Interview d’auteur #4 – Lyliane Mosca nous parle de La vie rêvée de Gabrielle

Les Presses de la cité m’ont contactée afin d’interviewer Lyliane Mosca lors du salon littéraire Le livre sur la place à Nancy. C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté cette entrevue. J’ai donc retrouvé l’écrivaine et Lætitia, l’attachée de presse de la collection Terres de France des Presses de la cité, le 8 septembre autour d’un verre sur la très belle place Stanislas. La romancière nous parle de son dernier roman : La vie rêvée de Gabrielle. Vous pouvez retrouver mon avis en cliquant ici. J’espère que cet échange vous intéressera et que vous souhaiterez ensuite vous pencher sur ce roman.

    

1. Pouvez-vous nous présenter votre parcours. Comment en êtes-vous venue à écrire ?

J’ai toujours eu envie d’écrire, depuis ma plus tendre enfance. Ensuite, j’ai fait autre chose, notamment du secrétariat. J’ai été licenciée de mon entreprise. Finalement, ce fut une opportunité puisque je suis rentrée dans un journal comme pigiste puis embauchée dans ce même journal. C’est le hasard mais j’avais toujours l’idée d’écrire en tête, cette envie. Quand j’ai été en retraite, mon rédacteur en chef m’a proposé de garder la page littéraire du dimanche de l’Est Éclair que nous avions créé. Je me suis dis que c’était peut-être le moment, j’ai donc commencé à écrire. J’ai eu de la chance, mon premier manuscrit, Les gens de Laborde, a été pris aux éditions De Borée. J’ai ensuite écrit sept romans au sein de la même maison d’édition. J’ai suivi Clarisse Enaudeau, d’abord directrice éditoriale chez De Borée puis éditrice de la collection Terres de France aux Presses de la cité. Mon rêve était d’être publié chez cet éditeur.

2. Comment avez-vous rencontré Pierre-Auguste Renoir ?

J’ai toujours aimé les impressionnistes. J’aime Renoir en particulier même si ce n’est pas le seul. Il se trouve qu’il avait une maison dans le département où j’habite. Là-bas, ils ont tout exploité. Ils ont fait une maison Renoir, un centre Renoir. Il venait en vacances à Essoyes, on connaît donc bien son histoire. Il a beaucoup peint le village. Par exemple, Les laveuses a été peint à Essoyes. Cela m’a permis de réapprendre des éléments sur l’artiste. Comme Gabrielle Renard est un personnage de mon département, je trouvais cela également sympathique de la mettre en lumière.

3. Écrire un roman historique nécessite un travail de recherche important, quelles sont les sources sur lesquelles vous vous êtes appuyée?

Je me suis appuyée sur la biographie du petit-neveu de Gabrielle Renard, Bernard Pharisien, qui est encore en vie. C’est un ancien enseignant, il est aussi historien. Il s’est penché sur l’histoire de cette grand-tante. Ils en parlaient beaucoup dans la famille étant donné la vie particulière qu’elle a eu, partie d’un petit village de Champagne. J’ai eu beaucoup de renseignements et d’anecdotes aussi. Cela m’a permis de construire mon personnage au plus près de la réalité. J’ai également lu le livre de Jean Renoir, Pierre-Auguste Renoir, mon père.

4. Gabrielle Renard est un personnage fort et charismatique. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre héroïne?

Dans le village d’Essoyes, tout le monde connaît son histoire. Elle choquait beaucoup par sa liberté et d’avoir poser pour un artiste. Ce n’était pas facile mais elle avait un tempérament volontaire et elle se moquait du qu’en-dira-t-on. Elle a mené la vie qu’elle a voulu. Elle a toujours gardé son franc-parler, son authenticité. Cela plaisait à tout le monde, aux artistes qui venaient. Elle leur faisait ses spécialités culinaires. Elle descendait en costume poser. Par contre, cela déplaisait à Madame Renoir qui en était un peu jalouse. Elle se chamaillait avec Pierre-Auguste de temps en temps mais ils avaient une complicité. Le mystère plane toujours sur la nature de celle-ci. Des réponses sont apportées par rapport à Jean même si en réalité nous n’en savons rien. Gabrielle a beaucoup materné Jean et ce dernier a beaucoup idéalisé Gabrielle. En fait, leur relation est plutôt plausible. On entre aussi dans les secrets de Renoir. Il a eu deux enfants cachés, Jeanne à qui il a laissé une rente et Jean.

Les laveuses (vers 1912)

5.  Dans ce roman, vous redonnez vie à des personnages ayant réellement vécus. Est-ce que cela ne vous a pas posé de difficulté?

Cela a été délicat au début car je n’avais jamais fait cet exercice, mais j’ai pensé que ce serait plus difficile. J’ai réinventé Gabrielle comme s’il s’agissait d’une connaissance. Je me suis tellement mise dans sa peau que je me sentais Gabrielle. J’ai tout vécu à ses côtés. Les sentiments que je lui prête sont assez justes je pense même si je me suis sûrement trompée sur certains points. Bernard Pharisien a lu le livre. J’avais le trac en lui laissant. A part quelques petits détails, il a adoré.

6. Il est beaucoup question du vieillissement de Pierre-Auguste Renoir. Il continue à peindre, à produire et à vendre énormément malgré son déclin physique. Quelle a été la corrélation entre sa production artistique et son vieillissement?

C’était terrible pour lui. C’est sa peinture qui l’a fait tenir aussi longtemps. On lui attachait les pinceaux sur les mains pour qu’il puisse peindre. On le poussait en chaise roulante. C’était très pénible. Sa peinture, c’était sa lumière. C’était ce but qui lui donnait le tonus pour vivre encore. Sans elle, il n’aurait plus rien. Sa femme est décédée, Gabrielle et ses enfants sont partis (et ont été blessés à la guerre). Sa peinture le maintient debout. Il est resté très simple tout en vendant très bien et très cher.

7. Pouvez-vous nous dévoiler vos habitudes d’écriture?

J’écris au calme l’après-midi en compagnie de mon chien et mon chat. Mes animaux sont tranquilles car ils savent que j’en ai pour un moment et que je ne vais pas m’en aller. Ils apportent des ondes positives. Ils me font du bien. J’écris régulièrement. C’est un moment que j’aime, c’est un moment magique. Je ne prends jamais de rendez-vous l’après-midi ou alors vraiment quand je n’ai pas le choix. Quand je suis absente, j’ai hâte de retrouver mon roman en cours. Les gens sont parfois étonnés de voir que je travaille encore.

Il m’arrive d’avoir des petits carnets quand il me vient des idées. Parfois, elles me viennent quand je ne m’endors pas bien. J’ai donc toujours un carnet près de mon lit. J’aime écrire des histoires compliquées où on s’interroge jusqu’à la fin. Je suis quelques fois un peu emmêlée dans mon scenario. Le nœud se démêle le soir ou le matin.

8. Quels sont vos futurs projets?

Le prochain roman sera très contemporain, je pense d’ailleurs rester dans ce genre dorénavant. Il ne sortira pas avant 2020 ou 2021. En réalité, j’ai un roman d’avance qui va paraître en 2019. La promesse du Bois-Joli est sorti en avant-première chez France Loisirs, il sera publié à nouveau aux Presses de la cité en 2019. C’est l’histoire d’une jeune fille qui vit avec sa grand mère, propriétaire d’une boulangerie qui périclite. Elle n’est pas très heureuse. Elle fait la rencontre de quelqu’un d’un peu plus âgé. Elle l’aime mais il a un secret. Il y a un coté un peu ésotérique. Elle est musicienne mais elle n’arrive pas à composer. Un jour, elle découvre une photo d’un des fusillés de la Seconde Guerre mondiale de Creney-près-Troyes, près de chez moi, et un contact s’établit entre eux. 53 fusillés, 53 érables plantés et 53 photos, c’est un très beau lieu de souvenir.

9. Pouvez-vous nous citer quelques romans qui vous ont marquée ?

Quand j’étais plus jeune, j’ai aimé lire Anna Karenine, Madame Bovary, les romans d’Henri Troyat, de la comtesse de Ségur, d’Alphonse Daudet, de la bibliothèque rose et de la bibliothèque verte. Un livre récent que j’ai beaucoup aimé : Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin. J’ai aimé le ton, le sujet ainsi que l’écriture. Yasmina Khadra, Éric-Emmanuel Schmitt, Didier van Cauwelaert et Philippe Besson sont aussi des auteurs que j’apprécie. Ce dernier m’avait d’ailleurs très bien préfacé l’un de mes livres, Une femme en mauve. C’est un roman choral à trois voix assez intimiste, il y a beaucoup de moi dedans.

Merci Lyliane Mosca de m’avoir accordé du temps, ainsi qu’à Lætitia pour cette belle proposition.

Fanny

Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider / Rentrée littéraire 2018

Résumé de l’éditeur : « Tu étais libre et sauvage. D’une beauté à couper le souffle. Tu n’étais plus une enfant, pas encore une adulte quand tu enflammas la pellicule du Dernier Tango à Paris, un huis clos de sexe et de violence avec Marlon Brando. Tu étais ma cousine. J’étais une petite fille et tu étais célèbre. Tu avais eu plusieurs vies déjà et de premières fêlures. Tu avais quitté ta mère à quinze ans pour venir vivre chez mes parents. Ce Tango marquait le début d’une grande carrière, voulais-tu croire. Il fut le linceul de tes rêves. Tu n’étais préparée à rien, ni à la gloire, ni au scandale. Tu as continué à tourner, mais la douleur s’est installée. Cette histoire, nous nous étions dit que nous l’écririons ensemble. Tu es partie et je m’y suis attelée seule, avec mes souvenirs, mes songes et les traces que tu as laissées derrière toi. Ce livre parle beaucoup de toi et un peu de moi. De cinéma, de politique, des années soixante-dix, de notre famille de fous, de drogue et de suicide, de fêtes et de rires éclatants aussi. Il nous embarque à Londres, à Paris, en Californie, à New York et au Brésil. On y croise les nôtres et ceux qui ont compté, Alain Delon, Brigitte Bardot, Patti Smith, Marlon Brandon, Nan Goldin… Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c’est le récit que tu aurais souhaité, mais c’est le roman que j’ai voulu écrire ».

Pour commencer, je dois bien avouer que Maria Schneider m’était totalement inconnue. J’ouvre donc ce livre et je découvre. Je découvre une jeune femme dépassée par le scandale d’un film dont elle partage l’affiche avec Marlon Brando, Le dernier tango à Paris. Ce dernier la poursuivra toute sa vie. Se dessinent aussi l’enfer de la drogue, de la dépression, de l’aigreur parfois et du rouleau-compresseur de la grosse machine du cinéma. Une vie faite de désillusion, de déchéance mais aussi de rares joies et d’envies. L’écrivaine utilise son livre comme medium pour entamer une conversation avec Maria. Elle emploie le tutoiement de la première à la dernière page. Vanessa Schneider nous propose un portrait sans concession de sa célèbre cousine. Elle la décrit comme une grande sœur dont l’écart d’âge important lui confère une aura mystérieuse, un peu floue mais provoque une fascination chez la jeune fille puis une véritable obsession.

Vanessa Schneider nous livre sa vérité. Sa colère est clairement présente, contre le réalisateur du Dernier tango à Paris, contre les personnes ayant laissées tomber Maria au fil des ans, contre les secrets des plateaux de tournage, contre le manque de tact et de respect des médias. Cependant, derrière le portrait de l’actrice, il est aussi question du parcours de Vanessa, de son enfance dans une famille hors du commun dans les années 80, de son adolescence puis de sa complicité d’adulte avec Maria. Il est dommage qu’une fois la dernière page du livre tournée, l’impression du souhait absolu de Vanessa Schneider d’une réhabilitation à tout prix prenne beaucoup de place. Il manque la voix et l’opinion de Maria que j’aurais beaucoup aimé lire. Elle en aurait eu des choses à nous raconter, mais elle n’aura jamais eu l’occasion de s’exprimer réellement. Ceci me laisse un goût un peu amer lorsque je repense à elle.

Vanessa Schneider nous livre le récit intime de l’existence éprouvante de Maria Schneider. La sincérité et la tendresse qui transparaissent de ces pages sont touchantes. Une certaine colère est également présente tout comme l’envie d’une réhabilitation. Cette dernière est louable puisqu’elle redonne une voix à Maria, mais elle est peut-être un peu trop prégnante dans certains passages.

Lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2019.

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Fanny

Une vie de lectrice #5 : salon littéraire et achats


Salon littéraire

Le weekend dernier, je me suis rendue au salon Le livre sur la place à Nancy. Premier salon de la rentrée littéraire, c’est l’occasion de rencontrer des écrivains très connus mais aussi de faire de jolies découvertes un peu plus discrètes. Comme tous les ans, je suis allée écouter des entretiens, des tables rondes et surtout dialoguer avec des écrivains. Je ne ressens pas le besoin de rencontrer absolument les auteurs que je lis mais j’aime aller les voir lorsque l’occasion se présente. J’ai donc pu discuter avec Joann Sfar, Jerôme Attal, Vanessa Schneider, Olivia de Lamberterie, Marie-Aude Murail, Lyliane Mosca et Nina Bouraoui. C’est souvent avec une certaine fébrilité que je m’approche d’eux, leur écoute, leur gentillesse et leur bienveillance ont tôt fait de faire fondre mes craintes. Dans ces moments, je ressens toujours beaucoup d’émotions, de reconnaissance ainsi que le sentiment exaltant de vivre aussi fort ces instants hors du temps.

Achats

Il est assez rare que j’achète plusieurs livres en même temps ou sur une courte période. Cette fin d’été a été terrible. A Jersey, j’ai dégoté deux romans de Ian McEwan dont je souhaite découvrir toute la bibliographie, The children act et My purple scented novel. Sur place, j’ai également choisi Eleanor Oliphant is completely fine de Gail Honeyman qui semble prometteur. Quelques titres de la rentrée littéraire sont venus rejoindre mes étagères : En nous beaucoup d’hommes respirent de Marie-Aude Murail et Avec ma sympathie d’Olivia de Lamberterie. En salon, je me laisse toujours une marge de budget pour craquer sur un ou des livres non prévus. Cette fois, mon dévolu s’est porté sur L’hiver du mécontentement de Thomas B. Reverdy (rentrée littéraire), Beaux rivages de Nina Bouraoui (conseillé par mon amie Kheira) et le premier tome du Chat du Rabbin de Joann Sfar. Enfin, vous ne pourriez la beauté de l’objet-livre de Mrs Dalloway de Virginia Woolf et illustré par Nathalie Novi.

Et vous quel est votre rapport aux auteurs et aux salons littéraires? Des nouveautés dans vos piles à lire?

Fanny

La vie rêvée de Gabrielle de Lyliane Mosca

Résumé de l’éditeur : La vie de Gabrielle Renard est un roman. Un roman vrai et en couleurs qui commence en 1894, quand, toute jeune, elle quitte sa Champagne natale pour devenir bonne à Paris chez les Renoir. Sa beauté simple mais rayonnante lui vaut de poser bientôt pour le célèbre peintre. Également nourrice du petit Jean, le futur cinéaste, elle contribue grandement à son éducation. De cette complicité, de cette tendresse, Renoir saisit sur la toile les instants pleins de grâce. Gabrielle suit la famille au gré de ses pérégrinations et de ses secrets, et côtoie de grands artistes : Manet, Degas… Toujours disponible quand le maître la réclame comme modèle, toujours admirative, de plus en plus experte en art… Ainsi va la vie hors du commun de Gabrielle dans l’intimité de deux artistes majeurs du XXe siècle.

Pierre-Auguste Renoir, peintre impressionniste connu et reconnu, a été maintes fois raconté. Avec son dernier roman, Lyliane Mosca nous introduit dans le cercle Renoir par un biais inédit. En effet, elle nous propose de suivre les pas de Gabrielle Renard. Cette dernière quitte sa campagne champenoise pour entrer au service de la famille du peintre. Elle leur sera fidèle jusqu’à la fin de sa vie. Grâce à son écriture simple et vivante, la romancière nous fait partager le quotidien de tout ce petit monde entre Paris, Essoyes et la Côte d’Azur. C’est le récit d’une relation de confiance et de confidence avec Pierre-Auguste mais aussi de grande complicité avec Jean, l’un des fils et futur cinéaste.

Gabrielle est un personnage assez incroyable. Son naturel, son franc-parler et son authenticité lui attirent les sympathies de tous sauf de la femme de Renoir, Aline. Cette dernière la bat froid à la moindre occasion. Son destin est assez exceptionnel et hors du commun. Elle est domestique, cuisinière, infirmière, nourrice et surtout l’un des modèles fétiches de Pierre-Auguste. Son existence la mènera même à finir ses jours à Los Angeles dans le giron de Jean Renoir. Nous assistons également bien impuissant à l’hiver de la vie de Pierre-Auguste Renoir. La polyarthrite le fait souffrir et limite ses mouvements mais il garde toujours cette envie de peindre et de fixer la lumière et les couleurs sur la toile.

© RMN-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski
Gabrielle et Jean (1895-1896)

Comme vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman. Avec simplicité, un certain charme et une tendresse pour ses personnages, Lyliane Mosca nous dévoile le quotidien des Renoir, des anecdotes méconnues mais aussi un très beau portrait de femme au destin étonnant. Je suis ressortie enchantée de cette lecture tout en ayant l’impression d’avoir appris beaucoup. J’ai eu la chance d’interviewer l’écrivaine lors du salon Le livre sur la place à Nancy. La transcription devrait arriver sous peu sur le blog.

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  • Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard
  • L’atelier des poisons de Sylvie Gibert
  • Les attentifs de Marc Mauguin

Fanny

 

Bilan de mes lectures : AOÛT 2018 ~ Lectures à venir : SEPTEMBRE 2018

Avec un peu de retard, des vacances et du repos bien mérités, je vous retrouve avec un nouveau bilan mensuel de mes lectures. Entre ouvrages graphiques et romans, août m’a permis de découvrir et de redécouvrir des auteurs que j’apprécie particulièrement et qui grimpe dans mon panthéon d’écrivains fétiches. Je pense notamment à Marie-Aude Murail et à Ian McEwan. Quel talent de conteur! Je vous laisse maintenant découvrir les livres qui ont fait mon mois d’août.

Nombre de livres lus : 7

Nombre de pages lues : 2747


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Les Crèvecoeur, Tome 2  : Romain de Antonia Medeiros, éd. La Bourdonnaye, 280 p.

J’avais parcouru le premier tome il y a des années. Je suis heureuse d’avoir enfin découvert la suite de la saga familiale des Crèvecoeur. Ce tome est profond et déchirant. Nous suivons Germain, petit garçon qui doit composer avec la froideur et les secrets de son père. Il grandit et tente de tracer sa route mais il est bien difficile de se détacher du destin familial.

4/5

Ma vie dans les bois, Tome 1 de Shin Morimura, éd. Akata, 144 p.

Il s’agit d’une découverte tout simplement ébouriffante. Entre détails techniques et situations cocasses, Shin Morimura (mangaka) nous entraine dans son changement de vie. Il décide de construire de ses mains une maison dans les bois, au grand étonnement de son entourage. Un manga original et très intéressant.

5/5

Alchimia, Tome 1 de Samantha Bailly et Miya, éd. Pika, 196 p.

Le premier tome de ce shojo français m’a fait passer un bon moment de lecture. Il cible clairement un public jeune. Je regrette le manque de profondeur. Je me ferais une idée plus précise avec le tome suivant. Toutefois, les personnages et l’univers restent intéressants à découvrir.
3,5/5

Minuscule, Tome 1 de Takuto Kashiki, éd. Komikku, 210 p.

Hakumei et Mikochi sont deux tous petits êtres. Ils vivent au cœur d’une forêt où j’ai suivi leur quotidien avec beaucoup d’intérêt. Les dessins sont superbes et regorgent de détails et d’éléments à observer. Nous assistons à des situations drôles mais aussi à des rencontres hautes en couleur. J’en redemande!

4/5

Sauveur & fils, Saison 1 de Marie-Aude Murail, éd. L’École des loisirs, 368 p.

Cette première saison de Sauveur & fils est le second roman que je lis de Marie-Aude Murail. Je ne regrette pas mon souhait d’approfondir la bibliographie de cette écrivaine car j’ai encore passé un très bon moment. Des sujets difficiles voire tabous sont abordés avec toute la bienveillance et la fantaisie dont fait preuve l’écrivaine.

4/5

Le quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durrell, éd. Le Livre de poche, 1053 p.

Cela fait quelques mois que je souhaitais absolument découvrir ce classique de la littérature britannique. Cette fresque est un hommage vibrant à Alexandrie. L’auteur nous dépeint des personnages aux terribles secrets et à l’âme parfois torturée. Les apparences y sont souvent trompeuses. Quelques longueurs alourdissement parfois le récit. Malgré tout, ces dernières n’entachent pas la virtuosité de Lawrence Durell.

4/5

Expiation de Ian McEwan, éd. Folio, 496 p.

Expiation m’a été tellement conseillé que je ne pouvais pas rester plus longtemps sans le lire. Ian McEwan possède un talent dingue pour la description psychologique. Il nous dépeint des personnages forts et charismatiques ainsi que leurs tourments. La chute m’a bouleversée. Une claque!

5/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN septembre

         

    

Je vous souhaite un très bon mois de septembre!

Fanny

Castle Dor de Daphne du Maurier

Résumé de l’éditeur : Both a spellbinding love story and a superb evocation of Cornwall’s mythic past, Castle Dor is a book with unique and fascinating origins. It began life as the unfinished last novel of Sir Arthur Quiller-Couch, the celebrated ‘Q’, and was passed by his daughter to Daphne du Maurier whose storytelling skills were perfectly suited to the task of completing the old master’s tale. The result is this magical, compelling recreation of the legend of Tristan and Iseult, transplanted in time to the Cornwall of the last century. A chance encounter between the Breton onion-seller, Amyot Trestane, and the newly-wed Linnet Lewarne launches their tragic story, taking them in the fateful footsteps of the doomed lovers of Cornish legend…

Castle Dor est sûrement l’un des romans les plus méconnus de Daphne du Maurier. Je me suis lancée dans cette lecture sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Vous allez vite comprendre que mon avis est en demi-teinte et dénué d’un enthousiasme débordant. En effet, Castle Dor est un récit assez inégal. L’histoire débute lentement avec une première partie, surement celle rédigée par Sir Arthur Quiller-Couch, plutôt ardue que ce soit au niveau de la langue que de l’histoire en elle-même. Daphne du Maurier prend la suite et nous apporte une lecture plus fluide, quelques rebondissements bienvenus et une atmosphère particulière comme elle sait si bien les construire.

Les personnages sont assez insaisissables et semblent parfois assez éloignés du lecteur. Les deux héros, Linnett et Amyot, ainsi que les enfants Bosanko m’ont tout de même beaucoup plu. Une tension se met doucement en place grâce à des coïncidences, des mystères et des révélations. J’ai été heureuse de retrouver le style de Daphne du Maurier. Elle nous propose de belles descriptions de la Cornouailles et prend plaisir à envelopper son histoire d’une aura mythique. La légende de Tristan et Iseut m’était totalement inconnu avant la lecture de ce livre, cette réécriture aura donc eu le mérite de me la faire découvrir.

Mon avis n’est pas des plus passionnés. La première partie de Castle Dor fut trop longue à mon goût, la seconde vient rehausser l’ensemble par des rebondissements et des révélations intéressantes. Malgré quelques bémols, je suis tout de même heureuse d’avoir découvert ce roman parmi la bibliographie de Daphne du Maurier que je souhaite découvrir dans son intégralité.

Vous aimerez aussi découvrir de Daphne du Maurier :

  • L’auberge de la Jamaïque
  • Le monde infernal de Branwell Brontë
  • Mad

Fanny

[Traduction personnelle du résumé anglais : A la fois une envoutante histoire d’amour et une superbe évocation du passé mythique de la Cornouailles, Castle Dor est un livre avec une origine unique et fascinante. Il commence son existence comme dernier roman inachevé de Sir Arthur Quiller-Couch, le célèbe « Q », et fut transmis par sa fille à Daphne du Maurier dont les compétences narratives convenaient parfaitement pour compléter l’histoire du vieux maître. Le résultat est cette magique et irrésistible réécriture de la légende de Tristan et Iseut, transplantée dans la Cornouailles du siècle dernier. Une rencontre fortuite entre un vendeur d’oignons breton, Amyot Trestane, et la jeune mariée, Linnet Lewarne, ouvre leur histoire tragique, les emportant sur les pas tragiques de l’amour impossible de la légende cornouaillaise.]

Bienvenue sur danslemanoirauxlivres.fr

Je vous souhaite à tous la bienvenue sur la nouvelle version de mon blog! Le besoin d’un nouveau souffle s’est fait sentir il y a quelques semaines déjà. Je me suis donc lancée dans la création de ce site. J’espère qu’il vous plaira et que vous serez toujours aussi nombreux  au rendez-vous pour suivre mes pérégrinations littéraires. Ce nouveau lieu d’expression ressemble beaucoup au précédent mais il devrait évoluer dans les prochaines semaines. Si vous avez des questions, des suggestions ou encore des problèmes rencontrés à me soumettre, n’hésitez pas! Les abonnés, anciens articles et anciens commentaires ont été rapatriés ici.

A très bientôt,

Fanny

Les déracinés de Catherine Bardon

Résumé de l’éditeur : Vienne, 1932. Au milieu du joyeux tumulte des cafés, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, libre et radieuse. Mais la montée de l’antisémitisme vient assombrir leur idylle. Au bout de quelques années, ils n’auront plus le choix ; les voilà condamnés à l’exil. Commence alors une longue errance de pays en pays, d’illusions en désillusions. Jusqu’à ce qu’on leur fasse une proposition inattendue : fonder une colonie en République dominicaine. En effet, le dictateur local a offert cent mille visas à des Juifs venus du Reich. Là, au milieu de la jungle brûlante, tout est à construire : leur ville, leur vie. Fondée sur des faits réels, cette fresque au souffle admirable révèle un pan méconnu de notre histoire. Elle dépeint le sort des êtres pris dans les turbulences du temps, la perte des rêves de jeunesse, la douleur de l’exil et la quête des racines.

Ce roman s’ouvre en 1932 alors que Vienne est encore une capitale prospère et en pleine effervescence culturelle. Catherine Bardon décrit très bien le glissement qui s’ensuit vers le totalitarisme, l’antisémitisme et la terreur d’une partie de la population. Wilhelm et Alma doivent se résoudre à tout laisser derrière eux : leur famille, leur souvenir, leur vie et ce sans savoir ce qui les attend. Le sort va les conduire en République dominicaine, dictature acceptant l’arrivée de juifs en exil. Ce roman ajoute sa pierre à tous les récits sur la Seconde Guerre mondiale. En effet, je n’avais aucune idée du rôle de ce territoire des Caraïbes pendant cette période trouble de l’histoire contemporaine. Je ne vous en dis pas davantage mais sachez que c’est passionnant.

Les descriptions de Vienne sont très belles, de quoi donner des envies de déambulation au cœur de la capitale autrichienne. L’écrivaine n’oublie pas d’évoquer tout ce que sous-entend un déracinement forcé et le parcours du combattant pour tenter de tout reconstruire sans aucun repère. Le physique et le mental ne sont pas épargnés, c’est le moins que l’on puisse dire. Quelles épreuves! Certains passages sont d’ailleurs poignants, déchirants et m’ont beaucoup émue. La chronologie est rapide, ce qui maintient le lecteur en haleine et attentif. Le récit s’essouffle à certains rares moments pour mieux se relancer par la suite. La plume de Catherine Bardon m’a paru soignée et fluide.

Ce premier roman est une très belle découverte. Je ressors de cette lecture avec cette impression que j’apprécie par dessus tout d’avoir appris quelque chose. Le contexte de Vienne puis de la République dominicaine dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale est très intéressant. Il en va de même avec toutes les autres thématiques abordées mais aussi avec la galerie de personnages que j’ai grandement apprécié suivre. Catherine Bardon est une écrivaine que je suivrais, c’est certain.

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Fanny

 

Miss Charity de Marie-Aude Murail

Résumé de l’éditeur : Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur. Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites soeurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par coeur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…

Il était grand temps que je découvre Marie-Aude Murail, devenue classique dans le paysage de la littérature jeunesse française. Inspiré de la vie de l’écrivaine pour la jeunesse Beatrix Potter, ce roman fut une bulle de plaisir au milieu de mes lectures habituelles. Charity grandit durant l’ère victorienne faite de carcans  et de convenances étouffantes, et d’autant plus lorsqu’on est une femme. Cependant, notre héroïne est une enfant singulière et différente, c’est en cela qu’il est difficile de la contenir pour la conformer à un modèle de jeune fille accomplie. L’existence de Charity n’est donc pas toute rose, loin de là, mais Marie-Aude Murail possède un don pour faire de l’adversité une force.

J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre Charity et à la voir grandir puisque nous partageons son existence sur une période assez longue. Sa passion pour le dessin, les champignons et les animaux est d’une fraicheur épatante. La place de la femme est clairement au cœur du récit. Toute jeune fille est conditionnée pour un rôle prédéfini. Marie-Aude Murail signe donc un roman presque engagé. Le glissement du destin de notre jeune héroïne vers l’écriture et la publication est passionnant et plein de rebondissement. Les dernières pages laissent une Miss Charity épanouie, indépendante et ayant trouvée sa voix au grand dam de certains de ces contemporains.

Miss Charity m’a souvent été conseillé et je comprends maintenant pourquoi. Une héroïne attachante, une thématique forte encore d’actualité aujourd’hui, un contexte bien rendu et une fantaisie aussi drôle que poignante font de ce roman une perle parmi la littérature jeunesse. Mention spéciale aux illustrations de Philippe Dumas qui réhaussent encore un peu plus l’ensemble. Je suis en train de découvrir un autre ouvrage de Marie-Aude Murail : le premier tome de Sauveur & fils, un régal!

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  • Broadway Limited, Tome 1 : Un dîner avec Cary Grant 
  • Je suis un dragon de Martin Page
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Fanny

Bilan de mes lectures : JUILLET 2018 ~ Lectures à venir : AOÛT 2018

En juillet, la fatigue et la canicule ont eu raison de mon rythme de lecture. Vivement les vacances! En attendant, je dois encore m’armer d’un peu de patience… J’ai donc lu assez peu d’ouvrages mais tous d’une grande qualité. J’ai traversé l’Atlantique au rythme du jazz, j’ai emboité le pas de Lesley Blanch et de sa vie bien remplie, j’ai assisté impuissante à l’exil de Wilhelm vers la République dominicaine, j’ai suivi le dénouement d’enquêtes de meurtres sordides et j’ai assisté à l’apprentissage du jeune Akihiro grâce à sa sacrée mamie.

Nombre de livres lus : 5

Nombre de pages lues : 1970


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

La saga des marquises de Marie-Pierre Farkas et Muriel Bloch, éd. Hélium, 288 p.

Marie-Pierre Farkas et Muriel Bloch nous dépeignent une belle fresque historique où nous suivons plusieurs générations d’une même famille. La musique et son évolution sont le fil rouge de ce roman tout comme la place de la femme dans la société, le racisme ou la ségrégation. La plume est imagée et expressive.

4/5

Croquis d’une vie de bohème de Lesley Blanch, éd. de la Table Ronde, 512 p.

Connue pour avoir été la première épouse de Romain Gary, Lesley Blanch nous dévoile les multiples autres facettes de sa personnalité avec émotion et nostalgie. Je ne peux que vous conseiller de lire cette autobiographie aussi instructive qu’éclairante. Quel destin, quelle érudition et quelle modernité!

5/5

Les déracinés de Catherine Bardon, éd. Les Escales, 624 p.

Catherine Bardon nous propose de suivre l’exil d’un couple juif et viennois vers la Républicaine dominicaine afin de fuir le totalitarisme nazi. Les embûches sont nombreuses et le déracinement douloureux. Ce récit ajoute sa pierre à toutes les histoires déjà parues sur la Seconde Guerre mondiale. Un premier roman réussi!
4/5

Feuillets de cuivre de Fabien Clavel, éd. Libretto, 322 p.

Ragon, enquêteur bibliophile, nous introduit dans un Paris cosmopolite aux multiples sociétés parallèles. Assassinats sordides, mystérieux phénomènes et références littéraires sont au rendez-vous. Les nouvelles finissent par ne faire qu’une histoire au dénouement loin d’être évident. Un roman singulier en dehors de mes habitudes!

4/5

Une sacrée mamie, Tome 2 de Yoshichi Shimada et Saburo Ishikawa, éd. Delcourt, 224 p.

Ce second tome permet de retrouver toute la panoplie de personnages de cette série de mangas. Nous continuons à être les témoins de l’apprentissage d’Akihiro auprès de sa sacrée mamie. Chaque élément de la vie recèle une leçon à retenir. J’ai hâte de continuer mon incursion à Saga.

4/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN AOÛT

         

    

Je vous souhaite un très bon mois d’Août!

Fanny