Rivière tremblante d’Andrée A. Michaud / Rentrée littéraire 2018

Résumé de l’éditeur : Août 1979. Michael, douze ans, disparaît dans les bois de Rivière-aux-Trembles sous les yeux de son amie Marnie Duchamp. Il semble avoir été avalé par la forêt. En dépit de recherches poussées, on ne retrouvera qu’une chaussure de sport boueuse. Trente ans plus tard, dans une ville voisine, la petite Billie Richard, qui s’apprête à fêter son neuvième anniversaire, ne rentre pas chez elle. Là encore, c’est comme si elle avait disparu de la surface de la terre. Pour son père comme pour Mamie, qui n’a jamais oublié le traumatisme de l’été 79, commence une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l’incompréhension. Ils ne savent pas qu’un autre drame va frapper le village de Rivière-aux-Trembles…

Premier roman québécois à passer entre mes mains, Rivière tremblante a d’emblée attisé ma curiosité. Le vocabulaire québécois utilisé m’a tout de suite sauté aux yeux. Il apporte une vraie identité ainsi qu’une authenticité et un caractère à cette histoire. Le style d’Andrée A. Michaud est donc à retenir, sans aucune doute. La romancière se joue des codes du roman noir et dirige son intrigue vers des enjeux davantage psychologiques. Ce sont bien les deux personnages principaux, Marnie et Bill, qui portent le récit. Ils représentent ceux qui restent après la disparition d’un enfant et sont donc également suspects à un moment ou à un autre.

Andrée A. Michaud prend son temps pour construire son intrigue. Ce fut d’ailleurs peut-être un peu trop long pour moi, à tel point que je me suis régulièrement demandée où elle souhaitait en arriver. Cependant, les personnages sont finement croqués et analysés. J’ai fini par me prendre au jeu et par m’intéresser à leur parcours, à leur peur mais aussi à leur questionnement existentiel. Comment rester insensible à leur désarroi? Impossible, je peux vous l’assurer. La nature, les grands espaces et les élèments (parfois déchainés) sont également très présents. Le lecteur se retrouve plongé dans une atmosphère venteuse et inquiétante.

Rien n’était gagné avec ce roman, quelques longueurs sont en cause. Pourtant, Andrée A. Michaud a finalement su me prendre par la main et m’emporter dans son univers. J’ai aimé la langue, la fine psychologie des personnages et l’ambiance des grands espaces québécois. C’est un roman sur les enfants disparus mais aussi sur leur entourage, sur ceux qui restent.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

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Deux sœurs de Elizabeth Harrower

Résumé de l’éditeur : Après Un certain monde, très remarqué par la presse et les libraires, Rivages poursuit la découverte de ce génie méconnu des lettres australiennes avec un nouvel inédit, Deux soeurs, roman psychologique qui plaira aux fans de Daphné du Maurier. Clare et Laura décident de fuir leur terrible famille grâce à Felix, un homme charmant qui se présente en bienfaiteur. Mais l’homme se révèle d’une grande cruauté au fil du temps, manipulateur et tyran. Best-seller en Australie, ce livre s’impose comme un classique instantané.

Petit à petit, je découvre de nouveaux titres et de nouveaux auteurs de la littérature australienne. Deux sœurs est un roman paru en 1966 mais traduit et édité seulement maintenant en France. Même s’il ne s’agit pas du cœur du roman, le contexte se devine par quelques détails distillés ici et là. Elizabeth Harrower nous entraine dans les années 40 où la guerre fait doucement son apparition loin des terrains d’actions armées. Après le départ de leur mère qui ne leur prête guère d’attention, Laura se marie par défaut à Felix. Elle entraine avec elle sa sœur, Clare. Elles se retrouvent donc vite embourbées dans une situation bien délicate.

En effet, les voilà soumises à un homme odieux et franchement pitoyable. Il se laisse berner en affaire et transfère ses frustrations sur les deux sœurs. Les visions de ces dernières s’affrontent. Laura se soumet, ne voit aucun avenir ailleurs et trouve des excuses à autrui ainsi qu’à elle-même. Tandis que Clare fait preuve d’une soif farouche de liberté et de changer sa vie. Malheureusement, ces personnages manquent de relief pour réellement s’attacher à eux et ressentir de l’empathie pour leur sort. Leur psychologie n’est pas assez poussée selon moi. Finalement on ressort de cette lecture en ayant l’impression de n’avoir fait que la survoler.

Ce fut une lecture en demi-teinte en ce qui me concerne. Pourtant elle partait bien avec un contexte intéressant, un glissement progressif vers un supplice psychologique et une tension palpable. Cependant, je ne me suis pas suffisamment attachée aux personnages pour totalement apprécier ce roman.

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