisa See

Résumé de l’éditeur : Sud-ouest de la Chine, années 1990. À la Source de Printemps, sur le mont Nannuo, la culture du thé rythme la vie des habitants depuis toujours. Loin de connaître les progrès sans précédent qui se propagent au reste du pays, les Akha perpétuent des méthodes de récolte archaïques et des principes religieux très strictes. Li-yan, première personne de sa famille à savoir lire et écrire, rejette les traditions qui ont jusqu’alors façonné son existence. Sur le point de débuter la formation qui fera d’elle la prochaine sage-femme de la vallée, elle décide de poursuivre ses études malgré les réticences de la communauté.

Lisa See m’a souvent été conseillée et notamment pour son roman le plus connu Fleur de neige. Grâce à la réception de son dernier ouvrage traduit en France, j’ai enfin pu découvrir tout le talent de cet écrivain. Lisa See retrace ici la vie d’une jeune fille membre de l’une des nombreuses minorités ethniques de Chine, les Akhas. Nous sommes donc introduits dans les années 90 au sein d’une communauté encore rurale et protégée de l’occidentalisation. Les rites ancestraux, les croyances et les us et coutumes sont toujours d’actualité mais emprisonnent la jeune Li-Yan loin de son rêve d’avenir. Le prix de l’émancipation sera lourd.

Lisa See possède une plume aussi claire, précise que profonde. Elle ne tombe jamais dans le pathos ou la dramatisation. Des thématiques lourdes mais aussi d’actualité sont abordées avec notamment l’intrusion assez brutale des occidentaux sur les terres Akhas, riches en ressources et en arbres à thé, tout comme des commerçants de tout poil prêts à tout. La place de la femme en Chine est au cœur de cet ouvrage. La société chinoise des dernières décennies et sa politique de l’enfant unique sont également décrites. Ce roman est aussi un manifeste du thé et de ses nombreux bienfaits médicinaux. La chute m’a plu et forme une belle boucle.

Ce roman d’une grande force ouvre les yeux sur la condition féminine en Chine mais aussi en général. Le contexte est dépaysant et certaines thématiques sont universelles, d’autres sont plus locales. Je suis heureuse d’avoir enfin découvert Lisa See. Le moins que l’on puisse dire est que je ne suis pas déçue. Je continuerais surement ma découverte de l’œuvre de l’auteur plus tard.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • La voix des vagues de Jackie Copleton
  • Le Châle de cachemire de Rosie Thomas
  • Le pays sous le ciel de Matilde Asensi

Fanny

La proie du papillon de Stéphane Soutoul

LaProiePapillon_CouvRésumé de l’éditeur : Sulfureux. Indécents. Mortels… Avez-vous déjà entendu parler des Fils d’Éros ? On prétend à mi-voix que ces professionnels de la séduction joueraient avec les sentiments et bouleverseraient la vie de leurs victimes. Judith de Ringis est une femme d’affaires aussi douée qu’impitoyable. Pour se débarrasser d’une concurrente gênante, elle requiert les services de l’un de ces mercenaires. Marco, dit le Papillon, s’engage à briser sa proie. Cependant, manipuler les choses de l’amour n’est jamais simple, surtout quand les plus redoutables prédateurs se révèlent, eux aussi, capables d’émotions…

Stéphane Soutoul est l’auteur de la très chouette série d’urban fantasy Anges d’Apocalypse que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire et à suivre. J’étais curieuse de le découvrir dans un genre tout à fait différent puisque La proie du papillon est un thriller sentimental. Je dois bien avouer que ce n’est pas du tout mon type de lecture. Les codes qui régissent cette littérature ne me font généralement pas décoller. Ici on n’échappe pas aux habituels hommes à la stature incroyable et aux compétences sexuels inépuisables (ceci est aussi valable pour l’héroïne). C’est très loin de me faire rêver. Cependant, j’ai retrouvé l’écriture propre à l’auteur que j’ai toujours aimé lire. C’est fluide, franc et sans détour.

L’ensemble est plutôt bien mené. Les dialogues sont plein de réparties, s’enchainent très bien et apportent du rythme. Je me suis assez vite doutée du dénouement sans savoir comment on n’en arriverait là ni qui en serait l’instigateur. Les cinquante dernières pages sont celles que j’ai surement préféré. Elles sont à la fois justes et terribles, bien menées et possèdent une vraie force. Le moins que l’on puisse dire est que Stéphane Soutoul n’épargne pas ses personnages. Judith est détestable et ne se remet jamais en question. Elle va apprendre l’humilité et la gentillesse à ses dépens. Les autres personnages ont des facettes multiples et sont intéressants à suivre.

Voici donc une lecture que je n’ai pas savouré comme je l’aurais souhaité. Ce n’est pas un genre avec lequel je me sens à l’aise et que j’aime particulièrement lire. Cependant, je reconnais les qualités d’écriture de Stéphane Soutoul et le dénouement qui m’a particulièrement plu.

946168_484112411780639_383840349698131755_nVous aimerez aussi découvrir :

  • Adam Clarks de Régis Hautière et Antonio Lapone
  • Anges d’Apocalypse, Tome 1 : Le Tourment des aurores de Stéphane Soutoul
  • Si proche de lui de Stéphane Soutoul

Fanny