3 livres, 3 avis, 1 billet

Diaboliques de Cédric Meletta

La Seconde guerre mondiale est une période historique qui m’intéresse beaucoup. Je ne compte plus le nombre de documentaires, de séries ou de films que j’ai pu voir, ni le nombre de livres que j’ai pu parcourir sur le sujet. Ce dernier semble inépuisable et analysable sous de multiples aspects. Grâce à un travail de recherches poussé, Cédric Meletta nous dépeint sept portraits de femmes complétement oubliées ayant participé à des manœuvres aux conséquences plus ou moins graves entre petits arrangements, délations et collaborations actives. Malheureusement, ma lecture ne fut pas sans embuches. Trop de noms de personnes et trop de digressions m’ont empêchée de profiter pleinement de cet ouvrage. Je me suis souvent emmêlée les pinceaux et c’est bien dommage.

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Les détectives du Yorkshire, Tome 2 : Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

Quelle période idéale que le mois anglais pour se replonger avec délice dans des ouvrages so british. Chaque mois de juin de chaque année renouvelle ce plaisir. J’ai donc terminé tranquillement le second opus des Détectives du Yorkshire. Je l’avais commencé lors de sa sortie en 2018 sans jamais réussir à l’avancer et le finir. Le roman est assez lent à démarrer, ce qui a provoqué un petit blocage. Deux intrigues se croisent entre kidnapping d’un bélier et faits étranges dans la maison de retraite de Bruncliffe. L’atmosphère générale de cette petite ville d’Angleterre est agréable à retrouver surtout avec ce style très britannique et les touches d’humour. Pour ne rien gâcher, je ne peux que constater que je suis déjà très attachée aux personnages de cette saga. Je continuerais cette série de romans détente et j’espère que le passé entourant les deux héros va quelque peu se dévoiler.

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Sauveur & fils, Saison 2 de Marie-Aude Murail

La sortie poche de ce second opus a permis mes retrouvailles avec toute une bande de personnages très amicaux. Sauveur & fils est certes bourré d’humour, de bons mots, d’humanité et de compréhension mais c’est aussi la réalité de notre société qui nous est montrée. Les personnalités sont multiples tout comme les maux psychologiques. Le mal-être des petits mais aussi des grands est à la fois touchant et révoltant. La famille traditionnelle n’est plus le modèle unique, la question de la recomposition se pose inévitablement. Les dialogues sont à noter, on assiste régulièrement à de très beaux échanges où la parole finit par se libérer et devient salvatrice. Pas de coup de cœur mais ce roman reste une très bonne lecture. Je suis déjà impatiente de retrouver tout ce petit monde l’année prochaine lors de la sortie poche du troisième tome.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Les détectives du Yorkshire, Tome 1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman
  • Les jonquilles de Green Park de Jérôme Attal
  • Miss Charity de Marie-Aude Murail

Fanny

2 livres, 2 avis, 1 billet

Rosalie Blum, Intégrale de Camille Jourdy

Rosalie Blum est un roman graphique présent depuis très longtemps dans ma wishlist. Je suis donc ravie d’avoir enfin eu l’occasion de le découvrir. Camille Jourdy développe son intrigue en trois tomes réunis depuis 2016 en une intégrale. La dessinatrice retranscrit assez bien l’ambiance de certaines villes françaises où l’ennui et la routine prennent vite le pas. Elle y ajoute sa patte si particulière avec une bonne dose de loufoque et de fantaisie. Le ton est gentiment cruel envers certains personnages mais finalement souvent tendre et bienveillant. Le lecteur apprend à connaitre chaque protagoniste dans ses moindres détails. Très vite, on se rend compte que rien n’est tout blanc ni tout noir, chaque personnalité finit par être nuancée. D’autant plus que de lourds secrets sont à l’œuvre en arrière plan. La famille est interrogée tout comme l’amour ou l’amitié. Il s’agit d’une très bonne lecture. Je crois même que j’irais picorer à l’avenir quelques passages par-ci par-là.

Les aventures de Donovan S. de Virginie Nuyen

Soyons clair, ce roman est un objet littéraire non identifié. En bref, un OLNI. Ouvrir ce livre, c’est partir pour une aventure absurde, pince sans rire et cruelle. La romancière prend un malin plaisir à tourner en dérision ses personnages. L’exquise viande de Donovan est demandée dans le monde entier. Mais ceci n’est pas sans conséquences et va entrainer bien des questionnements. Les stratégies de communication, la soif d’expansion, le luxe et la consommation se trouvent dans le viseur empreint d’impertinence de Virginie Nuyen. Le rythme est effréné, les chapitres sont courts et le style est plaisant à lire. Il s’agit d’une lecture plutôt agréable sur le moment doublée d’un propos assez inédit et intéressant. Cependant, une fois la dernière page tournée, j’avoue être restée sur ma faim. Je n’ai pas tout à fait saisi la finalité de ce roman ni le questionnement profond de la romancière. Je serais tout de même curieuse de lire un nouvel ouvrage de celle-ci.

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  • L’œuf de Lennon de Kevin Barry
  • Mauvais genre de Chloé Cruchaudet
  • Un océan d’amour de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione

Fanny

37, étoiles filantes de Jérôme Attal

Résumé de l’éditeur : Sous le ciel étoilé de Paris, un jour de 1937, Alberto Giacometti n’a qu’une idée en tête : casser la gueule à Jean-Paul Sartre ! C’est cette histoire, son origine et sa trépidante conclusion, qui sont ici racontées. « Grognant dans son patois haut en couleur des montagnes, Alberto a déjà fait volte-face. Il est à nouveau en position sur le trottoir. Scrutant les confins de la rue Delambre. Pas du côté Raspail par lequel il vient d’arriver, mais dans l’autre sens, en direction de la station de métro Edgar Quinet. Rapidement, il repère la silhouette tassée de Jean-Paul, petite figurine de pâte à modeler brunâtre qui avance péniblement à la manière d’un Sisyphe qui porterait sur son dos tout le poids du gris de Paris et qui dodeline à une vingtaine de mètres de distance, manquant de se cogner, ici à un passant, là à un réverbère. “Ah, te voilà ! Bousier de littérature ! Attends que je t’attrape, chacal !” »

Cette chronique dort depuis six mois dans mes brouillons, il était grand temps de la terminer et de la publier. Jérôme Attal est un auteur que j’ai eu l’occasion de rencontrer en salon. Sa gentillesse et sa joie de vivre sont marquantes et le rendent instantanément attachant. Plusieurs de ses romans sont passés entre mes mains. Certains m’ont laissée sur ma faim, d’autres m’ont au contraire beaucoup plu. Les jonquilles de Green Park m’avait submergée d’émotion. 37, étoiles filantes fait également partie des belles surprises. L’auteur construit son roman autour de l’affront de Jean-Paul Sartre envers Alberto Giacometti. En effet, il aurait dit de lui « Ah, il lui est enfin arrivé quelque chose! ». S’ensuit une véritable chasse à l’homme afin d’en découdre et de rabattre le caquet du philosophe!

Jérôme Attal signe une comédie au rythme enlevé et à l’écriture vive. Les jeux de mots et les tournures de phrase cocasses ne sont pas en reste. Il appose ainsi sa patte si particulière pleine de fantaisie, d’esprit et d’absurde parfois. La course poursuite à travers le Paris bohème et artistique de l’entre deux-guerres nous permet de faire la connaissance de personnages hauts en couleur, à commencer par Jean-Paul Sartre et Alberto Giacometti. Ces derniers sont à un moment charnière de leur carrière, ayant tout juste acquis une certaine renommé. Ce roman est aussi une réflexion sur la liberté, sur la création et les tourments qu’elle génère. Les femmes ne sont jamais bien loin, aussi séduisantes que terriblement humaines.

37, étoiles filantes est une belle surprise. C’est avec une délicieuse fantaisie mais aussi avec beaucoup d’humour que Jérôme Attal nous conte la brouille entre Alberto Giacometti et Jean-Paul Sartre et nous fait découvrir le Paris artistique de l’entre deux-guerres. Le romancier confirme sont talent d’écrivain. J’aime son esprit, sa créativité et son sens de la répartie.

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  • Affaires urgentes de Lawrence Durrell
  • Les jonquilles de Green Park de Jérôme Attal
  • Mariage en douce d’Ariane Chemin

Fanny

Un manoir en Cornouailles d’Eve Chase

Résumé de l’éditeur : Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais. Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ? Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l’amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.

La promesse d’un roman aux secrets de famille bien gardés est toujours tentante. Un manoir en Cornouailles nous propose de retracer les liens unissant deux familles sur deux époques différentes. Lorna nourrit des doutes concernant ses racines et son enfance. Petit-à-petit, elle va démêler le vrai du faux pour finalement découvrir la vérité et pouvoir aller de l’avant. En parallèle, nous suivons l’existence de la fratrie Alton dans leur manoir de Pencraw pendant les années 60. Leur enfance ne se passe pas sans mal. En effet, le bonheur et l’insouciance sont vite balayés par une succession de drames. Sans grande surprise, c’est cette seconde histoire qui m’a le plus touchée.

Ce roman est plutôt agréable à parcourir. L’écriture d’Eve Chase est correcte. Malheureusement, Un manoir en Cornouailles souffre de quelques bémols à mon sens. L’ensemble manque d’une ambiance et d’une atmosphère singulières. La Cornouailles, ses paysages magnifiques, ses traditions et ses croyances sont très peu décrits. Il en va de même concernant le contexte très riche de la fin des années 60 au Royaume-Uni si peu détaillé. L’histoire aurait bien pu se dérouler dans la première moitié du XXe siècle que je n’aurais vu aucune différence. Tous ces élèments auraient pu apporter un peu de relief et de caractère à ce récit.

Il s’agit d’un roman sympathique sur le moment mais qui, malheureusement, ne me laissera pas un souvenir impérissable. Je ressors donc de cette lecture avec un sentiment mitigé. En effet, les bémols cités plus hauts m’ont cruellement manqué et n’ont pas servi cette histoire pourtant pleine de promesses. Je retiendrais tout de même la fratrie Alton formées de personnages attachants.

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  • L’enfant du lac de Kate Morton
  • La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan
  • Rebecca de Daphne du Maurier
Fanny

Scoop d’Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : William Boot, chroniqueur pour la rubrique « Faune et flore » d’un journal britannique, est un jeune homme avide de culture mais menant une vie modeste, loin du tumulte londonien. Le jour où le rédacteur en chef du Daily Beast l’envoie à l’étranger en tant qu’envoyé spécial, tout bascule pour lui… William est dépêché en Ismaël, un État fictif d’Afrique orientale où une guerre civile serait sur le point d’éclater. Mais à Jacksonburg, la capitale, nulle trace de révolte, ni même d’opposition : seulement une nuée de journalistes étrangers venus guetter les soubresauts inexistants de l’actualité ismaëlienne.

Après mon excellente lecture de Retour à Brideshead et celle plus mitigée d’Une poignée de cendres, j’ai souhaité continuer ma découverte de l’œuvre d’Evelyn Waugh. Scoop est un roman satirique inspiré de l’expérience de l’auteur comme reporter au Daily Mail dans les années 30. L’action se déroule entre l’Angleterre et Ismaël, un pays imaginaire. Il tourne ici en dérision et égratigne la profession de journaliste. Le système de la presse écrite, ses magouilles et ses fausses informations pour faire vendre sont moqués. Le nom du groupe de presse Megalopolis donne d’ailleurs le ton. L’absurdité des guerres et de mille petits détails est très présente également.

Comme souvent chez Evleyn Waugh, les personnages ne sont pas épargnés. William Boot est un anti-héros. Il se retrouve embarquer bien malgré lui par le biais d’un quiproquo dans une aventure improbable très loin d’être faite pour lui. La majorité du temps, il se fait manipuler et mener en bateau sans opposer de force de caractère. Il ne rêve que d’une chose : retrouver sa vie tranquille dans sa grande demeure à la campagne. C’est l’occasion pour l’auteur d’ironiser sur l’aristocratie britannique en mentionnant son déclin, grande thématique présente dans beaucoup de ses œuvres. La fin adoucit les choses et n’est pas aussi cruelle qu’on aurait pu s’y attendre.

Ce troisième roman lu d’Evelyn Waugh m’a beaucoup plu. Le ton incisif de l’auteur, l’humour par l’absurde et la satire du système de la presse écrite des années 30 sont à découvrir. Me reste dans ma pile à lire Le cher disparu et Hommes en armes que j’espère découvrir prochainement.

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  • Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh
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Fanny

Les détectives du Yorkshire, Tome 1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman

Résumé de l’éditeur : Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne ! Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Le mois anglais continue, je vous présente donc un nouveau roman lu pour cet évènement. Ce premier tome d’une nouvelle série de cozy mysteries m’a beaucoup plu. Il remplit tout à fait son objectif en nous proposant une lecture plaisante et agréable. Comme toute bonne histoire de ce genre, nous retrouvons ici à par égale la vie d’une petite ville de campagne, le parcours de personnages hauts en couleur et une intrigue policière. Julia Chapman nous emmène dans le Yorkshire afin d’élucider une série de meurtres sans lien à première vue. A noter, l’humour qui jalonne le récit. Quelques scènes sont d’anthologie et m’ont beaucoup fait rire, notamment au sein de la maison de retraite de Bruncliffe.

Samson et Delilah sont deux héros auxquels je me suis très facilement attachée. Nous rencontrons deux personnages dont le passé nous est dévoilé petit à petit. Delilah possède un franc parler décapant. Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Ils sont très présents et vivants. Je ne peux oublier de parler de Calimero, le chien de Delilah tellement mignon. Comme dans toutes petites bourgades qui se respectent les rivalités, les rumeurs et les curiosités sont au rendez-vous. L’intrigue policière ne brille pas forcémment par son originalité mais je dois avouer que j’ai éprouvé une certaine affection pour ce roman dans son intégralité.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce premier tome. Je ne retiendrais pas forcémment l’enquête mais plutôt les personnages pour lesquels je ressens déjà beaucoup d’attachement. Je lirais surement la suite dans quelques temps. Je suis heureuse à l’idée de retrouver Samson et Delilah et d’en découvrir davantage à leur propos.

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  • La mystérieuse affaire de Styles d’Agatha Christie
  • Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro
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Fanny

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Résumé de l’éditeur : Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d’un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand : le « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey…

J’ai lu ce roman pour la première fois juste après sa sortie en 2009 sans savoir qu’il s’agissait d’un bestseller. Je me suis replongée dans cette histoire il y a quelques semaines. Le rendez-vous a une nouvelle fois fonctionné. Ce recueil de lettres fictives est une petite merveille d’hommage à la littérature, d’amitiés et de sensibilité. J’ai apprécié de redécouvrir toutes ces histoires individuelles qui finissent par ne faire qu’une et faire l’Histoire de cette période trouble que fut la Seconde Guerre mondiale. Les détails de la vie quotidienne pendant l’occupation allemande sont édifiants et parlants. Les deux écrivains sont américaines. Cependant, elles ont bien retranscrit l’ambiance toute britannique mais aussi les spécificités qui régnent sur l’île Anglo-Normande de Guernesey.

Petit à petit, nous faisons la connaissance de tous les protagonistes avec lesquels Juliet entretient une correspondance. Ce genre littéraire permet de s’approcher au plus près d’eux et de leur réalité. Certains sont attachants, d’autres carrément détestables (je pense notamment à Bella Taunton ou encore Adelaide Addison…). Le personnage absent d’Elizabeth plane sur tout le récit comme une réminiscence incessante des exactions nazies. La petite Kit est également un personnage autour duquel beaucoup de destins sont reliés. J’ai mieux saisi le contexte historique qu’à l’époque de ma première lecture, ce qui n’a fait qu’apporter un peu plus de force à l’ensemble. Les touches d’humour apportent un contre-poids efficace mais aussi du charme.

Une nouvelle fois, j’ai regretté de tourner la dernière page de ce roman. Guernesey et ses habitants sont si attachants qu’il est difficile de les lâcher. Suivre les pas de Juliet vers ses nouveaux amis est toujours une expérience émouvante et de réflexion. J’avoue nourrir une crainte de voir l’adaptation à venir…

Vous aimerez aussi découvrir :

  • La part des flammes de Gaëlle Nohant
  • La vie quand elle était à nous Marian Izaguirre
  • Tous les rêves du monde de Theresa Revay

Fanny

Affaires urgentes de Lawrence Durrell

Résumé de l’éditeur : Nommé en 1949 attaché de presse à l’ambassade de Sa Très Gracieuse Majesté britannique à Belgrade, Lawrence Durrell va y rester trois ans. Trois ans durant lesquels il observera tel un entomologiste le petit monde de la vie diplomatique. Tandis que la Yougoslavie tremble de peur sous la main de fer du maréchal Tito, les gaffes s’accumulent autour du narrateur : les coquilles foisonnent dans le Central Balkan Herald – un quotidien qui n’est jamais parvenu à rattraper un retard de vingt-quatre heures sur l’actualité –, le train des délégations étrangères se mue en convoi de la mort, la fête champêtre finit en naufrage, les repas cuisinés à l’ail virent à l’incident diplomatique… Dans ce bouquet de chroniques, il n’y a que du tordant, du loufoque et de l’impertinent. Et quand elle est britannique, l’impertinence est sans limites.

J’ai découvert Lawrence Durrell par le biais de la série britannique The Durrells, adaptation de la trilogie de Corfou écrite par Gerald Durrell, son frère cadet. Cet ouvrage-ci réunit trois recueils de nouvelles inspirées de l’expérience de l’auteur comme attaché de presse à l’ambassade anglaise de Belgrade entre 1949 et 1952. Comme il le dit lui-même, il s’est beaucoup ennuyé pendant ces trois années en Yougoslavie. Heureusement pour lui, des évènements drôles sont venus agrémentés son séjour et l’ont conduit à composer ces nouvelles. Ces dernières sont racontées par le biais d’un personnage fictif du nom d’Antrobus.

Lawrence Durrell nous introduit au sein de la diplomatie britannique avec humour, ironie et dérision. L’absurde n’est également jamais très loin. Dans un contexte assez tendu, nous assistons à des impairs qu’il faut absolument rattraper pour entretenir de bonnes relations entre les nations. Nous ne sommes finalement jamais très loin d’une crise diplomatique! J’ai beaucoup aimé l’écriture de Lawrence Durrell aussi vive qu’impertinente. Chaque nouvelle est un court sketch avec de nouveaux personnages et de nouvelles situations toujours très drôles. J’avoue bien volontiers m’être délectée de chacune d’entre elles et de leur chute.

Je suis assez friande de recueil de nouvelles. Celui-ci est réussi et m’a fait passer de belles heures de lecture. C’est très bien écrit et drôle. Je suis ravie d’avoir découvert le travail et la plume de Lawrence Durrell et j’espère bien ne pas m’arrêter là.

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  • Les oiseaux et autres nouvelles de Daphne du Maurier
  • Mr Ashenden, agent secret de Somerset Maugham
  • Un dernier moment de folie, nouvelles oubliées de Richard Yates

Fanny

Une poignée de cendres d’Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : Une lady saisie par la débauche, son nobliau de mari perdu dans la jungle amazonienne et condamné à lire à voix haute les œuvres de Dickens pour ne pas mourir de faim… D’une cruauté indicible, en même temps que d’une folle drôlerie, Une poignée de cendres propose un voyage sans complaisance dans l’âme humaine. Jamais sans doute l’impertinence de l’auteur du Cher disparu et de Retour à Brideshead à l’égard de l’aristocratie de son pays ne s’était exercée avec autant de virulence. Et la critique vaudrait aussi bien aujourd’hui, envers telle ou telle figure de nos sociétés contemporaines. Pour nombre des fidèles du « clan » des admirateurs de Waugh, ce roman iconoclaste, classique de l’humour anglais, reste son plus grand chef-d’œuvre.

Depuis ma très belle lecture de Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh, je souhaitais découvrir d’autres ouvrages de cet auteur britannique. J’ai sauté sur la sortie toute récente d’Une poignée de cendre pour retenter l’expérience. L’une des thématiques fétiches de l’auteur est le déclin de l’aristocratie britannique. Elle est donc tout naturellement et sans surprise présente ici. Evelyn Waugh prend un malin plaisir à égratigner cette catégorie sociale. Derrière le vernis des apparences, le délitement de l’aristocratie a de réelles conséquences sur ses plus jeunes membres vite perdus et sans repères que nous suivons entre l’Angleterre et l’Amazonie.

Les personnages ne sont pas épargnés par l’esprit caustique de leur créateur. En effet, Evelyn Waugh ne les ménage pas et fait preuve d’une cruauté assez effrayante envers eux. Malheureusement, cela les rend assez insaisissables. Quand je repense au pauvre Toni malmené et manipulé, j’en ai des sueurs froides. Les dialogues sont, quand à eux, aussi délicieux qu’effarants. On assiste à des situations dramatiques sans pouvoir rien y faire. Le tout est servi par une plume simple et efficace. L’auteur nous propose non pas une mais bien deux fins.

Une poignée de cendre est un roman assez particulier entre la satire, un certain réalisme et une cruauté envers des personnages assez insaisissables. Je suis heureuse d’avoir lu ce roman et d’avoir constaté le peu de limite que s’impose Evelyn Waugh. J’imagine que dans les années 30, une certaine catégorie sociale a dû regarder d’un assez mauvais œil la sortie de ce roman.

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  • La poursuite de l’amour de Nancy Mitford
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  • Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh

Fanny

Mr Ashenden, agent secret de Somerset Maugham

Résumé de l’éditeur : « Ce recueil s’inspire de mon expérience d’agent secret pendant la guerre, mais remaniée au service de la fiction. Car la réalité est un piètre conteur. Elle entame ses récits au petit bonheur, en général bien avant le début de l’action, marche à l’aventure et décroche avant d’avoir dénoué les fils de l’intrigue… » Somerset Maugham a démontré, avant Ian Fleming et John Le Carré, que littérature et espionnage pouvaient faire excellent ménage. Somptueusement écrites, riches de descriptions et de poésie, ces nouvelles nous emmènent d’un pays à l’autre de l’Europe en guerre, brossant au passage des portraits corrosifs et drôles des personnages qu’Ashenden croise au gré de ses aventures, et qui tous – ou presque – se révèlent être des espions.

En tant que passionnée de culture britannique, j’essaye de découvrir régulièrement de nouveaux auteurs anglais. C’est le cas avec Somerset Maugham grâce à ce recueil de nouvelles. Ces dernières s’inspirent de son expérience d’agent secret lors de la Première Guerre mondiale. Mr Ashenden reste un personnage fictif mais renferme tout de même une part autobiographique. Nous voyageons en compagnie de notre héros entre la Suisse, la France, la Russie et l’Écosse. Chaque nouvelle comporte son lot de rencontres et de stratégies du renseignement (espionnage, aide financière, surveillance et mise à profit de personne, filature, etc.).

Les différents protagonistes que nous rencontrons sont bien décrits et immédiatement saisissables. La plupart sont hauts en couleur et terriblement attachants. L’humour très britannique rehausse encore un peu plus l’ensemble. En effet, c’est drôle et notamment grâce à la plume de l’auteur. Celle-ci laisse apparaitre un esprit vif et mordant. Malgré un contexte tendu de conflit, certaines situations sont tournées en ridicule et c’est un régal à lire. Il est possible de déceler en filigrane une certaine émotion ainsi qu’une nostalgie. Le dernier texte se déroulant dans un sanatorium m’a particulièrement touchée. C’est un beau point final pour cet ouvrage.

J’ai regretté de tourner la dernière page de ce recueil de nouvelles tellement il m’a plu et enthousiasmé. Grâce à une belle plume non dénuée d’humour, Somerset Maugham nous livre de courts textes aux personnages hauts en couleur et attachants. Le contexte est bien retranscrit et une certaine émotion s’invite régulièrement. J’espère mettre la main sur deux autres recueils de l’auteur, Les trois grosses dames d’Antibes et Madame la Colonelle.

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Fanny